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La question de l’identité et de la langue tamazight
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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Lun 25 Fév - 22:42 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

salam, azul,

Notre pays n'est pas le seul dans le monde à être confronté à cette question linguistique. J'ai précédemment évoqué le cas belge. Voici un petit papier qui résume assez bien la situation de ce pays.

Le pays aux deux langues
Par Michèle Delaunay, samedi 24 novembre 2007 à 13:31 dans Journal  
"Ma patrie, c'est la langue française", disait Camus. Les Belges, depuis des décennies, démontrent la profondeur du propos et la tension est aujourd'hui à son comble. De part et d'autre, on se dit que c'est cette fois sans retour, mais on se souvient aussi qu'on l'a pensé bien souvent depuis 30 ans (1977) qu'a été faite la partition de la Belgique en trois régions (Bruxelles, Wallonie et Flandre). 
"Sans Bruxelles, il y a belle lurette que la séparation serait consommée", me disait un compagnon de train, fatigué de voir son pays s'épuiser en chicanes et en haines accumulées. Les Flamands se sentent humiliés d'être les moins nombreux jusque dans leur propre territoire, les Wallons n'en peuvent plus de voir la moindre parole en français sanctionnée, la moindre demande de traductions faire l'objet de tractations et de chicanes sans fins quand ils ont le malheur d'habiter du mauvais côté de la frontière linguistique. 
Un sondage récent montrait que la majorité des Français étaient favorables à un rattachement de la Wallonie à notre territoire national. Comme mon Belge voyageur, j'ai envie de dire: "...et Bruxelles ?". En faire une ville européenne, créer pour elle un nouveau statut ? 
C'est bien sûr aux Belges de décider. Une manifestation a eu lieu à Bruxelles le 18 novembre pour l'unité de la Belgique, pour réagir contre les partis flamands et francophones qui n'ont depuis cinq mois pas réusssi à se mettre d'accord sur un gouvernement. Cent quarante mille personnes ont signé une pétition sur internet allant dans ce même sens de l'unité. Il n'en reste que dix millions à convaincre.. 
Il y a du malheur partout. Heureusement, nous avons la langue française ... 


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MessagePosté le: Lun 25 Fév - 22:42 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 27 Fév - 18:08 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Ils sont des nôtres! 
 
Je crois qu’il en est des communautés, comme il est des braises ardentes. Lorsqu’elles sont avivées, les braises finissantes irradient de lumière et insufflent le feu sacré  au bois mort sous lequel elles couvaient. Et la flamme naît de cette union, de cet élan vers l’autre. Le bois et la braise se consumeront dans la flamboyance et la chaleur. Les deux renaîtront sous d’autres formes, pour aller fertiliser la terre, pour se fondre dans le fleuve de vie, dans un cycle infini de transfigurations, d’échanges, de naissances, de vitalité, de mort, puis de renaissances. D’une perpétuelle union entre des entités fécondes.
Les braises qu’on isole sous un éteignoir s’enlisent doucement dans les cendres de leurs ardeurs passées, comme une vie qui se recroqueville et s’éteint en elle-même. Il en est ainsi des communautés qui s’enferment dans leurs murs identitaires. Elles auraient pu s’ouvrir aux autres cultures et aller vers elles, sans crainte de perdre leur âme. Elles en auraient été fécondées et enrichies. Elles se seraient affirmées dans une authenticité renouvelée, dans ce creuset de la mémoire collective qui a, sans cesse, besoin d’être avivée. C’est de ces rencontres des cultures et d’enrichissement réciproque que naissent les grandes civilisations. Des harmonies culturelles qui traversent les âges et hissent l’humain vers le beau, vers l’utile, vers l’infiniment  spirituel.
Un bel exemple pour moi, dans ce sujet que nous discutons, est celui de Hadj M’hamed el Anka. Ce phare d’une des formes les plus emblématiques et des plus enrichies de notre être profond : le Chaabi.
Kabyle, et fier de l’être, cet homme, plutôt que de se racornir dans la glèbe et la culture ancestrale qui étaient en lui, profondément ancrées, a eu la force de se délester, sans se renier, d’un instinct grégaire réducteur, pour entrer de tout son être dans la culture de l’autre, du citadin, du compatriote et du coreligionnaire. Il a forcé le mur d’une culture élitiste et hermétique, qui s’éteignait doucement sur sa propre cendre, depuis qu’elle n’était plus que l’expression nostalgique et languissante, presque gémissante, d’une Andalousie perdue. Il lui a communiqué la vie, en y mettant un talent vif et vigoureux, le sang neuf d’une Kabylie vivace et passionnée. Cet art finissant, tout de complaintes et de sanglots, en sera vivifié. Le Chaabi venait de naître, ou de renaître. La rencontre d’un enfant de la Kabylie littorale avec les vielles complaintes andalouses mauresques, savantes mais asséchées, allait donner vie à un art nouveau, qui continuait de prendre racine dans une longue mémoire, mais qui venait d’être revivifié. Comme une vielle souche qui reverdit. Cette fusion eut des effets d’une infinie profondeur sur l’âme de la société, dans les tréfonds même de La personnalité et de l’identité algérienne. Et les fruits délicats et savoureux qui en sont nés continuent de faire notre extase, d’exprimer notre être profond.
On pourrait être tenté de croire, en me lisant, que je recommanderais insidieusement aux militants de la cause amazighe de se diluer dans la masse ambiante. On se tromperait. Parce que je suis de ceux qui croient que notre salut est dans la préservation de notre identité, de notre langue, ou de nos langues, et de nos valeurs propres. Je crois aussi qu’il n’y a pas de sous-langue. Une langue n’est vernaculaire que si elle se limite à la seule communauté qui la pratique. Mais je déplore pourtant ces frilosités hérissées de certains milieux berberistes, ou plus précisément kabyles. Ils sont, souvent à juste raison, habités par une peur presque maladive, de se laisser dépouiller des attributs les plus emblématiques de leur culture. A juste raison disais-je, puisque nous savons tous cet acharnement d’apprentis sorciers qui ont cru nous transformer en l’ « Homme nouveau » ; En extirpant de nos tréfonds ce qui constitue le cœur battant de notre personnalité : la langue ! Pourquoi ont-ils osé une telle entreprise ? Etait-ce pour nous affaiblir et pouvoir ainsi nous modeler à leur convenance ? Etaient-ils aveuglés au point de ne pas avoir compris qu’ils tentaient de tuer l’être profond de leurs compatriotes, comme aucun autre envahisseur n’avait pu le faire avant eux ! Ces peuples berbères et berbérophones avaient traversé les siècles et les civilisations sans se dénaturer. Ils nous ont gardé intact et encore plus riche l’héritage millénaire de la langue et de la culture berbère. Nombreux parmi nous ont semé, au fil du temps et des vicissitudes,  leur langue originelle sur le long du chemin tortueux que leur Histoire a pris. Parce que la plaine et les grands pôles humains sont des lieux de rencontre où se brasse tout ce qui y arrive, bon ou mauvais. C’est pour cela que nous devrions être reconnaissants à nos compatriotes berbérophones d’avoir su rester les gardiens vigilants de notre patrimoine commun.
Ah, si plutôt que d’être réprimée et marginalisée, la langue berbère avait pu être l’objet de la sollicitude collective ! Nous aurions pu nous la réapproprier, la choyer. Comme un être cher. Pourquoi nos enfants, mêmes arabes, même arabobèrbères ne l’apprendraient-ils pas ? De la même manière que nos compatriotes berbérophones apprennent l’arabe. Oui, le français et l’anglais nous ouvrent un chemin sur le monde, mais le berbère nous ouvrirait le chemin des cœurs de nos propres compatriotes. Faisons en sorte de promouvoir cette langue ancestrale, de l’entourer de nos soins. Faisons en une langue de modernité et d’ouverture. Faisons en sorte que nos enfants puissent la maîtriser, qu’ils puissent la parler. Qu’ils puissent, demain, se parler.
L’arabophobie exaltée, et même l’islamophobie, ont trouvé dans le grave malentendu qui nous agite, un terreau fertile pour nous diviser et semer la haine dans nos vies. Elles sont devenues les étendards de ralliement d’extrémistes dont les objectifs inavoués sont de déchirer la nation algérienne. La bombe à retardement de la politique berbériste de la France est sur le point d’exploser. Et puis sont venus s’y joindre des vents mauvais. Ces extrémistes et ces outils, souvent inconscients, de complots sournois, crient que l’arabe veut tuer leur langue maternelle. Ils n’hésitent pas à faire le lien avec l’islam, dont ils disent qu’il a été la cause de l’implantation de la langue arabe dans notre pays. Puis de haine en haine, ils vilipendent tout ce qui a la moindre relation avec l’arabe et les Arabes. Poussant jusqu’à l’excès et la démesure une vindicte ravageuse. J’ai parcouru certains sites berbéristes qui se spécialisent dans la haine  des Arabes et j’en ai été meurtri par l’insoutenable discours qui y sévit. Je sais pourtant que cette minorité très remuante, toute à sa haine inextinguible, ne représente pas nos compatriotes berbérophones. Mais cela m’inquiète néanmoins, parce que je sais comment sont nés des guerres civiles atroces. Parce que des extrémistes haineux ont porté des situations qui auraient pu être réglées par la discussion, à leur exacerbation et à leurs points de rupture.
Ces tribuns de la haine et de la division ont su mettre à profit l’absence d’un Etat sain et démocratique pour combler l’ignorance par de l’ignorance. Ils ont pu mettre à profit le désespoir de nos jeunes pour les emplir de haine. L’anti-arabisme est devenu une sorte d’exutoire. Les Kabyles ont pourtant eu avec leurs compatriotes arabes et arabobèrbères une relation fusionnelle. Ces extrémistes se gardent bien de dire aux jeunes berbéristes passionnés que de toute la berbérie en Afrique du Nord, la grande Kabylie a été peut être la seule région qui a été islamisée pacifiquement. Non pas par des armées islamistes triomphantes, mais par des prédicateurs pacifiques qui gravissaient les nids d’aigle kabyles pour répandre la parole d’islam. Les armées des foutouhètes n’investissaient que les plaines. Les montagnes ne présentaient qu’un intérêt minime pour elles. Au sens vénal du terme. Les Kabyles ont massivement embrassé cette religion parce qu’elle était conforme à leur organisation sociale, à leur sobriété, à leurs principes égalitaires. C’était alors un islam révolutionnaire, de justice et de droiture. Pas celui des fanatiques embaumés à l’ambre synthétique. Plus tard, pendant les premières décennies de l’occupation française, les Kabyles résistèrent farouchement à la campagne d’évangélisation du Cardinal De Lavigerie qui avait fait de la Kabylie une cible privilégiée. Même pendant les périodes de disette les plus noires qu’ils ont connues, les Kabyles préféraient mourir de faim que d’abjurer l’Islam. En ces temps là, avant que l’action sournoise de la politique berbériste de la France, puis celle des Arabistes et surtout celle révoltante d’arabisation forcenée de Boumediene, ne fassent leur œuvre, l’Islam et l’appartenance fraternelle à l’arabité étaient portée aux nues dans la société kabyle. Les familles kabyles qui avaient des alliances avec des Arabes portaient la particule « Si » devant leurs noms. Les noms et les prénoms « Mohand »(Mohamed) Fadhma(Fatima) et « Larbi » (l’Arabe) y étaient et  y sont encore très répandus. Le sentiment d’appartenance à une nation qui s’appelle l’Algérie, forgé dans la lutte commune contre l’oppresseur, était incontestable. En ces temps là, ceux qui font  leur fonds de commerce de l’arabophobie et de l’islamophobie, n’auraient pas pu prospérer comme ils le font aujourd’hui.
 
Mais rien n’est perdu ! Il nous faut revenir sur nos pas et refaire ensemble le chemin que nos ancêtres avaient fait ensemble, dans leur marche vers l’aurore. Nous sommes tous à blâmer, car nous nous sommes négligés les uns les autres. Et nous avons permis aux pires d’entre nous de guider nos pas. Vers l’abîme ! Nous pouvons nous ressaisir et nous retrouver. Nous pouvons, ensemble, créer de si belles harmonies.
D.Benchenouf
 


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Abdelkader DEHBI


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MessagePosté le: Jeu 28 Fév - 07:56 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Identité et Algérianité - (Commentaire)
 

" يأيها الناس إنا خلقناكم من ذكر وأنثى وجعلناكم شعوبا وقبائل لتعارفوا
إن أكرمكم عند الله أتقاكم "" 13/49 – الحجرات –
"" Oh Gens ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle et Nous avons fait de vous des peuples et des tribus. Pour Dieu, le plus digne parmi vous, c'est celui qui est le plus pieux ""  -13/49-
 

Merci au Dr Salah-Eddine Sidhoum, pour cette contribution magistrale sur la question identitaire, contribution qui se trouve en droite filiation des enseignements du Coran, en particulier du fameux Verset (13) de la Sourate de "Al-Houdjourate" (49) qui pose le Principe universel d'Egalité au sein de l'Espèce Humaine, en  ne retenant – à l'exclusion de toute autre considération de race ou de langue – pour Seul et Unique Critère de mérite et de dignité, que le critère de la Piété. Non pas cette piété bigote qui s'étale dans les rues ou dans les salons, dans les discours ou dans  les livres,…voire à longueur d'émissions de certaines Chaînes satellitaires. Non ! Il s'agit de la piété intérieure du croyant, qui soumet en permanence à son self contrôle, la conformité de ses actes, de ses paroles, de ses attitudes, aux enseignements de la morale individuelle, familiale et sociale, tels que ces enseignements ont été codifiés par l'Islam. Une morale qui prône entre autres vertus, celles de la miséricorde "la rahma", de la sincérité, de la générosité, du courage, de la tolérance, de l'ouverture d'esprit, du respect du prochain quelles que soient sa race et sa religion……etc.
Je ne trouve personnellement rien à ajouter à la contribution de mon ami Si Salah-Eddine, parce qu'elle a comme toujours, cette vertu – rare – du ton juste, aussi bien dans le contenu que dans l'argumentation et j'adhère pleinement donc, à l'analyse de ce qu'il a rappelé comme étant en effet, le triptyque constitutif de l'identité nationale, savoir: Islamité – Amazighité – Arabité.
Je voudrais simplement rappeler ici, que la dimension spacio-temporelle – c'est-à-dire historique et géographique – constitue aussi, un élément à part entière, dans la définition de l'identité nationale. Et qu'à ce titre, l'Histoire et la Géographie de notre pays, qui ont été le cadre naturel du développement de notre algérianité, devront faire l'objet de la part de nos intellectuels, historiens, géographes ou sociologues, d'une  recension fidèle des faits et des évènements, des hommes et des lieux, loin de tout esprit apologétique, comme de tout penchant réducteur. Et surtout, loin de cette vision indigente,  imbécile et réductrice, d'une Algérie des grandes villes du Nord – ou du Tell -, tournant le dos à sa dimension stratégique réelle,: celle du grand Sud, - le Sahara - d'où elle puise la majeure partie de ses ressources.
Il est pénible de constater en effet, même au niveau d'une certaine élite – ou du moins s'auto  proclamant telle – l'étendue de l'ignorance en matière de géographie de notre pays ou de son Histoire. Il y a quelques temps, un "sous-ministre", toujours en poste, avait été incapable de mentionner de combien était la superficie de notre pays et a ouvert de grands yeux quand on lui eût appris que la superficie de notre pays était en comparaison, près de 4 fois supérieure à celle de la France. Combien de nos collégiens, voire de lycéens pourraient seraient capables de faire un résumé correct des évènements essentiels qui se sont déroulés durant la Guerre d'Indépendance, ou de nommer les principaux bassins versants du pays ?…etc. On pourrait multiplier ce genre d'exemples à l'envi.
On dit que c'est à l'Ecole que se forge l'identité d'une Nation. C'est pourquoi, quand on prend la mesure des dégâts immenses subis par l'Ecole Algérienne, particulièrement au cours des deux dernières décennies, on a la nette  impression qu'il y a derrière, une volonté délibérée de "casser" cette identité algérienne, cette Algérianité, dont nous débattons ici.
Et nul besoin bien entendu, d'être grand prophète, pour deviner à qui une telle situation profite. Il y a eu une phase – celle de la légitimité historique – où nos régimes politiques ne pouvaient se maintenir au pouvoir que par le nationalisme. Voire par la surenchère nationaliste.
Cette phase semble – je dis bien semble – révolue. Avec les bouleversements géopolitiques mondiaux en cours, il y a une véritable inversion des valeurs et des attitudes:: le nationalisme politique étant devenu un handicap pour les pouvoirs en place, ceux-ci n'hésitent plus aujourd'hui à se compromettre et à se soumettre aux puissances dominantes – y compris les puissances d'argent, intérieures et extérieures – en conduisant ouvertement, des politiques d'abandons, de reniements, voire de trahisons, dont on voit les résultats catastrophiques dans nos pays, aux plans, à la fois humain, socio politique, économique et culturel.
Seul le retour à une politique de "fierté identitaire et nationale" dépouillée de tout nationalisme chauvin et étriqué, sera à même de restaurer en nous, ce formidable esprit de patriotisme, de civisme et de solidarité qui a soufflé sur le Peuple Algérien durant la Guerre d'Indépendance.
(Abdelkader DEHBI)
 


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zarfa


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MessagePosté le: Mar 4 Mar - 00:05 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Grand merci à vous tous,
 
Votre compétence et votre sincérité vont, et j’y crois, barrer la route à tous les usurpateurs et les manipulateurs de la question identitaire.
 
Parler d’identité a toujours été posé en terme de  « problème » aussi bien dans le discours  officiel que dans les analyses tronquées de l’opposition ; le pouvoir a ainsi très tôt lancé une lamentable opération  « d’arabisation » (le terme en soit est, à mon avis, un affront) et l’opposition, s’est empressée de s’attaquer aveuglément à l’identité arabe plutôt qu’à ses bourreaux.
 
Nous avons ainsi subi une arabisation forcée, maladroite, insultante, étrangère et surtout inutile, menée par des presque-analphabètes haineux et incompétents, elle a d’abord coupé la population de cette langue (chose, que même le colonialisme n’a pas réussi à faire) ; en quelques années l’arabe est devenue la langue de l’oppresseur, de la dictature et osons, le dire, du ridicule ; un monstre nommé l’arabisant était né !
La langue arabe (au même titre que l’Islam) que ce peuple a accueillie et fait sienne durant des siècles, cette langue que nos grand-parents et parents  ont préservée et défendu durant plus de cent trente ans de colonisation, allait vivre une brutale régression, c’est toute notre identité qui a été profanée et  c’est avant tout la langue arabe qui est devenue inaccessible.
Beaucoup de nos compatriotes ont du subir pendant longtemps cette étiquette du « plouk » qui ne sait pas s’habiller, qui ne sait rien puisqu’il ne parle que l’arabe.
Dans les écoles il y avait des classes arabisées, souvent destinées aux enfants du petit peuple et des classes dites « bilingues », où, comme on le devine, on trouve en général des enfants plus chanceux ; les uns avaient des enseignants égyptiens, moqueurs et indifférents, les autres des profs français ou belges, plutôt appliqués et sérieux. Bien sûr le pouvoir s’est bien arrangé pour que des régions entières soient arabisées, vous l’avez compris : il fallait diviser le pays, il fallait créer deux états d’esprit, il fallait à tout prix mettre en opposition l’arabe et le français.
Les régions Chaouis ont, par exemple subi une arabisation des plus importantes, en jouant sur les sentiments nationalistes de la population, on y a diabolisé le français (la langue du colonisateur) et tous ceux qui le parlent;  la terre des chouhadas ne pouvait tolérer la langue de ceux qui nous asservis et enfumés.
Dans leurs macabres manipulations, ils ont omis de rappeler, que nombreux des plus  fervents défenseurs de l’indépendance étaient issues des écoles françaises, ne pratiquant parfois, et pour des raisons évidentes, que le français ; et c’est  paradoxalement,  parmi certaines « zaouias » (aujourd’hui encore, elles continuent d’être des alliées sûres du pouvoir) que la France a trouvé d’excellents appuis.
 
Avec ces amalgames, ces confusions, ces mensonges tous les embrouillements étaient permis : musulman signifie arabe, kabyle veut dire anti-arabe et  arabophone est synonyme de patriote.
 
En parallèle sont apparus des mouvements dits berbéristes, qui, malheureusement, et en majorité, ne sont construits une identité sur la haine de l’arabité et de l’islamité, confortant ainsi le pouvoir dans tous ses plans.
L’islamisation du champs politique de son côté  n’a rien arrangé non plus, là aussi il fallait jouer sur les différences et pratiquer l’épuration et l’exclusion, ainsi s’exprimer en français ou en kabyle faisait de vous automatiquement un mauvais musulman ou du moins un musulman à « polir », voir  à surveiller.
L’absence de débat, la corruption des élites et la guerre livrée contre la population ont donné le coup de grâce à toute tentative de rétablir les vérités et le pouvoir a continué à  gérer les choses  en imposant sur la scène médiatique ainsi qu’à tous ses  potiches de partis  un discours sur l’identité et l’amazighité, rappelant tristement les bavardages et le folklore qui avait accompagné les propagandes de l’arabisation.
 
Pourtant, les jeunes générations commencent à se poser les bonnes questions et ne veulent plus des clichés et des raccourcis, l’éveil sera lent mais les masques commencent déjà à tomber, et pour beaucoup grâce à des actions et des interventions comme celles de S.E. Sidhoum, D. Benchenouf et A.Dehbi.
Cordialement, Zarfa
 
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k2raguelid


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MessagePosté le: Mar 4 Mar - 23:12 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

azul felawen ;

j'aimerais juste répondre rapidement avant de revenir sur les derniers com. ; en effet ,j'ai le sentiment que vous essayer de faire porter le chapeau au pouvoir et au dernier colonisateur .
mais je vous rappelle que la langue kabyle existe depuis + de 2000 ans et que si les "extremistes " kabyles existe c'est qu'il y a une raison .
meme au maroc ils se battent pour cette langue .
mais à chaque fois  on ramène les memes excuses : les kabyles sont anti-musulmans et sont des juifs .
que voulais vous que l'ont fasse ? que je fasse ? ce site est une trés bonne chose !
alors exposer nous des solutions que l'ont puissent avancer concrétement  et intelligement .

ar tufath !
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Abdelkader DEHBI


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MessagePosté le: Mer 5 Mar - 20:04 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

@-K2raguelid: Le début de solution à tous les problèmes de l'Algérie, c'est d'y instaurer un VRAI POUVOIR LEGITIME, c'est à dire, un pouvoir qui sera l'émanation du Peuple Algérien, dans toute sa diversité sociopolitique (idéologies, opinions politiques....etc) et dans toute sa richesse sociologique (langues, dialectes, traditions,...etc) -  Il appartiendra alors, aux Institutions nationales qui seront mise en place, dans un contexte de Liberté et de Démocratie, de légiférer pour traduire les aspirations de ce Peuple, dans les différents domaines de la vie nationale: Systèmes éducatif, Système de santé publique, Justice, Economie, Entités Régionales.....etc. Il me semble que ce forum s'est imparti essentiellement la mission de définir les axes essentiels des problèmes nationaux et de suggérer, non pas des solutions, mais des démarches pour aboutir à des solutions. Sauf lorsque certaines solutions paraissent évidentes. Par exemple, il me semble évident que la langue Amazighe soit enseignée dés les premières classes de l'Ecole Algérienne. Me définissant moi-même comme un Arabe, je suis tout à fait à l'aise pour défendre l'enseignement de la langue Amazighe. C'est un FACTEUR ESSENTIEL D'UNITE NATIONALE et non un facteur c oncurrentiel contre l'Arabe ou le Français ou telle autre langue étrangère. -- Nous avons cette regrettable tendance dans notre pays, à raisonner par "contraires" et non par "agrégations" - Les capacités d'acquisition de connaissances intellectuelles et de savoirs manuels sont énormes durant les années d'enfance. C'est archi connu et on n'a pas besoin d'être un grand pédagogue pour en être convaincu.

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zarfa


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MessagePosté le: Jeu 6 Mar - 12:44 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Je souhaiterais revenir sur ce que notre ami k2raguelid appelle "les extrémistes kabyles" :
L'appellation kabyle est étymologiquement arabe, le mot berbère (qui ne vient pas de barbare), serait lui aussi d'origine arabe (ne comprenant pas notre langue, ils auraient dit : matha youbarbiroune ?), les écrits les plus précieux que nous ayons sur notre peuple sont soit écrits en latin ou grec (y compris par des numides) soit en arabe (El Bakri, Ibn Khaldou, ....), la kahina qui a combattu les romains et les musulmans en même temps et remporté des victoires écrasantes n'a laissé aucun écrit, seule une langue parlée dans la stricte intimité d'un peuple replié dans ses montagnes lui a survécu; alors une question s'impose pourquoi nos ancêtres n'ont presque jamais écrit dans leur langue ? pourquoi depuis apulé de mador, en passant par saint augustin, Ibn Tumart, Ibn Khaldoun et jusqu'à Kateb yacine, l'élite de cette grande nation n'a brillé que dans la langue de l'autre ? nous avons surpassé les latins, innové dans chrétienté, étendu la parole de l'islam au delà de nos frontières avec force et conviction, et nous avons participé au rayonnement et à l'avancement de la langue arabe (en déplaise à l'orient qui ne nous a jamais rendu Tarik Ibn Ziyad, le numide de Gafsa).
Pourquoi les perses n'ont ils pas perdu la pratique de leur langue, bien que comme nous ils ne disposaient presque plus de l'ancien alphabet ?
je n'ai pas de réponse, ce que je garde en tête comme bribe d'explication, c'est sans doute l'image des ces "taleb de coran" , venus si nombreux de kabylie enseigner la langue arabe et le coran sous le nez du colonisateur à des centaines , voir des milliers d'enfants algériens (dont mon grand-pére), pour une bouchée de pain ils ont quitté leur village pour que survive la langue arabe et le coran, ces "talebs", une fois chez eux ne parlaient que kabyle et gars à celui, qui dans la famille osait transgresser cette règle. A méditer.
Cordialement, zarfa.
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k2raguelid


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MessagePosté le: Jeu 6 Mar - 18:33 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

azul felawen ;

un point pour vous mr DEHBI , vous avez strictement raison , mais , car il y en a toujours un  , comment faire ? sachant qu'il y a déjà eu des centaines de victimes de ce pouvoir .

ar tufath !
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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Dim 9 Mar - 13:11 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Salam, Azul,

On peut continuer à gloser indéfiniment sur « l’identité nationale », à marteler constamment que celle-ci est musulmane, arabe et berbère, que l’islamité, l’arabité et l’amazighité sont des constantes nationales, etc… On peut constitutionnaliser le tamazight et reconnaître la culture berbère que la question continuera à se poser avec autant d’acuité si le système ne change pas, ne se transforme pas. Et pas seulement par l’instauration de la démocratie ! Les institutions telle qu’elles sont aujourd’hui et telle qu’elles fonctionnent ne peuvent pas permettre à une autre langue que l’arabe (et le français ?) d’exister administrativement et d’être employée dans les prétoires, par exemple. Peut-on, en effet, imaginer une justice qui fonctionne avec deux langues officielles sur l’ensemble du territoire algérien ? Les magistrats, les avocats et tout le personnel judiciaire doivent posséder voire maîtriser l’arabe et le tamazight. Pour ne parler que de ce domaine. C’est une condition nécessaire au bon fonctionnement de toute l’administration. La traduction et l’interprétariat existent et on pourrait y avoir recours, bien sûr. Mais en l’état actuel des choses, à tout point de vue, c’est compliqué et c’est d’une lourdeur administrative extrême. Evidemment, comme toujours, certains vont rétorquer qu’au contraire c’est une chose extrêmement facile à mettre en place et qu’il suffirait d’une décision du pouvoir politique.  Je ne veux pas dire, quant à moi, que la difficulté est technique, elle est d’abord institutionnelle.
Officialiser le tamazight n’est pas une mince affaire, il nous faut le reconnaître.  Raison : le jacobinisme de l’Etat, la centralisation du pouvoir. Et de ce point de vue, on ne peut que comprendre les difficultés et les revendications des zones berbérophones dont les populations sont obligées de s’arabiser, linguistiquement parlant, pour faire face à l’administration monolingue. D’un autre point de vue, ce qui est incompréhensible, il faut le dire aussi, c’est l’utilisation presque généralisée chez les jeunes et les moins jeunes de la langue française qui sert dans ces zones de moyen de communication de la presse locale. Je ne crois pas me tromper en disant qu’il n’existe aucun journal régional en tamazight. C’est regrettable et bien dommage, mais cette situation ne peut que soulever des interrogations auxquelles les militants et les leaders du mouvement berbériste doivent répondre. Parce que pour défendre cette langue qui, qu’on le veuille ou non, est un patrimoine commun à tous les Algériens, de la même manière que la langue arabe, il faut la faire sortir de cet espace quasi privé où elle est confinée pour la rendre visible et accessible à tous par la diffusion de journaux régionaux et nationaux puisque les berbérophones se trouvent partout en Algérie, et l’édition de livres. Il faut que cet effort soit fait par les élites berbéristes. Mais je comprends que les millions de locuteurs ne peuvent pas être des lecteurs car, comme disait Malek Haddad à propos de la langue arabe, un écran d’analphabétisme se dresse entre la population et les auteurs. C’est la vérité et la réalité du terrain, me semble-t-il.
Donner au tamazight une existence officielle exige des remises en cause et des changements fondamentaux. D’abord changer l’Etat. Passer de la centralité de celui-ci à la régionalisation, à l’autonomie des régions dans de très nombreux domaines notamment dans celui de l’économie. Je n’oublie pas que l’Etat jacobin algérien dispose de toutes les ressources économiques du pays notamment des hydrocarbures dont les revenus doivent être répartis équitablement entre toutes les régions pour permettre le développement économique de chacune d’entre elles.


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EL-DJOHER


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MessagePosté le: Mar 11 Mar - 11:41 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

k2raguelid a écrit:
azul felawen ;
j'aimerais juste répondre rapidement avant de revenir sur les derniers com. ; en effet ,j'ai le sentiment que vous essayer de faire porter le chapeau au pouvoir et au dernier colonisateur .
mais je vous rappelle que la langue kabyle existe depuis + de 2000 ans et que si les "extremistes " kabyles existe c'est qu'il y a une raison .
meme au maroc ils se battent pour cette langue .
mais à chaque fois  on ramène les memes excuses : les kabyles sont anti-musulmans et sont des juifs .
que voulais vous que l'ont fasse ? que je fasse ? ce site est une trés bonne chose !
alors exposer nous des solutions que l'ont puissent avancer concrétement  et intelligement .

ar tufath !



Essalamou alaikoum.

Je vous remercie pour ce que vous faites dans ce forum. Vous me rappelez l'enthousiasme des Algériens des années 50. Avant d'entamer mon sujet, je dis un grand courage à notre grande commedienne KALTHOUM qui était fatiguée et découragée par la vie que nous menons.
J'écris aujourdhui pour vous dire que vous faites quelque chose de formidable et ne laissez pas les traitres dévorer le pays. On a l'habitude de savoir ce que dit Toufik qui oublie que dans les familles des Kabyles il ya des hommes et qui qui refusent ce qu'il dit " tu applique sinon je monte les Kabyles contre toi''.Voilà ce qu'il fait pour se servir de nous comme un bouclier. Ne l'écoutez pas et nous refusont de savoir qu'il es de chez nous il n'est pas le grand AIT AHMED.
Bon courage à tous
_________________
La haine ne doit pas avoir de place parmi nous. Aimez- vous les uns les autres.
( Ancienne infirmière du maquis de la révolution).


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:44 (2017)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight

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