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La place de la religion dans la République
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Messages: 74

MessagePosté le: Sam 15 Déc - 18:34 (2007)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

M.B a dit...
 Jeudi, novembre 01, 2007 12:27:00 PM
La place de l'Islam dans la république est le sujet essentiel sur lequel ont doit débattre. C'est cette préoccupation majeure sur ce que doit être notre vision de la politique qui est utilisée pour nous diviser, par un régime qui a trouvé son filon. Est ce que nous voulons d'une république où l'islam est un pilier de gouvernance, c'est à dire une république islamique ou est ce que nous voulons d'une république où l'islam n'intervient pas dans la gestion des affaires et dans la confection des lois?
M.BENOUARETH
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Anonyme a dit...
Jeudi, novembre 01, 2007 2:43:00 PM
Bonjour,
La spiritualité est par essence une affaire personnelle, surtout en Islam ou il n’existe pas de clergés. Il est souhaitable de laisser la religion en dehors de la politique, car la politique corrompt. L’Algérie bien avant les colonisations Turc et Française, a toujours fait la part des choses entre la religion et les affaires d’États.
A voir l’état déplorable dans lequel ce retrouvent les pays ayant essayés cette voie (Afghanistan avec ses Talibans, l’Iran avec ses Gardiens de la Révolution, la Somalie avec ces Tribunaux Islamiques, l’Algérie avec le FIS, le Pakistan…), il est nécessaire d’avoir le courage d’inclure dans le Manifeste pour la Dignité et le Changement, un chapitre spécifiant clairement la séparation stricte de la religion et de l’État.
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Anonyme a dit...
Jeudi, novembre 01, 2007 3:35:00 PM
L'état algerien qui se dit démocratique et dont l'islam est la religion d'Etat, n'est ni democratique ni islamique. Nous sommes geres par un regime hypocrite qui croit se servir de l'islam en exigeant de ses representants d'aller faire la priere de l'Aid et qui croit juguler ses islamistes en se declarant démocrate et moderniste. Toutes les sociétés, de la plus primitive à la plus évoluée, sont bâties sur un echelle de valeurs consensuelles. Je crois qu'il est necessaire de commencer par s'accorder sur un smig de valeurs qui soient acceptées par tous, qu'elles soient d'essence musulmane ou non! On peut par exemple admettre comme un droit intangible le droit des femmes à acceder à n'importe quelle fonction séculière de la société, c'est à dire qui ne soit pas de nature religieuse. C'est à dire qu'on pourrait accepter que la fonction d'imam ou de mouedhen ne puissent pas être exercées par des femmes, mais que celles-ci peuvent être juge, ministre, et même chef d'état. Même si certaines lectures de l'islam interdisent l'accès de ces fonctions aux femmes. Je développe cette idée en exemple de ce que je veux dire. s'incliner devant les dispositions de l'islam pour tout ce qui est inhérent à la pratique de la religion, mais ne pas faire de lecture rigoureuse des preceptes de la religion dans l'organisation de la vie sociale. Mais il faut mettre fin à l'hypocrisie qui consiste à imposer l'islam comme étant la religion de l'état. Parce que dans ce cas, ce sont les islamistes armés qui seraient dans le bon droit, puisqu'ils cherchent à rétablir une disposition fondamentale de la constitution. Le régime est parfaitement hypocrite, puisqu'en maintenant cette disposition, il n'en mène pas moins une politique qui est contraire à un Etat islamique. En nommant des femmes juges, en signant des licences d'importations d'alcool, en autorisant des activités comme les cabarets, les bars. Il serait plus raisonnable et moins hypocrite de dire que l'Etat reconnait le caractère musulman de la nation algérienne, même si d'autres algériens pratiquent librement leur culte et même s'ils n'ont pas de religion, et encore plus, même s'ils veulent changer de religion. Autrement, si l'on fait une lecture littérale de la chariaa, les non musulmans devraient être placés sous le statut de la Dhimitude et payer la Djizia et les apostats devraient être passés par le fil de l'épée. Pour en revenir à mon premier raisonnement, il faut que la société algérienne débatte du système de valeurs qu'elle veut adopter, avec les concessions qui devront être faites aux uns et aux autres. Ensuite, il faut determiner clairement et sans détour, la place de l'islam dans la republique. C'est sur ce consensus que sera bâti le socle de la republique et c'est à partir de là que les autres thèmes pourront être abordés. Lounès
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ithviriw a dit...
Vendredi, novembre 02, 2007 8:27:00 PM
Salam;

Juste un peu déçu du ton que prennent certains intervenants, pour tenter d'orienter, pour ne pas désorienter le débat, en prenant prétexte des dérisions journalistiques à l'encontre des comportements de ceux qu'ils ont qualifiés à longueurs d'articles durant la décennie "rouge" d'éradication des Algériens (nes) et de nos valeurs fondamentales, les plus ancrées dans la personnalité Algérienne, pour tenter de nous faire croire que la face "laïcarde" serait comme par hasard, la solution idéelle et idéale, comme si nous n'en voyons pas les conséquences vu que la laïcité a été appliquée en Algérie, depuis l'indépendance, sans oublier de citer les démo-tyranies subies par les peuples Tunisiens et Turques, qui se sont engouffrés à leur corps défendants dans ces simulacres de sociétés.

Notre type de société, peut tout en rejetant les théocraties du type moyen Orientale, comme appliquées en Péninsule arabique, exclusivement à tous autres pays musulmans, quoique veuillent nous asséner les "bouffeurs de mollahs", ivres de stéréotypes occidentaux, pour stigmatiser la démocratie Islamique Iranienne, qui ne pourrait être que le contre projet de la "démocratie chrétienne européenne ", qui exclue la Turquie, pour non apparteance à la sphère culture "chrétienne qui fonde l'UE", cf. les mille et une déclarations des pays fondateurs de l'UE, ou comme nous le savons tous, la THEOCRATIE israélienne, je dis bien théocratie hybride, entre un sionisme sectaire, voir raciste, et un tantinet "laïc" du fait de son histoire, et un judaïsme intégriste qui refuse tout dialogue de cultures.

Un peu de retenue, messieurs les ex-volontaires de la "Révolution agraire" reconvertis dans la "démocratie de circonstance".
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Yassine a dit...
Dimanche, novembre 11, 2007 3:59:00 PM
C'est drôle si comme le débat était en train de glisser insidieusement vers et uniquement sur l'islam, si comme nous les algériens nous avons un problème avec notre religion, ça n'a jamais été le cas ou bien c'est parce que l'initiateur à savoir le Dr Sidhoum que je salue au passage! qui se réclame comme algérien, musulman, patriote devrait se départir de son islamité pour plaisir ou pour se renier ou pour être en odeur de sainteté eh bien que nenni aucun algérien ne devrait se renier, d'autant plus que nous n'avons jamais eu de problème avec l'islam, bien au contraire nous avons participé activement à toutes les époques de l'islam éclairé à savoir le temps de l'Andalousie et autres et nous devons garder jalousement cet éclairage pour que les générations futures ne soient pas leurrés encore une fois par des charognards qui nous ont mis dans cette terrible confusion.

En tant que débateurs nous avons une question claire et précise qui est posé c'est la religion à l'état à chacun d'apporter une analyse claire et concise et non en faire une question de personne ou de système.

Ne nous trompons pas également nos amis ou parfois ennemis qui se targuent d'être des laiques, ou des anticlericaux ne se privent de mettre en avant leur judéo-chrétienneté en tout ce qui concerne les projets de société qui les concernent, il n,y a qu'à voir le grand activisme politico-clérical dont a fait le pape précédent, ou la question turque pour son intégration dans l'europe même les plus laiques parlent alors de l'europe d'abord chretienne.

Les néocons américains qui ne cachent même plus leur extemisme religieus surtout depuis qu'ils ont la caution des plus rénégats des musulmans à savoir les dirigeants de la majeure partie des pays du golfe!

Alors l'algérien doit aussi se réclamer et sans aucun complexe des valeurs de l'islam pour se définir et sachant que la question du culte est avant tout une affaire individuelle mais qui a ses règles dans la vie en communauté et celles-ci doit faire l'objet d'une exégèse éclairée par des intellectuels probes et qui nous proposent des issues intelligentes qui agréerons nos peuples sans pour qu'ils doivent se renier.

N'oublions pas qu'on peut mentir à tout le monde sauf à Dieu.
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Anonyme a dit...
Lundi, novembre 12, 2007 10:25:00 AM
Une question pratique. pourquoi confond on la réflexion spirituelle et la bigoterie dans notre beau pays l’Algérie?!. un autre mystère: ca fait depuis tout petit que je passe mes " faquinces " au bled ( et oui je suis nationaliste du tourisme ) pourquoi les maisons et immeubles sont tlt inachevés alors que les mosquées oh miracle elles ont toutes leurs finitions?! 11 milliards de quincaillerie ex soviétique (du gaspillage d argent pour faire peur aux marocains) et une grande mosquée avec un réactionnaire à sa tête voila les priorités du gouvernement actuelle. je suis sur qu’un gars aussi intelligent que le prophète Mohamed (le Che Guevara des arabes) auraient dépenser l argent public pour d autre chose plus utiles q un quadrillage de mosquée ne produisant rien sinon des bigots dans le meilleur des cas :).
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Anonyme a dit...
Lundi, novembre 12, 2007
VOULOIR VOLONTAIREMENT OU INVOLONTAIREMENT FIXER CE FORUM AUTOUR DE LA RELIGION UNIQUEMENT, C'EST VOULOIR TENTER LE DIABLE SANS APPORTER DE REPONSE.
C´EST AUSSI INTELLECTUELLEMENT INCORRECTE.

LA VERITE EST TOUT A FAIT AILLEURS CAR LORSQUE LA RIGIDITE ET LE CONSERVATISME ETOUFFENT LE REVE ET LA LIBERTE, LORSQUE LES GOUVERNANTS
SE COUPENT DES GOUVERNES, LE BLOCAGE DE LA SOCIETE AUGMENTE LA PROBABILITE D´ UN MOUVEMENT SOCIAL
DE GRANDE AMPLEUR.

A TRAVERS CE FORUM, LE PEUPLE ALGERIEN EST PARMI D´AUTRES PEUPLES ELITES POUR UNE - MONDIALISATION CITOYENNE - QUI EST EN TRAIN DE NAITRE, EN REPONSE A LA MONDIALISATION MARCHANDE, SUR LA BASE DE REVENDICATIONS UNIVERSELLES: LE RESPECT DU CITOYEN ET LA PROTECTION DE LA PLANETE D´UNE GUERRE GLOBALE MENEE PAR LES LOBBYISTES DU PETROLE ET DU GAZ.

NOUS DEVONS COMPRENDRE DEFINITIVEMENT - QUE L´AXE DU MAL -
OU LE TERRORIME, C´EST AUSSI DE L´IMPORTATION.

FRATERNELLEMENT

IDIR
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Spina a dit...
Lundi, novembre 12, 2007
De plus en plus de « commentateurs » dérivent du sujet de ce forum pour se perdre dans les méandres du Qui est-tu ? Cette fâcheuse habitude que nous avons maintenant [et qui est héritée des années 70 avec les « Oulid chkoun n’taya » et compagnie] de nous étiqueter et de nous classer dans différents « tiroirs » est effrayant : Vous êtes musulman pratiquant, arborant fièrement barbe, quamis ou foulard et on vous catégorise en tant qu’Islamiste intégriste. Vous parlez français et faites une remarque un tant soi peu hors du cadre musulman et tout de suite c’est « Hizb França ». Vous avez un prénom tel qu’Idir ou Amokrane et revendiquez votre amour pour la patrie mais aussi et surtout pour la Kabylie et c’est fait : « Berbériste-secessioniste » Vous vivez en France et avez la double nationalité [très commode par les temps qui courent] et vous devenez « Bi-national, membre de la Main Étrangère… Ah ces classements !…
Comme quoi pour être Algérien pur et dur [c.a.d. sans étiquette] il faut :
1) Vivre en Algérie et ne la quitter sous aucun prétexte à aucun moment sinon vous êtes un lâche qui s’est enfui [ce qui est mon cas !],
2) Aller à la mosquée, de préférence le Vendredi pour qu’on vous y voient bien,
3) S’habiller à l’occidental tout en affichant vos spécificités religieuses tels que barbe bien taillée ou foulard de couleur vive,
4) Afficher clairement votre patriotisme en claironnant haut et fort votre Haine du Pouvoir et de tout ceux qui occupent un poste de responsabilité en Algérie,
5) N’accepter le trafic et la tchippa que quand ils vous arrangent sinon les décrier haut et fort et accuser tous ces « suceurs du sang du peuple » de tous les maux de l’Algérie, BLED MICKEY, [ne pas confondre avec Disneyland, le vrai pays de Mickey]
Et surtout il ne faut pas :
1) Afficher vos préférences pour la démocratie à la française ou à l’américaine,
2) Avoir des idéaux laïques et vouloir séparer la religion du politique,
3) Défendre les droits de la Femme,
4) Vivre à l’ Étranger, le pire étant bien sur la France,
5) Accepter un poste de responsabilité, même si c’est votre branche et que vous y excellez,
6) Et enfin ne jamais avoir un point de vue différent des chefs de files de l’opposition non partisane.
Etiquetez  mes amis, étiquetez… Et pendant que vous vous dénigrez mutuellement le droit de parler au nom LA CAUSE sous prétexte d’être l’un, défenseur des droits de l’homme quels que soient les appartenances religieuses ou culturelles de tout homme et ardant défenseur de la religion, et l’autre laïc convaincu frisant l’anti-religieux attaquant tout ce qui bougent et porte barbe et qamis… l’ennemi, le vrai celui-là continue sur sa lancée et creuse plus profondément la tombe de l’Algérie, là ou seront ensevelis nos enfants et leurs enfants s’ils ont eu la chance d’en avoir et de les avoir vu grandir au pays de la Hogra et de la Haine Fraternelle !
Nous sommes tous Algériens et tous nous aimons notre pays, et le pleurons parce qu’il est loin d’être et de paraître ce que nous pensons qu’il devrait être et paraître ! Frères et sœurs unissez-vous et combattons ensemble [et non en rangs dispersés] le Généralisme nouveau, suppôt du Colonialisme d’entant que nos moudjahidines avaient combattus et vaincus en leur temps [je parle ici des moudjahidines de 54 pas ceux récemment montés au maquis dont c’est à l’Histoire et aux historiens d’appréciez les actes et de leur donner un rôle.]
Que Yasmina Khadra soit responsable du Centre Culturel Algérien en France ne fait pas de lui un traître à la Patrie, mais un artiste intellectuel engagé capable de donner une autre image de l’Algérie [francophone et algérienne] qui peut aussi faire avancer le projet du Forum !,
je suis un anti-intégriste convaincu et pourtant reconnais la valeur d’un Ali Belhadj et de son juste combat contre l’oppression et la Hogra,
je suis un macho convaincu et pourtant admire Louisa Hanoune et son juste combat contre l’oppression et la Hogra, et la lutte pour la citoyenneté à part entière des femmes,
je suis un anti-régionaliste convaincu et pourtant vénère Ait-Ahmed et son juste combat pour la démocratie à l’algérienne et contre l’oppression et la Hogra.
Je ne crache pas sur ceux qui pensent différemment mais essaie de leur faire comprendre mes positions par la discussion et non par l’insulte, l’invective et les coups.
Je ne juge pas quelqu’un sur ses origines, sa couleur de peau ou son appartenance culturelle et/ou religieuse mais sur ses actes et paroles/écrits.
C’est ça être DIGNE et RESPECTUEUX.
Si vous ne l’êtes pas, ne nous perturbez pas avec vos propos sur ce FORUM YAL HAM OUALDIKOUM ! Beaucoup d’entre nous y voient une chance d’aplanir nos différences [créées pour la plupart par les incapables au sommet du pouvoir algériens suivant la théorie de DIVISER POUR REGNER] et de faire avancer les choses et le débat vers la construction d’un pacte algérien et c’est une bonne chose. Pour une fois qu’une bonne initiative est lancée par un groupe d’algériens et avant que les maîtres es-zizanie ne s’en emparent, relevez un peu le niveau des inter-actions dans ce Forum.
Merci d’avance,
Mikki Maouss
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Anonyme a dit...
Lundi, novembre 12, 2007
Le débat se dirige tout droit, et se concentre même, sur la place de l'islam dans la République. C'est une bonne chose. Nous pouvons ainsi livrer nos différents point de vue et tester notre tolérance vis à vis de quiconque a un avis divergent du nôtre propre. A la condition, bien évidement d'une réciprocité bien comprise. Je crois que ce n'est pas tant le terme "laïcité", tellement galvaudé, parfois détourné de son sens vrai, qui effraie les intellectuels algériens, même non islamistes. C'est la façon d'appréhender le phénomène qui risque de porter problème. D'abord, comment en arriver de façon transparente, sans filouter le peuple, à mettre fin à un concept que le régime a de tout temps ancré dans l'imaginaire collectif, et dont il s'est largement servi pour asseoir sa propre hégémonie: L'islam est la religion de l'Etat. Cela n'a jamais été le cas, dans la gestion de la cité, si l'on excepte le code de la famille, la pratique de la bigamie et la législation sur l'héritage. Mais ce qui n'a jamais été, demeure omniprésent. Dans les faits, l'islam n'a jamais été religion de l'Etat, mais je ne vois pas comment un quelconque courant politique pourrait mettre le sujet sur la table, juste pour en parler, sans encourir une taxation d'apostasie. Surtout que les embusqués de l'islamisme de bazar, dont c'est le seul fonds de commerce pour s'imposer sur la scène politique, vont ruer des quatre fers, si jamais leur gagne pain, cet islam de façade, n'est plus un faire valoir pour qui que ce soit. Parce que tout ce qui les arrange, les uns et les autres, est que l'islam soit proclamé religion d'état, même si cela reste au stade de l'intention formelle. L'autre aspect des choses, à mon avis, est que l'islam, dans sa globalité et dans sa culture, beaucoup plus que dans sa pratique ou dans ses canons, est fortement ancré dans la personnalité algérienne. Le mettre à distance de la politique est certainement un impératif qui finira de s'imposer de lui même, mais comment? Le meilleur exemple de l'échec dans la laïcité en islam, se trouve dans le cas turc. Mustapha Kamel a tenté d'extirper les composants islamiques de la personnalité turque, non seulement sur un plan purement politique, mais surtout sociétal et surtout culturel. Il a latinisé l'écriture turque, il a interdit le port du Fez et du voile, a quasiment proscrit certaines pratiques fondamentales comme le ramadan, les fêtes musulmanes et même la commémoration du Mawlid. La laïcité turque est née au forceps. Imposée par la force. Des décennies plus tard, la Turquie est non seulement revenue à un islam, qui n'a pu être extirpé que dans des couches citadines qui singent l'occident sans y parvenir vraiment, mais même à l'islamisme militant, puisque les partis islamistes sont largement maîtres du jeu aujourd’hui. L'armée turque, gardienne d'une laïcité artificielle ne pourra pas éternellement diriger le pays par le coup d'état permanent.
Et c'est justement parce que la laïcité est artificielle, largement empruntée à d'autres sociétés, qui ont connu d'autres parcours et d'autres révolutions, que la Turquie vit aujourd'hui une situation de schizophrénie politique. Et c'est justement notre situation particulière qui devrait nous inciter à faire de cette question de l'islam dans la république, le débat premier de la république que nous voulons. A la condition vitale que le débat doit être très large et très honnête. Rien ne doit être improvisé et rien ne doit être imposé, dans cette question qui décidera pour une part très importante de ce que deviendra l'Algérie.
M.F
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TAHIA BLADI a dit...
Lundi, novembre 12, 2007
On peut être d'accord; à condition de ne pas pinailler sur les détails, sauf que l'Histoire n'a jamais obéi à une linéarité, à une démarche logique et prévisible. Des forces contraires la choquent et la bouleversent continuellement. Celles du mal, de la conquête sur les plus faibles, de leur exploitation et donc de leur oppression, finissent toujours pa déclencher des réactions de forces nouvelles qui tentent d'inverser des processus, qui y réussissent toujours et qui elles mêmes, aboutissent à une perversion de leurs objectifs premiers. Jusqu'à en être dénaturés et jusqu'à devenir l'antithèse de leur nature première. Les unes et les autres démarches, s'habillent d'idéaux, de principes et de valeurs, pour combattre ce qui est toujours présenté comme le mal par excellence. Les unes et les autres sont systématiquement reprises, récupérées, instrumentées par des courants opportunistes, et les mêmes utilisent les deux seules forces essentielles capables de faire basculer la balance, celles du capital et celles des masses populaires. Avec toutes les variantes qu'il y a dans les deux, et entre les deux. Dans le cas de l'islam, il se trouve que les deux sont directement concernées, et directement impliquées. Dans un processus vieux comme le monde, qui porte le nom de manipulation. Dans une société constituée totalement d'intellectuels, c'est à dire de gens qui font une lecture distanciée et objective de l'évènement, et qui ne se laissent pas embarquer dans des machinations grossières, cela ne serait techniquement pas faisable. Mais dans des sociétés où la multitude a été maintenue à dessein dans l'ignorance et dans la confusion, la manipulation devient un élément décisif. C'est pour cela que même les intellectuels intègres, dont les intentions sont sincères, et qui ne demanderaient pas mieux que de faire le bonheur de leurs peuples, savent, lorsqu'ils sont réalistes, même s'ils feignent de l'ignorer, qu'ils doivent moduler, souvent maquiller, et parfois même altérer leur discours, pour qu'il soit compris par ceux là même qu'ils veulent libérer. Une démarche paternaliste et confusément autiste vis à vis de leur propre perception. Ce qui n'est pas le cas, bien sûr, des opportunistes et des profiteurs de tout poil, qui usent d'un discours démagogique et volontairement trompeur, parfois même inconsciemment convaincu, pour tromper ceux qu'ils disent servir. Les exemples vivants de ce genre de politiciens sont un Ouyahia ou un Soltani. Chacun dans son registre. Mais les deux évoluant dans une même logique de tromperie délibérée. Il va sans dire que dans ce genre de situation, il est plus difficile de faire passer un message lorsqu’on est bien intentionné, habillé d'une intégrité sourcilleuse qui a du mal à se frayer son chemin dans le maquis de la dure réalité. Parce qu'il est toujours amoral de travestir la vérité, même pour une bonne cause. Ceux qui flattent la multitude pour mieux la dominer, et la soumettre à leurs intérêts, sont dans une meilleure posture. C'est pour cela que vérité n'est pas toujours bonne à dire, et c'est pour cela que la Politique et la sincérité sont quasiment antinomiques.
D.Benchenouf
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Anonyme a dit...
Dimanche, novembre 25, 2007 7:17:00 PM
Je suis d'accord avec Monsieur Kamer eddine a peu près sur tout, sauf qu'il faudrait bien délimiter les notions de "musulmans" et d'"islamistes"
Le peuple algérien est en effet musulman dans sa quasi globalité, mais il n'en est pas nécessairement acquis aux thèses islamistes. Encore que nombreux d'entre les militants islamistes ont été conditionnés pour voir en l'opposition à l'islamisme une apostasie déclarée. C'est à dire que le non islamiste, pour certains islamistes est un kaffer. Je considère personnellement que l'islamisme est un moyen comme un autre de faire de la politique et de prendre le pouvoir, sauf qu'il est encore plus trompeur et plus retors, en ce sens qu'il part de la juste aspiration des peuples musulmans à une plus grande justice, à l'instauration du droit au dessus de tous et à la restauration de leur grandeur passée, pour mettre en place un système encore plus totalitaire, plus obscurantiste et plus sordide. Le discours islamiste même, de par le carcan cultuel et rituel dans lequel il enferme toute lecture de la vie en société, s'affirme comme non discutable, non négociable et intransigeant sur les "obligations canoniques" de la charia, qui doivent être appliquées à tous les membres de la société, de gré ou de force. C'est pour cela que les islamistes rejettent toute éventualité d'une quelconque laïcité. L'islamisme se veut en même temps le régent de la vie cultuelle et de la gouvernance du pays en tant qu'état. Les futurs dirigeants islamistes, qui ne seront pas des sains, seront pourtant indiscutables parce que, comme dans tous les régimes totalitaires, ils récupèreront le discours de l'Ordre établi à leur seul profit. Celui qui sera contre eux sera donc contre Dieu.
Pour se convaincre que l'islamisme n'est qu'un moyen peu recommandable et mensonger d'escamoter le pouvoir, vous n'avez qu'à méditer le cas des responsables du MSP de Soltani Bouguerra. Des affairistes sans foi ni loi, qui ont utilisé leur parti pour faire fortune. Bouguerra qui était un petit enseignant issu d'une famille pauvre est devenu riche à milliards, en utilisant les moyens de l'état et le poids de ses électeurs et en s'alliant avec le diable.
Il faudra donc bien faire comprendre que combattre l'islamisme n'est pas Kofr. Pour moi c'est au contraire une mesure salutaire pour mettre notre religion à l'abri des opportunistes et notre liberté de choix à l'abri des inquisiteurs de tout poil.
ARABOBERBERE
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MEHDI a dit...
Lundi, novembre 26, 2007 9:35:00 AM
J'ai souvent rencontré des islamistes en Europe et j'ai été étonné de constater qu'ils respectent les lois du pays d'accueil et s'accommodent très bien de vivre dans des pays tout à fit laïcs. C'est une attitude qu'ils devraient adopter dans leurs pays d'origine: être ce qu'ils veulent sur le plan de la vie privée et respecter la liberté des autres membres de la société, quelle que soit leur conviction ou leur idéologie.
Mehdi
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Anonyme a dit...
Lundi, novembre 26, 2007 4:40:00 PM
C'est la première fois que j'interviens, alors que je suivais les débats avec un grand intérêt. Je crois qu'il est nécessaire de fixer l'attention des algériens sur ce point précis de l'islamisme. Je crois même qu'il faut en débattre pour pouvoir en sortir et passer à l'essentiel: Un projet de société basé sur un consensus général des algériens. Mais encore faut-il expliquer aux algériens toute la différence qu'il y a entre islamisme et islam. S'il n'y en a pas, comme le soutiennent certains, qu'on nous l'explique par des arguments sérieux. Personnellement ma grande question est de savoir si l'islamisme est soluble dans le système démocratique tel qu'il existe dans les sociétés occidentales. L'islamisme peut il construire un modèle de société bâti sur la chariaa, tout en respectant les "habitudes alimentaires et vestimentaires" de la société d'aujourd'hui? Si oui, alors pourquoi parler d'islamisme? Et si non, pourquoi ne pas le dire clairement aux algériens, pour que ceux ci sachent à quoi ils devront s'attendre. Comme ca tous les électeurs voteront en connaissance de cause et personne ne viendra se plaindre qu'on l'a trompé sur la marchandise.
Merci
Aomar
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A.MIR a dit...
Vendredi, novembre 30, 2007 8:35:00 AM
Evoquer l'éventualité d'une application de la chariaa est en soi une provocation. Comment peut-on imaginer en 2007, que l'Algérie peut retourner ainsi aux siècles des ténèbres? Bourguiba, lorsqu'il a abrogé la bigamie avait dit que les musulmans avaient la fâcheuse tendance de ne prendre de l'islam que ce qui arrangeait leurs bas instincts. Qui d'entre nous voudrait que sa fille vive avec un mari bigame ou polygame? Le prophète lui-même, (QLSSSL)a interdit à son gendre Ali d'épouser une autre femme. Parce que sa fille chérie, Fatima Zohra, est venue pleurer dans ses bras et a refusé que son mari en épouse une autre.
Le destin de l'Algérie est de se tourner vers un projet de justice et de dignité pour tous les Algériens et les Algériennes. Les islamistes ont beau dire, mais la chariaa contient des éléments de droit inapplicables et injustes. Il ne faut pas oublier qu'elle répondait à des circonstances qui datent de plusieurs siècles.
Notre projet de société doit reposer sur la charte universelle des droits de l'homme. Rien ne nous interdit de prévoir des aménagements qui soient en harmonie avec notre personnalité et notre religion, mais dans l'esprit de l'islam et non pas à la lettre. Même dans un pays riche et prospère, il serait mal venu de couper la main à un voleur. Parce que cela est barbare et contre productif. Cette main qu'on veut couper, il est préférable de la condamner à racheter sa faute et à œuvrer pour le bien de la communauté.
Je crois qu'il faut faire attention à ne pas glisser insensiblement dans des discussions qui ne doivent pas être. Il y a une différence entre permettre à quiconque veut exprimer son opinion de le faire en toute liberté, et ouvrir la porte à des projets d'un autre temps. L'Algérie est une nation moderne. Sa population a le droit de vivre selon son temps. Les droits de l'homme sont devenus inaliénables et irréversibles. Nul ne peut les nier.
A.MIR
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Anonyme a dit...
Vendredi, novembre 30, 2007 1:20:00 PM
L'islam c'est la solution à tous nos problèmes, les nouveaux portes voix du latinisme et de l'évangélisme qui travaillent main dans la main avec les imperialo-sionistes sous prétexte d'instaurer un humanisme (comme Bush la démocratie en Irak) veulent implanter un Néofascisme qui prend sa source dans la laïcité.

Aghiles(El-Kseur)
 
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Brahim Younessi a dit...
Vendredi, novembre 30, 2007 7:00:00 PM
 
POUR UNE DEMOCRATIE MUSULMANE

Par Brahim Younessi, politologue


Comme d'autres sociétés avant elle, au cours des deux siècles précédents, l'Algérie rencontre des difficultés à passer d'une société d'autorité à une société de libertés. Durant cette transition apparaissent, dans la plupart des cas, des mouvements militant pour une société de vérité. Cette dernière quête est portée, chez nous, par un islamisme intransigeant qui tient, sur le plan dogmatique, du jansénisme que l'Europe chrétienne a connu au XVIIème et au XVIIIème siècles. Aussi bien l'un que l'autre privilégient l'initiative divine face à la liberté humaine. Mais si l'islamisme intransigeant a trouvé un terrain favorable dans les couches les plus démunies des sociétés musulmanes, le jansénisme s'est développé dans la bourgeoisie européenne. Blaise Pascal, entre autres, a pris le parti des jansénistes et en a fait l'apologie dans les Provinciales en s'attaquant sévèrement aux jésuites. Il s'inscrit, en cela, dans le droit fil de la tradition augustinienne.
Cette question de la prédestination et du libre arbitre, qui se pose derrière les querelles politiques, est certainement l'une des questions religieuses qui a donné lieu aux plus grandes controverses théologiques et philosophiques. Très tôt, dès le milieu du deuxième siècle hégirien (VIIIème siècle chrétien), la théologie spéculative musulmane fondait son système philosophique sur le qadar qui signifie pouvoir de l'homme de produire ses actes et d'en être responsable. Cette position avait trouvé des partisans jusque dans le royaume rostémide de Tahert (aujourd'hui Tiaret). La doctrine du libre arbitre se trouvait déjà chez les Khârijites dans leur théorie de la justice divine. Ils défendaient aussi le droit pour les croyants de choisir leurs chefs. L'hérésiologie musulmane qui les présente comme une secte rigoriste et intransigeante, leur reconnaît, cependant, un certain esprit démocratique. Il semble, d'après Abdurrahmân Badawi, que ' Ali ibn Abî Tâlib considérait la liberté de l'homme comme " un état intermédiaire entre le déterminisme et le tafwîd ". Le tafwîd étant le pouvoir accordé par Dieu à l'homme d'agir et de choisir par une sorte de mandat ou de délégation de pouvoir qu'Il lui donne sur ses propres actes. Le fondateur du 'ilm el kalam mu'tazilite, Wâsil b. 'Ata', affirmait, selon al-Sharastâni dans son "Kitab Al-milal wa al-Nihal", que l'homme était libre dans ses actes et en était le créateur. Vision que contestaient les Jabriyya appelés aussi Jahmiyya à cause de Jahm b. Safwân qui défendait la thèse du déterminisme, bien que de très nombreux versets coraniques reconnaissent à l'homme le droit d'exercer sa liberté, à la condition que celle-ci ne devienne pas un absolu. Je crois que c'est Bossuet qui disait que " par l'appât de la liberté absolue, le mal est entré dans le monde ". Suivant ce qui précède, aucun doute n'est permis sur les faveurs de l'islam pour une position médiane entre le radicalisme libéral et le mythe d'un fatalisme musulman. Al-Shahrastâni rapporte dans al-milal que Abû 'Ali Al-Jubbâi et son fils Abû Hâshim qui ont dominé la pensée mu'tazilite soutiennent, à la suite de Wâsil b. 'Ata', que " l'acte volontaire émane de l'homme, il lui est propre ; l'homme le créé ". Une polémique fameuse a opposé sunnites et mu'tazilites sur ce sujet. Les mu'tazilites qui font la différence entre " les actes libres " et " les actes engendrés ", ont conscience que la liberté fait de l'homme une personne. D'un point de vue ontologique, la personne se définit dans les conceptions musulmane et chrétienne comme une synthèse entre sa constitution biologique et sa vie spirituelle. Le philosophe marocain Mohammed Aziz Lahbabi précise que "la constitution biologique que donne le Coran pourrait aussi bien s'appliquer à d'autres animaux que l'être humain s'il n'y avait intervention de l'âme". Sa conception de la shakhçânyya musulmane rejoint la conception chrétienne du personnalisme dont le théoricien le plus important est le philosophe Emmanuel Mounier. De son côté, le marxisme qui s'inscrit dans la pure tradition matérialiste d'Héraclite jusqu'à Spinoza, a toujours considéré la personne humaine comme faisant partie de la nature. Roger Garaudy a tenté de modérer cette opinion dans son opuscule " Le marxisme et la personne humaine ", mettant le mouvement dialectique au centre de sa philosophie. S'appuyant sur la IIème thèse sur Feuerbach de Karl Marx : "Il ne s'agit pas d'interpréter le monde, mais de le transformer ", Roger Garaudy qui s'est converti, depuis, à l'islam, écrit, à ce propos, que le " rapport actif entre l'homme et la nature transforme radicalement l'ancien matérialisme ". Le clivage entre le marxisme et la philosophie de la personne, se situe plus précisément dans les valeurs de la liberté humaine, qui ne sont pas le produit du seul monde chrétien, comme l'affirmait à tort Saint Jean Damascène. L'islam et les musulmans y ont apporté une contribution plus que significative sur le plan théorique et de la pratique sociale. Al-Fârabi qui a fondé la philosophie politique musulmane parle de la " politique civile " dans un sens presque moderne, faisant dans sa " al-Siyâsât al-madanyyah " la distinction entre les cités vertueuses et les cités perverses. Son livre " mabâdi' ârâ' ahl al-madînah al-fâdilah " (Idées des habitants de la cité vertueuse) est, sans doute, le plus connu parmi une œuvre immense qui englobe un savoir encyclopédique allant de la Logique à la Musique et la Poétique en passant par la Métaphysique, l'Ethique, la Politique et la Psychologie. De tous les philosophes péripatéticiens, al-Fârâbi est certainement le plus aristotélicien, ce qui lui a valu le surnom de Magister secundus. Il dénonce " la cité de la domination " comme une société fondée sur la force brutale et la coercition ; elle soumet les hommes et leur enlève toute liberté d'action. Dans un travail remarquable sur "La cité vertueuse", Muhsin Mahdi, professeur émérite de l'université de Harvard, souligne que "al-Fârâbi pose, conformément à la description de Platon dans La République, le premier principe de la démocratie (…) comme étant liberté, et il appelle également le régime démocratique, régime 'libre'. (…) L'autorité ne se justifie qu'en vue de la préservation et de la promotion de la liberté et de l'égalité… Le souverain ne gouverne que par la volonté des citoyens". Dans le système musulman, la liberté se pose comme un principe essentiel de la vie alors que l'égalité et la justice constituent les deux piliers sur lesquels repose la société musulmane. Les musulmans avaient de la liberté une conception juridique, la notion civique et politique de celle-ci ne se posera que bien plus tard. Le gouvernement musulman se préoccupait d'abord de distinguer entre le juste et l'injuste. Contrairement à ce que Bernard Lewis laisse supposer sur le caractère réfractaire de l'islam à la liberté, les idées démocratiques travaillent et transforment la conscience religieuse des musulmans. Bien avant que n'éclate la révolution en France, portée par le développement de l'économie et le progrès technique qui permettent un accroissement sans précédent de la bourgeoisie, ainsi qu'une réflexion philosophique puissante qui fonde le " siècle des lumières ", l'empire ottoman sous le règne du sultan Abdulhamid 1er (1774-1789) puis l'Egypte de Mohamed-Ali (1805-1848) entreprennent des réformes qui touchent aussi bien à l'armée et à la justice qu'à l'économie, l'administration et le système politique. Ces réformes qui sont une vraie tentative de modernisation, ont échoué à cause de deux faits majeurs : d'une part, l'anarchie suscitée par les Janissaires et le wahabisme qui prend de plus en plus d'ampleur en péninsule arabique, et, d'autre part, les convoitises de l'Europe (ce que l'on a appelé la question d'Orient) et la rivalité russo-ottomane. Sur le plan des idées, les auteurs musulmans défendent avec plus de conviction encore la liberté non seulement collective, mais personnelle, même si certains autres la dénoncent et l'assimilent à la licence et au libertinage. L'Europe chrétienne a connu la même réaction : Joseph de Maistre et le vicomte Louis de Bonald ont incarné la contre-révolution. La liberté de l'individu n'existe pas pour ces deux critiques du rationalisme, partisans de l'ordre contre le progrès, d'un Etat monarchique théocratique contre la démocratie qui n'est pas, pour eux, le gouvernement le plus naturel à l'homme. Des philosophes et des théoriciens comme Saint-Simon, Fourier et Proudhon ne croyaient pas davantage dans la démocratie qu'ils distinguaient de la liberté.
C'est Saint-Simon qui suggère la distinction, désormais classique, entre libertés formelles et libertés réelles. A l'inverse de Proudhon qui développe une doctrine de la liberté et de l'égalité, Saint-Simon considère que l'inégalité est conforme à l'ordre de la nature. Alors que, en Orient, Ibrahim Mûtâfârika défend dans son livre " Fondements des sagesses ou l'organisation des nations " publié vers 1731 le système démocratique parlementaire et insiste sur l'adoption de la raison comme critère de la pensée. Au milieu du XIXème siècle, Rifâ Rafî at-Tahtaoui se prononce pour l'introduction d'un système constitutionnel de gouvernement au moment où s'engage les deuxième et troisième temps des tanzimat (réformes) par le Khatti-humayun en 1856 et la Constitution de 1876. Mustafa Fazil publie, de son côté, dans le journal français " La liberté " une lettre ouverte qui dénonce la tyrannie, l'ignorance et la misère économique comme principales causes de la décadence des musulmans. Il propose comme remède la liberté qui doit être accordée et garantie au peuple. Le réformisme musulman qui se manifeste à la même époque appuie le mouvement constitutionnel et la libération de l'énergie du peuple. Les réformistes " répètent volontiers que dans le domaine de la vie pratique, l'islam laisse aux hommes l'entière liberté (fawwad) d'agir en vue de leur bien dans le monde ", écrit le professeur Ali Merad dans l'encyclopédie de l'islam. Pour lui, ils ont établi " le caractère libéral de l'islam et justifié son adaptabilité (non certes en tant que dîn, mais en tant que shari'a) à toute les situations humaines dans le temps et dans l'espace ". Chaque génération doit tenir compte de son époque, souligne Mohamed Abduh dont les idées libérales ont eu une grande influence sur le mouvement réformiste en Orient et au Maghreb. Le réformisme musulman est lié à l'avènement de la société moderne à laquelle, selon l'auteur de la " Rissalât at-Tawhid, les vieux concepts de l'islam devaient être adaptés. La pensée politique d'inspiration musulmane se trouve engagée dans une réflexion qui remet en cause l'immobilisme social, politique, religieux et intellectuel des musulmans. Dans " Umm el Kura " (La Mère des cités, i.e. La Mecque), Abderrahmane El Kawakibi examine les causes de la décadence du monde musulman et préconise des solutions qui vont dans le sens de la réforme. Influencé par Montesquieu, il critique, dans " Caractères du despotisme " (Tabâ'i' al Istibdâd), les régimes dictatoriaux, dénonce l'absolutisme politique et religieux, prône la consultation (shoûrâ) et appelle à un fonctionnement démocratique des institutions. Le discours est très franchement favorable à l'idée d'adapter la société musulmane aux réalités du monde moderne. Nous l'avons vu, la région maghrébine n'est pas restée à l'écart de ce débat : en Tunisie, le ministre réformateur Kheireddine fait remarquer en 1868, dans son " Aqwâm al-masâlik fî ma'rifat ahwâl al-Mamâlik " ( Réformes nécessaires aux Etats musulmans), que " les nations avancées avaient pour fondement la liberté et la constitution ", et, en Algérie, cheikh Abdelhamid Ben Badis, qui a créé l'association des 'uléma musulmans algériens en 1931, reconnaît aux hommes le droit de travailler pour leur 'bonheur terrestre'".
On voit bien que sur la liberté de penser et d'agir de l'homme, un large consensus (ijmâ') s'est réalisé entre les savants et les politiques musulmans, depuis que l'islam s'est constitué en Etat au VIIème siècle de l'ère chrétienne. Cela pose, de manière spécifique, la limite de l'autorité en islam.

La problématique de l'autorité

Les questions profanes, ce que les musulmans appellent les dunyawiyyat, sont l'affaire de tous les citoyens, comme le recommande, d'ailleurs, le Coran au Prophète. Rien n'interdit au musulman de choisir son système de gouvernement. A l'exception du pouvoir fondé sur le droit divin et du pouvoir absolu, toutes les autres formes de gouvernement sont tolérées par l'islam qui n'en privilégie aucune, mais la République est, sans conteste, le régime le plus proche du système consultatif musulman. La consultation est un principe cardinal de la conception islamique de gouverner. Elle organise la relation entre les gouvernants et les gouvernés. On retrouve aussi l'idée de la " res publica " dans la notion de " maslaha el 'ama", principe de l'intérêt commun ou d'utilité collective. Il est, cependant, vain de vouloir trouver, à tout prix, une exacte similitude entre la manière des musulmans de penser le pouvoir et celle, par exemple, des chrétiens, qui, souvent, est prise comme référence pour juger l'organisation politique et sociale du monde de l'islam. Les deux religions et les deux systèmes sociaux présentent des différences fondamentales pour tenter une analogie : alors que l'église s'est accaparée le pouvoir religieux, l'islam n'admet aucune hiérarchie de type ecclésial et ne dispose d'aucune autorité religieuse qui gère le culte, les consciences ou les âmes. Personne ne peut se prévaloir de l'islam pour confisquer le pouvoir spirituel ou temporel. Personne ne peut, non plus, prétendre avoir pour fonction dans la société la gestion du culte ni servir d'intermédiaire entre l'ici bas et l'au-delà. Ni le Coran ni la Sunna ne donnent d'instructions précises à ce sujet. Ce n'est qu'à la mort du Prophète que les musulmans éprouvent le besoin de se structurer et de mettre en place, en vue de maintenir la cohésion de la communauté, une institution qui va soulever interrogations et polémiques. Le caractère obligatoire du califat n'a été démontrée par aucun des nombreux auteurs qui ont défendu la thèse de l'institution du califat comme mode de succession du Prophète ou comme vicariat de Dieu sur terre. Dans ses " Ahkâm as-sultânîyya " (Principes de gouvernement), Al-Mawardî qui soutient que le califat est un devoir d'obligation collective (fard kifâya), est convaincu que Dieu a confié l'autorité politique à un chef placé à la tête de la communauté pour ses qualités personnelles (de justice, d'homme de science et de sagesse) afin d'appliquer la shari'a, en tenant compte, cependant, " des impératifs du moment et en adaptant les dispositions générales de la Loi révélée aux circonstances de temps et de lieu dans lesquelles elles doivent s'insérer ". Le califat étant d'essence divine pour Al-Mawardî, il écarte, de ce fait, la liberté des musulmans de choisir le chef du pouvoir exécutif, au profit de la désignation de l'héritier présomptif par le calife en fonction. La dévolution du pouvoir peut aussi être décidée par un collège électoral préalablement nommé. Contemporain d'al-Mawardî, Ibn Hazm, né à Cordoue sous la dynastie umayyade entrée en pleine décomposition, soutient la même thèse et " insiste sur le côté obligatoire et unique du califat ". Cette position est justifiée par le fait que deux califes sont simultanément en poste en Andalousie. Le légiste dahirite rejette également, pour les mêmes raisons, la bay'a (investiture/allégeance) qu'il considère comme trop démocratique et difficile à mettre en œuvre. En principe, la bay'a doit émaner de la majorité de la population, mais, dans la plupart des cas, elle a été le fait d'une seule personne. Le grand théologien Abû Hamid al-Ghazalî légitime cette dernière démarche, écrivant : " La bay'a d'un seul individu qui est réellement suivi et obéi est suffisante, puisque son approbation c'est l'approbation des masses ". Quant à lui, Ibn Khaldoun ne s'embarrasse pas de toutes ces subtilités et de toutes ces considérations théoriques, il a du califat une approche exclusive : le calife est le lieutenant de Dieu, prenant ainsi le risque de donner de l'Etat islamique une vision théocratique alors qu'il n'y a pas de conception du pouvoir plus étrangère à l'islam. La théocratie est le pouvoir des hommes de religion qui prétendent à l'inspiration divine réservée au seul Prophète auquel il est fait obligation de consulter l'ensemble de la communauté sur tout ce qui touche à la gestion des affaires publiques. L'islam ne confie le pouvoir spirituel à aucun homme, fut-il le calife qui ne détient pas son autorité de Dieu, mais des hommes qui peuvent le destituer s'il manque à l'exercice de sa charge. Le califat n'est pas nécessaire pour Ibn Taymiyya qui insiste sur la stricte application de la shari'a. Il y a même chez l'auteur de " Kitab as-siyâsa ash-shar'iyya fi islâh ar-râ'î war-ra'iyya " une conception de séparation entre le religieux et le politique dans le sens où le pouvoir politique peut agir librement dans son propre domaine. C'est à lui seul qu'appartient l'autorité de l'Etat. Sur cette question, Mohammed Abduh est, quant à lui, catégorique : " Il n'y a en aucune façon en islam ce que certains appellent l'autorité religieuse ". (…) " Il n'est permis ni au calife, ni au qâdi, ni au muftî, ni au " sheikh al-islam " de prétendre à un droit de domination sur la foi, le culte ou les idées de l'individu ". C'est, d'ailleurs, tardivement que les Etats musulmans ont créé des institutions de type administratif comme le qadi ou le muftî pour faire appliquer les décisions califales ou les éclairer.
Les fondements du pouvoir en islam ont donné lieu à des divergences qui ont marqué tout le vingtième siècle avec la publication du fameux livre de 'Ali 'Abderraziq " Al islam wa-uçul al-hukm ", en 1925, soutenant la thèse que " le califat n'a pas été négligé seulement par le Coran, qui ne l'a même pas évoqué, il a été ignoré tout autant par la sunna, qui n'en fait aucune mention ". L'année précédente, le 3 mars 1924, le califat ottoman est aboli par Mustafa Kemal Atatürk qui a déjà fondé la République le 29 octobre 1923 et entrepris une vaste politique de laïcisation des institutions et de sécularisation de la société. Les apologistes du califat qui ont violemment réagi à ces événements ont conclu au complot contre l'islam. Le sheikh d'al-azhar, 'Ali 'Abderraziq, qui récuse le califat comme catégorie religieuse ou politique a provoqué une série de réactions négatives le condamnant et l'accusant de participer à une œuvre de destruction de la religion. Une avalanche de critiques acerbes s'est abattue sur 'Abderraziq par des " savants " musulmans conservateurs et des intellectuels comme Mohammed al-Khidr Hussein, Mohammed Bakhit al-Muti'i et Aberrazzak Sanhoury qui a, en 1926, consacré au califat une thèse importante en langue française, dans laquelle il défend pourtant la nécessité de faire évoluer cette institution. Le professeur Ali Merad souligne dans " L'islam contemporain ", qu'à partir des années 1925-1926, " le modèle du califat canonique sera de plus en plus discuté, y compris dans les milieux les moins suspects de sécularisme ou d'adhésion aux valeurs socioculturelles de l'Occident ". Pour l'auteur du " Réformisme musulman algérien ", la position de Abdelhamid Ben Badis " illustre le mieux la tendance islamique ouverte aux réalités des temps modernes ". Tandis que le monde chrétien change et s'adapte aux nouvelles réalités sociales, économiques et politiques imposées par la révolution industrielle, le monde musulman continue de rêver à son passé glorieux et persiste à vouloir restaurer les vieilles structures tombées en désuétude.
Le califat n'est ni cette " cité de Dieu " que Saint Augustin oppose à la " cité séculière ", ni cette " république prophétique " que le messager d'Allah a instaurée à Médine, dont Jacques Berque parle dans " Relire le Coran ". Le calife ne symbolise pas le pouvoir spirituel, il ne guide pas l'esprit des gens et ne dispose pas du pouvoir religieux, comme le Pape dans la chrétienté. Il détient uniquement, sous le contrôle permanent de la communauté représentée par les " ahl al-hall wa l'aqd " (ceux qui délient et lient), le pouvoir temporel.
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Anonyme a dit...
Vendredi, novembre 30, 2007 9:39:00 PM
Cette approche magistrale de M. Brahim YOUNESSI montre bien bien que l'usage politique qui a été fait de l'islam, à travers les âges, n'est pas forcément de source canonique. On a plus de facilité de dénaturer le message divin lorsqu'on est soi même ignare. Ignare et obstiné sont la définition du fanatique.
L'on aura remarqué que de tout temps, ceux qui s'emparent du pouvoir sur la multitude, avec la complicité veule ou intéressée de l'intelligentsia, parviennent toujours à utiliser les croyances et les pratiques religieuses pour arriver à leurs fins. Cela a systématiquement été le cas pour toutes les religions. Le christianisme et l'islam tout particulièrement puisqu'elles furent et elles restent les religions du plus grand nombre.
Les seules histoires de la papauté et du chiisme nous renseignent abondamment sur l'usage éhonté qui est fait de la foi et de la duplicité sans bornes des prétendus representants de l'une et l'autre religion.
Il serait bon de recourir à l'Histoire pour démasquer les uns et les autres. La religion n'est bonne et saine que tant qu'elle reste dans le coeur des hommes. Mettez la à la tribune et investissez la du pouvoir et vous la dénaturez en un odieux moyen de tromper la multitude. Vous verrez alors surgir du tabernacle ou du mihrab, le diable en personne. Voulez vous vous en convaincre? Voyez ce que sont devenus les militants du Hamas algerien, des GIA, de l'AIS? Des milliardaires qui nagent dans une mare de sang. Le sang de ceux qu'ils ont trompés.
Araboberbere
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Mahmoud S. a dit...
Samedi, décembre 01, 2007 7:55:00 AM
Intéressant débat.

On y apprend beaucoup de choses sur l’Histoire avec un grand H, l’Islam et les musulmans. Que de connaissances, de savoirs et de Sagesse! Nous sommes en présence d'une académie extrêmement distinguée et qui n'hésite pas à faire dans le détail au prix de pensums interminables.

Mais voila, au delà de ce débat d’experts et ces programmes complets de gouvernement ou de "projets de société" (formule atroce s'il en est) ou en est-on des propositions d’actions concrètes (pacifiques et politiques, est il besoin de le préciser...)? Quel type d'appel ou de déclaration ce débat peut-il entrainer?

Car au fond que défend-t-on ici? La possibilité d’un débat ? La formation d’un parti politique ou la création d’un club de réflexion? Une plateforme de sortie de crise?

Pendant que chacun apporte sa petite pierre philosophale à une discussion ou la cuistrerie n'est pas absente, le monde bouge...Et pas forcément dans le bon sens.

Le régime appuyé de manière grossière par ses alliés internes et externes continue de voler, mentir et trafique de manière carnavalesque les élections qu’il organise lui-même. Ceci sous état d’urgence depuis 15 ans …

La société se déglingue et si jamais l’émeute sous-jacente mais encore sporadique et localisée prend un caractère aigu et généralisé plus personne ne contrôlera quoi que ce soit.

Cette perspective est réelle et risque de s’avérer en particulier dans l’hypothèse d’une violente dégradation de la situation internationale.

Pendant ce temps nous pouvons continuer à discuter du sexe des anges...
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Simozrag a dit...
Mardi, décembre 04, 2007 11:51:00 AM
Ceci est en partie une réponse à certains intervenants. D’après le frère Si Brahim, il y aurait chez Ibn Taymiyya « une conception de séparation entre le religieux et le politique dans le sens où le pouvoir politique peut agir librement dans son propre domaine. »
Sauf incompréhension de ma part ou une interprétation inexacte de la pensée de l’auteur, celui-ci a dit dans le même ouvrage « as-siyâsa ach-char'iyya fi islâh ar-râ'î war-ra'iyya » : « Si l’autorité se sépare de la religion ou la religion se sépare de l’autorité, les affaires sociales se détériorent »
Quant à l’intervenant qui a considéré comme une provocation le fait d’évoquer « l'éventualité d'une application de la chariaa », il convient de lui rappeler, d'une part qu’un débat démocratique ne doit exclure aucune question, et d’autre part, la chari’a est non seulement une composante de notre identité mais aussi une revendication légitime d’une bonne partie de la société algérienne. C’est quoi alors les principes islamiques évoqués dans la déclaration du 1er novembre si ce n’est la Chari’a ? Si demain le peuple décide de vivre selon ce qui vous semble une provocation, faudra-t-il le taxer de « ghachi » et lui faire la guerre ? Que Dieu vous guide, vous êtes à mille lieues de la vérité. La Chari’a est un facteur de liberté et d’indépendance dans la mesure où elle procède des convictions et des pratiques de l’écrasante majorité du peuple algérien. Jusqu’à quand les algériens continuent à se chercher ? Seul l’islam leur permettra de se retrouver. Les assemblées de notables au M'zab et en kabylie qui tranchaient les différends et régulaient la vie sociale des tribus s’inspirent de la Chari’a ; Ces pratiques en découlent et en font partie. La Chari’a a un caractère neutre, exempt de cultures importées et d’idéologies partisanes. Avec ces principes, il n’est fait référence qu’à Dieu. Or, faut-il le rappeler, dépendre de Dieu, c'est la vraie liberté. La Chari’a permettra aux citoyens de s’épanouir, de vivre en paix et en harmonie avec eux-mêmes, avec Dieu et avec les autres. Par exemple, il n’y aurait pas de « terrorisme » (ni terrorisme d’Etat ni terrorisme des individus) si la Chari’a était appliquée. Elle permet d’assurer l’équilibre dans l’exercice des droits et des devoirs, favorise le progrès et le développement, incite à l’effort de recherche, d’investissement, de production, au travail, au savoir et à la bienfaisance. Elle fait régner la justice, l’ordre et la sécurité de sorte que « le terrorisme », la criminalité, la toxicomanie, la corruption finissent par disparaître. Elle crée une atmosphère de spiritualité où se développent les vertus de l’altruisme, de la solidarité et de l’entraide sociale. S’ajoute à cela l’énorme avantage des bénédictions du ciel, c’est-à-dire, il y aura moins de calamités, moins de disettes, moins d’inondations, moins de séismes, en témoignent ces versets du Coran : « Si les habitants des cités avaient cru et avaient été pieux, Nous leur aurions certainement accordé des bénédictions du ciel et de la terre. Mais ils ont crié au mensonge. Aussi les avons-Nous sanctionnés en raison de leurs péchés » (al-‘Araaf 96).
« Et s’ils s’étaient maintenus sur la bonne voie, Nous les aurions comblés de Nos faveurs » (al-Jinn 16)
Notre époque est celle de tous les maux : le Sida, la drogue, « le terrorisme », la criminalité, la corruption, les vols, les viols, les suicides, la maffia, les massacres, les guerres. Les tragédies ne se comptent plus. Les mots macabre, sanglant, tragique, génocide, viol, meurtre deviennent les épithètes et les attributs de la plupart des titres des médias. Il y a des pays comme l’Afrique du Sud où l’on compte trois viols par seconde, plus de cent assassinats chaque jour, un cambriolage chaque minute ; en Algérie, disons-le franchement, nous ne sommes pas loin de la contagion, pourtant on peut constater que certains pays musulmans sont à l’abri de ces dérives grâce à l’application de la Chari’a. Ainsi en est-il de cette différence facilement perceptible entre l’Iran au temps du Shah et l’Iran aujourd’hui. C’est seulement à titre d’exemple que ce pays est cité, je ne prône aucun modèle de société actuel. La Chari’a c’est la justice de la victime et partant du peuple. En matière pénale, par exemple, la Chari’a se désiste en faveur de la victime ; elle se borne à exécuter la volonté, la décision de la victime. Cette dernière serait en quelque sorte le juge de son agresseur. Ainsi, cette position de force réservée au faible l’amène souvent à pencher pour le pardon plutôt que pour la vengeance. Il est important de rappeler l’aspect inégalable de la Chari’a en terme de pardon et de clémence ; elle porte l’empreinte de la miséricorde divine. C’est pour cette raison qu’elle ne s’applique pas à ceux qui ont été poussés à l’infraction par la précarité, la faim, le besoin ou la souffrance, contrairement aux systèmes actuels qui pénalisent les petits larcins d’étalage et qui ferment les yeux sur les détournements de milliards. De toutes façons, nous abordons une question hypothétique que seul le peuple est habilité à trancher. Je n’aurais même pas évoqué cette éventualité si ce n’est l’implication dialectique de l’approche consistant à étudier les deux cas de figure : islam ou laïcité. Bref, jusqu’ici, nous sommes d’accord sur l’Etat de droit. Restons-là et voyons comment et par quels moyens doit s’effectuer le changement ? Comment procéder pour amener la société, le peuple à se soulever contre l’injustice, à dire NON et mille fois NON au pouvoir corrompu ! NON A la fraude ! NON à la Tyrannie !
Comment faire passer le message au peuple afin qu’il comprenne que l’heure du changement a sonné, que chaque jour qui passe est un pan de sa dignité qui s’écroule, que la liberté ne s’obtienne pas, elle s’arrache ! Afin qu’il se lève, pacifiquement, sans casse et sans dégâts, pour briser les carcans de la servitude ! Les chaînes de la domination ! Pour se sauver lui-même, sauver son pays et ses richesses ! Telles sont les vraies questions qu’il faut se poser pour le moment. Merci à toutes et à tous !
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OB a dit...
Mardi, décembre 04, 2007 7:44:00 PM
Quelques notes pour reprendre certains points de la dernière contribution de l’ami Simozrag.

Je ne sais pas si la Sharia prévient la survenance des séismes. Je pense plutôt que ce phénomène est déterminé par la tectonique des plaques. Ce que je sais en revanche c’est que son application ne garantit pas forcément l’épanouissement d’une société prospère, juste et harmonieuse. En effet, si je ne m’abuse la Sharia est la Loi du Royaume saoudien et de quelques autres dictatures de très sinistre aloi.

A tout prendre, en tant qu’amazigho-arabe de culture islamique je préfère assumer le risque de vivre dangereusement dans la démocratie Sud-Africaine (qui a effectivement beaucoup de mal à solder l’héritage effroyable de l’apartheid) plutôt que partager l’étouffement des libertés, l’archaïsme bigot, le patriarcat primitif et la corruption générale des monarchies du Golfe (et, hélas, de l’intégralité des pays arabes).

L’Islam n’a rien à voir avec ces tyrannies. Les dictatures se servent de la religion qu’elles ont défiguré pour perpétuer leur emprise sur les sociétés. L’Islam est une démarche lumineuse, toute entière tournée vers la Justice et la Spiritualité. La recherche de la connaissance et du savoir est l’un des constituants fondateurs de cette foi. Comment cette religion qui encourage l’échange et le savoir pourrait elle rejeter les « cultures importées » ? Cette notion d’enfermement et de repli sur soi revient de manière obsessionnelle chez de nombreux musulmans inquiets d’être dépouillés de leur identité. Il s’agit d’une manifestation franchement désolante de manque d’assurance.

L’Islam des origines a été une prodigieuse injection de modernité et de rationalité dans un monde médiéval obscurantiste. Les aléas de l’histoire et les régressions ont fait que la quête de science et de modernité s’est ossifiée. La rationalité a perdu du terrain. Les sociétés musulmanes ont cessées d’être dynamiques, ont reculé en se figeant dans l’observance rigide de la tradition sous sa forme la plus étroite. Nous avons gardé la Lettre et avons perdu l’Esprit du message originel. Le réveil est certes pénible mais c’est aussi un grand moment d’espérance. Qu’avons-nous à craindre des autres cultures si nous sommes surs de nous ?

Opposer l’Islam à la laïcité est pour moi un débat tronqué. L’islam n’a jamais pratiqué la conversion obligatoire ni l’inquisition. Sauf depuis l’apparition des Wahhabites sponsorisés par l’Intelligence Service. « Likoum dinoukoum ou Liya Dini », que pourrait on désirer de plus en termes d’ouverture et de tolérance ? Dans la maison de l’Islam ont vécu en paix depuis toujours des communautés de toutes confessions. Si aujourd’hui des algériens se revendiquent de l’athéisme, de l’agnosticisme ou de toute autre croyance ou idéologie, c’est leur droit absolu. Ils restent irréversiblement algériens et nul ne peut leur retirer la qualité de citoyen. Aux musulmans sages et éclairés de pratiquer l’exercice éminemment difficile mais vitalement nécessaire de l’Ijtihad.

Les algériens se cherchent selon l’ami Simozrag. Je ne sais pas si c’est exact et je ne sais même pas – si cela était vrai – s’il serait bon qu’ils se trouvent. Cela voudrait peut-être dire qu’ils auraient atteint une sorte de terminus évolutif. Les algériens sont divers et c’est très bien ainsi. Malgré cette diversité et ce mouvement, ils ne ressemblent à aucune autre nationalité. Ils sont rapidement identifiables. Avec leurs défauts (nombreux) et leurs qualités (indéniables). Sans chauvinisme aucun, je suis fier d’être né au sein d’un peuple qui malgré toutes les agressions, toutes les invasions, toutes les vicissitudes de l’histoire a su conserver sa personnalité.

Je vous prie d’excuser cette longue digression qui n’a pas beaucoup à voir avec notre débat mais je me suis senti obligé de réagir à l’intervention de notre ami.

Mais, et c'est la priorité de l'heure, je suis tout à fait d’accord avec Monsieur Simozrag quand il demande à ce que nos contributions relèvent du domaine politique et que nous puissions parvenir à arrêter les règles premières nous permettant de proposer les bases d’un contrat social viable.

Meilleures salutations

OB
____________________________________________________________
 
Brahim YOUNESSI a dit...
Mercredi, décembre 05, 2007 12:11:00 AM
Salam,

Je tiens d’abord à rassurer Mahmoud S. : ma culture n’est pas celle du putsch. En tout cas, je ne suis pas obsédé comme il semble l’être par le pouvoir ou la prise du pouvoir. Je lui renvoie son argument. Au nom de qui parle-t-il quand il dit : « … Si les participants représentés par notre ami Brahim espèrent de moi (ou de quelque autre contributeur) un programme de sortie de crise, l’attente risque d’être longue ». De l’avoir amusé, je m’amuse à mon tour. Plus sérieusement, l’essentiel est que Mahmoud S. se soit excusé. Dont acte. Un point d’accord avec notre ami Mahmoud : ce forum devrait, en effet, déboucher sur « quelque chose d’actuel et de pratique », exprimant « nettement les axes principaux de ce que nous avons en commun pour vivre en harmonie… »
Je ne veux pas revenir sur la précédente intervention de O.B, mais sa réponse à si Ahmed Simozrag comporte des points de convergences. Le débat sur l’islam et la laïcité est assurément tronqué à plusieurs égards. Nous ne devons pas, cependant, faire l’économie de ce débat. Il est, malgré tout, central parce qu’il pose la question primordiale de la souveraineté du droit qui semble préoccuper, fort justement, O.B. C’est dire qu’il est important d’épurer nos bases théoriques pour arriver à l’élaboration d’un texte sans ambiguïtés conceptuelles. Nous reviendrons sans doute sur la question qui traverse toutes les interventions : celle de l’Etat de droit (libertés publiques, usage de la force ou de la violence inclus…). Donc, rien n’est superfétatoire. Toutes les contributions sont utiles, même celles qui nous paraissent ne pas répondre aux exigences du moment.
Un mot à si Ahmed Simozrag que je salue : il est vrai que la pensée politique d’Ibn Taymiyya est complexe ; les contradictions ne manquent pas dans son œuvre politique, tous les spécialistes musulmans ou non musulmans sont d’accords sur ce point, mais l’idée de séparation est constante dans sa pensée. Pour lui l’institution califale comprise comme catégorie islamique n’est pas nécessaire. Son souci majeur, je crois l’avoir précisé, est l’application stricte de la Loi (Chari’a). Maître Simozrag doit savoir que la Chari’a stricto sensu n’a pratiquement jamais été appliquée sans que le Fiqh, ce droit jurisprudentiel, n’intervienne pour préciser et dynamiser la Loi. Très vite les écoles juridiques se sont constituées, elles portent en général le nom de leur fondateur. Chacun connaît les doctrines de ces écoles.

Salutations amicales

Brahim YOUNESSI
____________________________________________________________
 
Simozrag a dit...
Dimanche, décembre 09, 2007 9:52:00 AM
Effectivement, la question du rapport entre le Fiqh et la Chari'a n'a , à aucun moment, été l'objet de discorde entre les musulmans. Je suis entièrement d'accord avec Si Brahim dont je salue l'analyse pertinente.

Pour replacer le débat dans son contexte, j'aimerais poser cette question : Qui est-ce qui fait que les peuples musulmans réagissent moins aux injustices des pouvoirs que les peuples non musulmans ? A l’Est et à l’Ouest, des peuples se sont soulevés contre des injustices moins graves que celles qui frappent les peuples musulmans ! Des nations se sont révoltées pour changer des conditions pourtant meilleures que celles des peuples musulmans. A quoi est due cette résignation, cette léthargie qui paralyse les peuples musulmans ? La peur ? La présence de partis qui empêchent toute éventuelle réaction ou qui donne l'apparence d'un "tout va bien"? Est-ce le manque de leaders capables de traduire dans la réalité la colère des masses ?
Quel est le rôle des partis politiques face aux exactions du régime, à la colère des citoyens ?
A mon humble avis, excepté deux ou trois partis représentant plus ou moins une opposition sérieuse, la plupart des partis ne sont d’aucune utilité ni pour le pays ni pour les populations dans la mesure où ils servent de façade trompeuse faisant croire à l’existence d’un pluralisme démocratique, alors que la réalité est tout autre. Même les deux ou trois partis faisant l'exception n’échappent pas à cette triste réalité en raison du verrouillage du champ politique qui les empêche d'agir comme il se doit. A quoi sert un parti dans un espace sans liberté sinon de donner une apparence de légitimité à un régime totalitaire ? A quoi sert un parti incapable de mobiliser ses militants sinon de servir le pouvoir et d’attenter à la cohésion sociale ? Mis à part lesdits partis indépendants, les autres formations sont en réalité des officines du pouvoir tendant sciemment ou inconsciemment à maintenir le peuple dans un état d'hibernation, de division et à empêcher tout mouvement contestataire. On peut dire que ces partis représentent un obstacle majeur au changement. Par conséquent, ce sont eux qu'il faut changer en premier. Ces partis ont davantage un rôle policier que politique étant donné qu’au nom du maintien de l’ordre, ils contribuent à empêcher les populations d’investir la rue et de manifester. De là, il apparaît clairement que leur seule présence constitue un handicap au changement. Il ne reste à ces partis, pour prouver leur loyauté envers leurs militants, que la démission, l’abandon du terrain politique qu’ils occupent moins pour servir leurs militants que le pouvoir lui-même.
 
 
 


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MessagePosté le: Sam 15 Déc - 18:34 (2007)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 19 Déc - 16:28 (2007)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

D. Benchenouf

Pour moi dont l'enfance a été bercée par l'amour immense que ma mère vouait au prophète de l'Islam(QSSSL), notre religion est toute faite de douceur et de droiture. J'ai appris par la suite toutes les lectures réductrices qui en ont été faites. Je sais, pour m'y être intéressé, que l'on peut faire dire tout et son contraire à toutes les religions, que d'aucuns usent de lectures étriquées et sorties de leur contexte pour faire de l'islam une religion de guerre, de haine, de domination et de ségrégation en tous genres, dont celle, honteuse, contre nos mères, nos épouses, nos soeurs et nos filles. Nous n'étions pas comme nous sommes aujourd'hui. Nous étions nous mêmes, imprégnés d'une religion de douceur et d'exemplarité. De l'Islam, nous mettions en avant les commandements qui nous faisaient avancer. En voici quelques uns que nous serions bien inspirés d'appliquer, même si nous ne sommes pas pratiquants, et qui sont tellement plus importants qu'une longueur de barbe, ou qu'une largeur de hidjab:
"La propreté procède fait partie de la foi." "Et si quelqu'un d'entre vous se met à un travail, qu'il s'applique à bien le réaliser." "Qui supprime une vie, c'est comme s'il avait tué l'humanité entière, et qui sauve une vie, c'est comme s'il avait sauvé l'humanité entière." "Buvez et mangez, mais ne gaspillez pas, car le gaspillage est l'oeuvre du démon." "Appliquez vous à rechercher la science, du berceau au tombeau!" "la réflexion d'une heure vaut mieux que l'adoration d'une année." "Si tu n'as pas de pudeur, fais ce que tu veux!" "Couvre les défauts de tes frères, Dieu couvrira les tiens!" "Le plus méchant des gens est celui que l'on honore par crainte de sa méchanceté" "Celui pour qui est née une fille et qui ne lui fait pas de mal, ni ne l'humilie, ni ne lui préfère ses enfants mâles, Allah le fera entrer au Paradis." "Les meilleurs de vos enfants sont vos filles" "Le sang, les biens et l'honneur de tout Musulman sont sacrés (inviolables) pour tout Musulman." "Il n'est pas permis à un Musulman d'effrayer un Musulman"
Voilà une infîme partie des merveilles que recèle notre religion. Des valeurs qui font avancer les humains. Des valeurs qui nous préservent de nous même et des autres. Ceux qui se sont auto-proclamés nos guides et nos rédempteurs, et qui usent de notre religion comme d'un fonds de commerce pour nous dominer et nous contraindre, seraient bien inspirés de méditer tout le côté lumineux de l'Islam. Une religion de lumière, et non une arme redoutable entre les mains de fous dangereux. Ceux dont l'âme sombre et mauvaise penchent vers le mal et la contrainte violente.

D.BENCHENOUF


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MessagePosté le: Dim 27 Jan - 22:37 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Appel-Algérie un forum qui se veut rassembleur. Or les intellos entre eux ne semblent pas d'accord et même s'ils étaient d'accord il faudrait qu'il puissent être compris. Mais pour être compris il faudrait qu'ils quittent leur spécialisation, leurs livres et leurs concepts savants pour nous expliquer grosso modo ce qu'ils veulent dire par des mots simples que nous puissions comprendre aisément sans nous fouler le cerveau. Il semble qu'ils ne le veulent pas, où qu'ils ne peuvent pas. Où bien peut être qu'en élevant le niveau de la sorte vers des cimes inaccessibles pour le commun des mortels ils veulent démontrer leur savoir. Le savoir à mon humble avis, s'il ne peut être mis sur le terrain de la praxis, ne vaut "rintitou". Ce qu'il nous faut c'est déterminer quoi et comment car le pourquoi tout le monde le sait et depuis très longtemps et nous n'avons pas besoin de discourir longtemps sur lui. Une fois que nous aurons déterminé le quoi et le comment nous définirons dés étapes pour y arriver. Le message du pouvoir passe parceque ses slogans sont faciles à retenir et à comprendre, les "thawabit" ça rentre tout de suite et ça balaie une large base. Tandis que nos élucubrations réclament une concentration maxi pour être assimilées et comprises. Pour avoir une base la plus large possible, car sans elle aucune action n'est envisageable n'est ce pas , ce n'est pas ce forum qui va apporter en lui même quelque chose a moins qu'on soit en utopie (avec tout mon respect pour l'initiative du Docteur SIDHOUM), nous devons nous armer de concepts simples, de slogans compréhensibles tout de suite et par tous et les faire partager. Et pour les faire partager il faut qu'ils véhiculent des idées simples évidentes et acceptables par tous. Au lieu de parler de laicité concept qui renvoie à l'organisation de l'église catholique et à sa relation avec le monde occidental au moyen âge, disons plutôt islam moderne par opposition à islam obscurantiste, il me semble que cela passe mieux, en tout cas chez moi et chez la majorité des Algériens à mon avis, mais peut être que je me trompe. En parlant de l'islam et de la république distinguons entre l'apport de l'islam dans le droit positif qui devrait être limité aux dispositions qui conservent des sanctions applicables dans le droit contemporain et l'islam dans la société, dans le premier cas, l'état ne pouvant déléguer aux individus l'application de la sanction de la règle de droit comme dans le cas de la répudiation l'esprit de la loi coranique doit être privilégié sur sa lettre et l'état peut s'affirmer, tandisque dans le domaine social la religion est l'affaire des citoyens. Tiens je me mets à parler comme les autres, je crois qu'il vaut mieux m'arrêter ici. Bien à vous mes chers fères qui voulez le bien de notre bien aimé pays. A mon sens, le discours de l'intellectuel, dans le contexte du forum bien evidemment, s'il n'arrive à atteindre la base et a avoir un impact sur elle serait totalement stérile. Pour l'atteindre il ne doit pas se suffire du forum, d'autres moyens de diffusion sont à penser et mettre en place et pour avoir un impact, la forme du discours doit être pensée dans ses moindres détails, surtout au début, afin d'élargir la base graduellement. Réfléchissons ensemble, réfléchissons pratiquement, de manière pragmatique, je pense que les querelles doctrinales n'ont leur place ici que dans la mesure ou elles peuvent être suffisamment vulgarisées pour être comprises par tous les membres du forum et ses visiteurs, qu'ils soient simples travailleurs, étudiants, cadres, ou universitaires sinon elles ne feraient que diviser ou tout au moins allonger la durée des débats et retarder l'éventuelle action. Dans le contexte national bouché qui est le notre, les Algériens ont besoin d'espoir, donnez leur de l'espoir et ils vous suivront mais ils n'ont plus confiance dans les discours savants et creux car l'autorité au sens littéral à disparu, aucun diplôme ne confère de statut social, aucune position dans la hiérarchie sociale ne confère le respect, aucun métier ne permet à son pratiquant de recueillir la confiance des gens, car la confiance, fondement essentiel de l'autorité à disparu en raison de pratiques que tout le monde connait . Je vous remercie de votre patience.
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MessagePosté le: Lun 4 Fév - 23:39 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Je vois des mosquées pleines à craquer, des moutons à n'en plus pouvoir le jour de  l'Aïd, des femmes majoritairement avec un foulard pour couvrir leur chevelure, des agences qui affichent "complet" pour El Haj et pour El Omra, peu importe le tarif et pourtant et pourtant la religion a t'elle pris la place espérée au sein de la république ?
où est la connexion entre la foi, les rites et la lutte ? peut on prétendre croire en dieu et rester aussi muet et aussi sourd, Allah n'a t'il pas sacralisé la vie par dessus tout ? ne s'est il pas interdit toute forme d'injustice ? n'a t'il pas élevé les savants et le savoir au plus haut degré ?
Les Algériens au petit matin faisaient semblant de ne pas voir les cadavres des suppliciés jetés la veille, et se sont accommodés de"X-Algérien(ne)", les Algériens dépensent un argent fou pour faire du tourisme religieux et donner leur argent aux wahabites sans se soucier des bases américaines postées sous le nez de la Mecque négligeant du coup l'importance de la visite de la sainte mosquée "d'El Kods", peut être se sont ils définitivement résignés aux thèses sionistes, les Algériens ont institutionnalisé  la "rachwa" comme mode de vie et de survie et appellent cela "hadiya", alors lorsqu'on évoque la place de la religion dans la société, j'ai peur et j'ai honte, peur de cette pratique ritualiste et presque folklorique,  peur du modèle religieux qui taxe de "fitna" toute opposition, j'ai peur de ces analphabètes qui sont déjà parmi nous propageant  l'obscurantisme et légitimant la misère par l'ultra libéralisme des généraux; en même temps j'ai honte pour ces musulmans qui ne réagissent que par la charité oubliant au passage le droit et la dignité humaine.
Pour revenir à la place de la religion dans la république j'ai surtout envie de savoir où se situe notre république et notre société par rapport à la religion ? sans liberté de penser, sans élite scientifique et surtout sans pensée révolutionnaire (car la force de l'islam est dans sa capacité à tout révolutionner, à tout moment et en toute circonstance)  nous resterons dans la logique des "thawabites" et du creux.
Je voudrais conclure en disant que ce n'est pas à l'Etat de se démarquer par rapport à la religion (comme ne cessent de le radoter nos sinistres laïco-démocratico-érradicateurs), mais plutôt l'inverse, c'est à la religion à travers ses élites, de se démarquer de la république et d'être en permanence le "garde fous" des libertés et des libre pensées, si la république doit incarner la légalité, la religion doit consacrer la légitimité de toute chose et de tout pouvoir surtout. Zarfa.
_________________
Devrons nous encore avaler ces thèses de quaida maghreb, île de Bali ! Ben Laden de sa grotte derrière ces attentats, un scénario trop Clownesque m. pour tintin ce qui compte c’est assurer le pétrole éviter le TPI aux Janviéristes..


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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Mar 12 Fév - 14:39 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Salam, azul

L’islam est consacré religion de l’Etat par toutes les constitutions algériennes  (1963, 1976, 1989 et 1996). En même temps, à l’exception du statut personnel, le droit algérien ne comporte aucune disposition du droit islamique. Le droit français a, en effet, continué, longtemps après l’indépendance, à régir la société algérienne. Même si le droit s’est, au fil des années, algérianisé, il a continué, cependant, de subir l’influence du droit français, il ne s’est pas du tout islamisé contrairement à l’opinion généralement répandue. Le droit algérien est un droit positif de type laïc ; il est élaboré par un législateur humain qui  s’est si peu inspiré du droit musulman. En dehors, répétons-le, du code de la famille. Alors que l’Egypte, par exemple, fait des principes de la Shari’a la source principale de sa législation (article 2 de la constitution égyptienne). La guerre livrée à la Shari’a n’est pas compréhensible dans la mesure où, d’une part, le droit sacré musulman ne statue, comme le reconnaît Max Weber lui-même,  qu’à propos de quelques institutions fondamentales, et, d’autre part, il tolère la formation d’un droit profane, bien que celui-ci reste subordonné, en principe, au droit sacré. Le droit musulman a même incorporé, intégré dans son corpus juridique et législatif les droits coutumiers. Le processus de sécularisation de la société algérienne par le droit avait donné au père Henri Sanson l’audace de parler dans un de ses ouvrages de « laïcité islamique algérienne ». La sécularisation à l’œuvre, notamment durant l’ère Houari Boumédienne a désacralisé des pans entiers du champ social algérien. Séparé de la religion, le droit sert incontestablement le pouvoir.
La revendication de séparer le politique et le religieux en Algérie me semble, de ce point de vue, ne pas avoir d’arguments solides pour au moins deux raisons : la première tient au fait qu’il n’existe pas de clergé en islam, en particulier chez les sunnites qui ne reconnaissent aucun pouvoir religieux. La seconde est que la ligne de démarcation entre les idées politiques et les idées religieuses est très difficile à établir. Les idées religieuses sont des idées politiques et les idées politiques peuvent être religieuses. De ce fait, la laïcisation des institutions en Europe n’a pas exclu du champ de l’expression politique les partis à tendance religieuse comme le MRP en France, la Démocratie chrétienne en Italie ou en Allemagne dont la chancelière actuelle est membre de la CDU. Une organisation internationale des partis démocrates chrétiens a vu le jour et un parti européen démocrate chrétien siège à l’Assemblée européenne de Strasbourg.
Bien comprise, la laïcité qui n’est pas l’athéisme ne devrait pas poser de problèmes canoniques au musulman, l’islam ne connaissant ni organisation ecclésiale ni pouvoir religieux comme dans le christianisme.


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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Mer 13 Fév - 23:48 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Salam, azul

Ce papier est le résumé d'une intervention faite en janvier 1991 dans le cadre du "Cercle octobre 88" qui nous avions fondé avec d'autres intellectuels algériens immédiatement après les "émeutes" du 5 octobre 88. Je me permets de le livrer à la lecture et aux critiques de notre forum sans en avoir au préalable informé son auteur A.H qui j'en suis certain n'y trouvera aucun inconvénient. Certains passages de cette intervention me paraissent assez prémonitoires ; écrit en jaannvier 1991 c'est à dire un an avant le coup de force du 11 janvier 1992 par lequel les élections législatives remportées par le FIS ont été annulées. Il me paraît aussi répondre aux préoccupations des initiateurs de ce forum et de ce débat.

A propos du débat actuel sur l’islam
 

Certaines conceptions sont dépréciatives de l’identité politique islamique. Elles  la conçoivent comme une tare rédhibitoire à la pensée critique, l’esprit libre, à la raison, au progrès, « legs des lumières » ! Elles laissent entendre que la communauté islamique n’a pas d’elle-même la force de se dégager  de son intégrisme fanatique pour aller vers la modernité, évidemment incarnée par le modèle occidental de l’économie, des finances, de la culture, de la science, de la technologie… elles présentent les islamistes comme des énergumènes exaltés par leurs passions, aveuglés par leurs préjugés, emportés par leurs pulsions, victimes de leurs atavismes et au mieux noyés dans leur affect, dans leur monde magique et dans leur extase collective.
Parce qu’ils se sentent irréductiblement différents et s’assument tels dans leur pratique quotidienne, elles les diabolisent et les vouent aux gémonies. Elles leur imputent des attaques sacrilèges contre la sécularisation, les droits de l’homme, la démocratie… en attendant peut-être de les accuser de « crimes contre l’humanité » !
Certes, les vues schizophréniques ne se commandent pas. Encore faut-il noter que l’on commence toujours par la très louable volonté de sauvegarde des aspects positifs de la puissante acculturation générée par la longue domination étrangère, pour dériver dans la  nostalgie du plasma colonial, puis dans l’auto flagellation, ensuite dans la haine de soi, pour aboutir à l’enchantement salvateur de  la servitude volontaire. Ce processus est plus aisé, plus « raisonnable » et surtout plus « payant » pour les clercs. Car relever le défi intellectuel de l’identité communautaire et assumer ses conséquences dans les différentes sphères de la vie sociale, n’est pas une sinécure ! Ceci dit, chacun demeure responsable et libre de ses quêtes et de ses choix.
Quoi qu’il en coûte à certains, il convient de rappeler que l’Histoire humaine n’est pas unilinéaire et certainement pas occidentalo-téléologique. Qu’il existe d’autres mémoires collectives, d’autres systèmes de sens, d’autres projets souverains de nécessaire dépassement de soi, d’autres visions du monde… Que la modernité n’est pas unidimensionnelle. Que les difficultés liées à cette dernière ne se résolvent pas en termes de transfert, d’imitation ou de conformité aux canons de « l’universel » institué par l’Occident et fondé sur son pouvoir. La modernité authentique est par essence auto fondation de la communauté concernée. Elle est, entre autres, pratique particulière d’appréhension des problèmes concrets de la vie réelle des peuples et modalité spécifique de détermination des priorités, dans la liberté et en pleine souveraineté.
Restent quelques questions préjudicielles à propos de développements sur certains aspects de l’islam. Combien de temps faut-il supporter l’interpellation de l’islam de l’extérieur et à propos de préoccupations de ses contradicteurs irréductibles ? Combien de temps faut-il endurer son questionnement selon les critères et les normes de ses adversaires déclarés ou potentiels ? Combien de temps faut-il se résigner à lui faire subir les tests de disqualification de ses détracteurs professionnels ou amateurs ?
Les inoculations de l’islam en fonction des intérêts et des besoins de ses ennemis jurés ne sont ni possibles ni tolérables. Même plein de candeur et gros de componction, l’outrage de leurs émules autochtones, ivres de l’air du temps, recèle objectivement du contenu politique et doit être dévoilé et combattu pour ce qu’il est. Rapporter l’islam à des catégories théoriques « modernes » ou même quelquefois disserter pertinemment sur ses dogmes centraux, c’est le job des néo-orientalistes à l’intention de « leurs » sociétés. Cela n’a rien à voir avec l’interpellation permanente de l’islam de l’intérieur, selon sa logique, par et pour les siens.
Quoi qu’il en soit, l’exégèse de l’islam et à fortiori sa lecture à travers des concepts exogènes ne permettent pas d’appréhender la réalité de la communauté islamique. Dans les analyses socio-politiques, il n’est pas concevable de s’en tenir exclusivement à l’islam en tant que foi sacrée, il faut en venir immédiatement aux agents sociaux imprégnés d’islamité. Le discours sur les acteurs porteurs d’islam traite ipso facto de réalité sociale concrète. Cela met en évidence l’importance cardinale de l’islam pour une communauté qui s’en prévaut, par ailleurs, comme,
-         principe organisateur,
-         opérateur de cohésion sociale,
-         lieu d’intersubjectivité,
-         fondement de stabilité dynamique,
-         garant d’existence et de persistance en tant que sujet d’action historique.
En tout état de cause, en Algérie l’islam n’est pas une affaire privée généralisée, une alternative, une dernière chance et encore moins un barrage à une modernité auto-produite. Il y est un donné incontournable, un fait social séculaire implacable collectivement vécu.
 

Cercle octobre 88
Paris, janvier 1991


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Brahim YOUNESSI


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Inscrit le: 28 Jan 2008
Messages: 83

MessagePosté le: Lun 18 Fév - 23:27 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Salam, Azul,

Les intellectuels juifs de langue française tiennent tous les ans un colloque sur un thème précis. En 1977, par exemple, pour leur 18ème colloque, ils ont débattu de « la Communauté musulmane ». Ce n’est pas ce débat qui nous intéresse ici, mais le 20ème colloque tenu à Paris, deux ans après, du 24 au 26 novembre 1979, dont le sujet « Politique et religion » ne peut qu’attirer notre attention et aiguiser notre curiosité. Les actes de ce colloque que chacun d’entre nous devrait lire ont été publiés en 1981 par les éditions Gallimard, dans la collection Idées. Des intellectuels de renom comme le philosophe Emmanuel Levinas qui a donné une leçon talmudique ou Jacques Ellul, professeur de droit, qui s’exprimait en tant que chrétien sur cette question, ont apporté leur savante contribution à ce débat que nous tentons, à notre tour, d’avoir entre nous. En toute modestie, il va sans dire.
Il m’a semblé, encore une fois, utile d’entendre d’autres voix et de découvrir la pensée des représentants des autres religions et cultures sur ce sujet.
Preuve que les musulmans ne sont pas les seuls à être confrontés à cette problématique. La relation ou l’absence de relation entre la politique et la religion continue encore aujourd’hui a soulevé des controverses dans presque tous les pays dont les sociétés pourtant très largement sécularisées ou laïcisées connaissent un retour du religieux dans l’espace public alors qu’il a été jusqu’à maintenant maintenu dans l’espace privé.
Pour alléger ma tâche et peut être faciliter la lecture, je ne reproduirais que les passages qui me paraissent significatifs sans altérer ou dénaturer la pensée de l’auteur.
Chargé d’animer une Table ronde à laquelle participaient Alain Besançon, Jacques Ellul et Bernad-Henry Lévy, Emile Touati commence son propos en disant que  « ‘Politique et religion’, ce sont deux frères siamois ou, pour reprendre plutôt la lecture biblique d’hier (je précise : celle de Levinas), deux frères jumeaux et ennemis, comme Jacob et Esaü. En général, ces deux termes ne font pas très bon ménage, et d’ailleurs quand ils font bon ménage, c’est souvent pire, comme nous l’avons vu à plusieurs reprises dans le passé (…). Quand l’église catholique s’est emparé des structures de la Rome impériale et a épousé ces structures, cela n’a pas été une très bonne chose pour la spiritualité. (…) Pourtant, entre politique et religion, il y a des rapports nombreux. (…) Que signifie en fait le messianisme juif, sinon l’espérance profonde que ces deux parallèles finiront par se rencontrer ?
Bien sûr, la solution proposée, et qui semble évidente sur le plan logique, est celle de la séparation : séparation des églises et de l’Etat. (…) Mais il faut bien s’entendre sur ce terme « séparation ». Il ne s’agit absolument pas d’une dichotomie, mais d’une séparation fonctionnelle, opérationnelle, organique, au sens où Montesquieu parlait de « la séparation des pouvoirs. » Il s’agit plutôt d’un équilibre des pouvoirs qui se contrebalancent  que d’une opposition totale et complète, pas d’une vivisection entre la politique et la religion. L’expression « Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu » ne résout en aucune façon le problème, parce qu’il faut ensuite s’interroger sur ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à César, et, rappelons-le, cette formulation a été exprimée surtout pour faire payer des impôts. En fait, depuis des siècles, c'est-à-dire pratiquement depuis la Révolution française et le mouvement des idées qui l’a préparée, il n’y a pas de réelle séparation entre la religion et la politique, mais un processus continuel de refoulement du religieux par le politique. Et cela se voit aussi bien dans la laïcité agressive et intolérante d’une partie de l’opinion ou de mouvements politiques que dans la création de pseudo-partis religieux…
Ce refoulement du religieux par le politique se fait à la fois vers le passé, vers le haut, vers l’intime. Vers le passé, cela consiste à faire de la religion en quelque sorte une doctrine « rétro » (…).  On assiste aussi à un refoulement vers le haut : c’est la distinction du ciel et de la terre, du spirituel et du temporel, et à un refoulement dans le domaine strictement privé. Tout ce qui est public, tout ce qui est collectif, est de l’ordre du politique. La religion n’est plus qu’une affaire privée, purement individuelle … Toute vie religieuse est ainsi cantonnée dans un petit ghetto bien clos. Sur le Juif, rappelons à ce propos la formule : ‘Juif à la maison, citoyen au dehors’. »

Cette formule peut tout aussi bien être appliqué au musulman si l’Islam est, bien sûr, rejeté dans un espace bien clos, comme le dit E. Touati.
Je reviendrais sur ce cette intervention et les autres plus tard, en espérant qu’un débat s’engage entre nous sur ce thème important.


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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Lun 18 Fév - 23:47 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Correction 2ème paragaphe, 3ème ligne ... continue encore aujourd'hui à soulever...

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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Mar 19 Fév - 21:49 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Salam, Azul,

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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Mar 19 Fév - 21:50 (2008)    Sujet du message: La place de la religion dans la République Répondre en citant

Salam, Azul,

Voici la suite du débat qui continue sur la relation du politique et du religieux.
 

Emile Touati
 

(…) « La religion a été successivement privée de toutes les compétences qu’elle exerçait auparavant, aussi bien en matière d’état civil, d’éducation, de bienfaisance, de solidarité sociale, de soins, et tout cela au profit du politique, et du politique seul. Le politique s’est même substitué au religieux dans la formulation des ‘fins collectives’, des ‘projets de société’, de nouvelles morales. »
(…)
« Ce n’est pas au judaïsme que l’on apprendra  que la loi d’Etat, la raison d’Etat, n’est pas la raison suprême, et qu’au dessus de la loi positive, il y a une loi, que l’on peut qualifier de naturelle ou autre, qui est supérieure à la loi positive. Nous n’avons pas attendu Antigone pour proclamer que les lois de l’Etat ne constituaient en aucun cas des absolus ou des impératifs catégoriques.
(…)
A propos de la signification « de la formule dina de malkhouta dina (« la loi de l’Etat, c’est la loi »), c’est simplement que la loi de l’Etat (et encore s’agit-il de la loi d’Etat légitime) est applicable et opposable à la loi religieuse dans les questions matérielles et patrimoniales, mais pas du tout dans les questions religieuses et rituelles, et pas même sur le plan du statut personnel (par exemple, un divorce civil n’est pas reconnu religieusement. Dans tout ce qui concerne ce que l’on appelle en hébreu issour veheter (obligations et prohibitions morales et rituelles), la loi de l’Etat ne peut être contraignante. »
(…)
« L’Etat est lié à la violence, à l’appareil répressif, mais en même temps il aboutit à l’échec, tandis que la religion produit des convictions et des comportements, car elle est sans contrainte, une véritable auto-régulation et une ‘volonté générale’ »
(…)
… Quelles sont aujourd’hui, dans notre monde actuel, les chances d’une authentique laïcité moderne, où la religion ne serait plus ni parente pauvre, ni servante à gages, ni belle-mère abusive ? »
 

Dès le début de son exposé, Jacques Ellul a marqué son point de vue. Il a utilisé des mots forts pour qualifier la politique. « Je pense, a-t-il dit, que dans notre monde occidental actuel, la politique c’est l’incarnation la plus parfaite du mal. Je présenté trois points de vue : 1) la politique est le lieu du démoniaque, 2) la politique est le lieu du mensonge, 3) la politique est le lieu de la puissance. »
(…) En même temps, la politique est le lieu de « diavolos, le diavolos du Nouveau testament, c'est-à-dire le diviseur.
(…) Un protestant de gauche est un ennemi d’un protestant de droite et très ami d’un catholique de gauche. Les Eglises sont divisées par la politique.
(…) Le seul fanatisme actuel que nous connaissons est un fanatisme de type politique. » (…) Pensez par exemple à la liberté. A quoi a-t-elle donné naissance ? Au libéralisme. Le libéralisme, ce n’est pas tout à fait la liberté. » (…) « C’est la politique  qui pervertit les meilleurs intentions par la passage dans le mensonge. »
(…) « Il s’agit de s’engager dans une lutte contre le fait politique, ce qui ne veut pas dire que
la religion doit prendre sa place. Il ne s’agit pas que la religion se mette à ‘faire de la politique’, que l’homme de religion se mette à prendre le pouvoir. »
(…)
« …Il ne faut pas confondre la loi biblique avec la loi juridique. Car la loi juridique a totalement changé de caractère du fait de la domination du droit par la politique. »
                                                                                                             


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:58 (2017)    Sujet du message: La place de la religion dans la République

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