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La question de l’identité et de la langue tamazight
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L.leila


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Inscrit le: 04 Jan 2008
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Localisation: France

MessagePosté le: Ven 22 Fév - 10:45 (2008)    Sujet du message: Re: L'appellation "Amazigh" Répondre en citant

[quote="L.leila"]Bonjour,Ce que je sais à propos de l'appellation "Amazigh":
Imoschrah ou Imazighen, " les hommes libres", est le nom par lequel étaient désignés les Touaregs nobles, ainsi que l'a expliqué notre compatriote D. BENCHENOUF. Cependant ils rejetaient ce surnom "Touareg", donné par les Arabes. Ils ne l'acceptaient pas, comme ils n'acceptaient pas non plus celui " des hommes bleus" donné par les Français.
Le nom Imazighen est, rappelons-le, souvent altéré dans les appellations de tribus que les auteurs grecs et latins rapportaient, Mazices, Maxyes etc...

Quant à la langue " berbère", le temacheq, celle-ci était parlée jadis dans toute l'Afrique du Nord, et ce sont les Touaregs qui l'ont le mieux préservéé. L'alphabet de cette vieille langue, le tifinagh, a été sauvegardé grâce à sa transcription dans la langue originelle ainsi qu'en arabe.
Il faut quand même rappeler que le tifinagh a été conservé grâce à l'écriture que les femmes pratiquaient. Les hommes n'écrivaient pas beaucoup; ils étaient plutôt préoccupés par les voyages et la chasse à travers le grand désert.

J'aimerais terminer mon intervention par une petite information, qui intéresserait l'homme contemporain et le lecteur étranger à cette culture. Le Touareg ne mangeait pas beaucoup. Et atteindre l'âge de 130 à 150 ans n'était pas du tout surprenant !

[/quote]


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MessagePosté le: Ven 22 Fév - 10:45 (2008)    Sujet du message: Publicité

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k2raguelid


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Inscrit le: 26 Jan 2008
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MessagePosté le: Ven 22 Fév - 10:54 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

bonjour leila , je doute fortement que les touaregs pouvaient atteindre 130 à 150 ans , du moins il faut le prouver .
à bientot ! 
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L.leila


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Inscrit le: 04 Jan 2008
Messages: 25
Localisation: France

MessagePosté le: Ven 22 Fév - 14:24 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Rebonjour K2raguelid !
Je n'invente absolument rien , mais ce sont les géographes partis pour la découverte du grand désert dans les années 1800, qui l'avaient noté.
Merci pour votre réaction. 


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G. Naïma


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Inscrit le: 08 Jan 2008
Messages: 6
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MessagePosté le: Ven 22 Fév - 17:38 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Je suis avec beaucoup d'intérêt et de passion les débats de ce forum qui fait honneur à la fois à ses initiateurs et à ses participants. Cela me redonne confiance au vu de la léthargie ambiante et de la démobilisation générale qui ont envahi notre pays. Les analyses et les articles sont de haute facture politique et intellectuelle, ce qui nous change de certains sites où l'exclusion et l'invective sont érigées en valeurs.
Je voudrais poser 2 questions qui me taraudent l'esprit :
1. Pourquoi l'Algérie est le seul pays du Maghreb où se pose la question de l'identité nationale dans toutes ses composantes. Pourquoi, une poignée de kabyles (pas tous les kabyles, hacha) agite la question "berbère" qui en réalité concerne aussi nos frères des Aurès, du M'zab, du sud et autres.....? Je suis ahurie en lisant certains sites dits "berbères" où le racisme est de mise.
2. Pourquoi l'Algérie est le seul pays du Maghreb où une partie de ses élites a honte de la religion de son peuple et rejette la langue arabe?
Sommes-nous condamnés à nous demander qui nous sommes alors que les défis sont ailleurs?
Bon courage à tous.
Cordialement.
G. Naïma


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Misstmourt


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Inscrit le: 07 Fév 2008
Messages: 9

MessagePosté le: Ven 22 Fév - 18:54 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Salam,

Tres bonne question Naima. Quelques éléments de réponse (selon moi bien sur) :

1/ Le colonialisme francais (je reviendrais bientot inch'allah, sur ces tentatives d'assimilations des kabyles d'abord qui devaient à leur tour influencer les autres algeriens, le but étant finalement de faire de tous les algeriens des sortes "d'antillais", groupe sulbalterne sans mémoire ni culture et corvéable à merci, un bon serviteur quoi).

2/ Les imposteurs qui ont pris le pouvoir en 1962 ont repris cette politique de division puisque (il ne faut pas l'oublier) les moujahidines de l'interieur qui se sont opposés au coup d'état de l'armée des frontières (Ben Bella et le clan d'oujda) étaient majoritairement les plus puissant et les mieux armés en kabylie (ce qu'on a appelé la révolte du FFS de Ait-Ahmed) Ce sont en majorité les moujahidines de Kabylie qui se sont opposés à ce coup d'etat. Faire passer cette révolte pour une révolte ethnique permettait aux usurpateurs de se poser en garant de l'unité nationale et de s'acheter une légitimité à moindre frais.

 


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k2raguelid


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Inscrit le: 26 Jan 2008
Messages: 23
Localisation: france

MessagePosté le: Dim 24 Fév - 11:36 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

:shock: bonjour à tous ,
je voudrais réagir au propos de NAIMA  ,( enfin à ses 2 questions ) ,:
question 1 : il n'y a pas qu'en ALGERIE que ce pose la question légitime de l'identité : notre identité !
il y a aussi le maroc , et sur les autres pays , pése une chappe de plomb telle que tu ne peut rien faire , ex : la libye  ou meme internet n'existe pas !
et il ne reste plus qu'un petit village en tunisie .
ensuite , nous ne somme pas qu'une petite partie à agiter cette question , mais tout un peuple : le peuple amazigh !
vous etes d'ALGER , savez vous que cette ville est composée à 80 % de kabyle ? demander à vos grand parent !
parlons racisme , savez vous que les victimes de ce racisme , c'est plutot les kabyles qui en font les frais ? si les arabophones pouvaient , ils nous massacrerais direct !! meme en france je le vis !

question 2 :je suppose que vous parlez de l'élite kabyle (en ce moment c'est la mode ) ,OU AVEZ VOUS VUE QUE NOUS AVIONS HONTE DE NOTRE RELIGION ??? ET QUE NOUS REJETION LA LANGUE ARABE ??
là franchement expliquer moi , pourtant je suis un fervant défenseur de notre identité amazigh ( vous pouvez voir mon blog , et meme m'insulter ).

enfin , nous ne somme pas condamné à rechercher qui nous somme ? puisque nous le savons parfaitement ! mais le paradoxe , c'est que nous devons  lutter pour nous faire reconaitre dans un pays qui est le notre !!!! :ban:


et comme vous le dite si bien : LES DEFI SONT AILLEURS :!:
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G. Naïma


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Inscrit le: 08 Jan 2008
Messages: 6
Localisation: Alger

MessagePosté le: Dim 24 Fév - 18:29 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Juste pour répondre au frère qui signe K2Raguelid et sans polémique aucune, je persiste à dire que le problème de l’identité se pose avec la plus grande acuité dans notre pays et pas dans les autres pays maghrébins. Je vis en Algérie et je vis cette situation, plus particulièrement dans le milieu dit universitaire. Au Maroc, des citoyens réclament légitimement plus de place à leur culture berbère mais sans remettre en cause l’arabité et l’Islam. En Libye, c’est tout autre, c’est un problème politique, le pays étant pris en otage par un despote mal éclairé et c’est un problème de libertés tout comme en Tunisie. Donc nuance. Tout le peuple Algérien est Amazigh et il n’est pas question qu’une minorité ou qu’une région détienne  le monopole de la berbérité.
Je connais Alger puisque j’y vis depuis 40 ans. Ce que je sais c’est qu’elle est peuplée de 100% d’Algériens, qu’ils soient arabophones ou berbérophones, qu’ils soient mozabites, chaouis, targuis ou kabyles. Ce sont avant tout des Algériens qui tiennent à la fois à leur berbérité, à leur religion et à leur arabité. Je suis arabophone et au grand jamais, ne m’est venue l’idée d’écraser mes frères ALGERIENS berbérophones. Et je n’ai jamais entendu parler dans mon entourage de pareilles inepties. Ceux qui parlent ce langage appartiennent à cette minorité extrémiste, tout comme il existe une minorité berbériste extrémiste à ne pas confondre avec tous nos frères kabyles ou berbères d’une manière générale.
Je ne parle pas d’élite « kabyle » ( car pour moi il y a des Algériens) mais d’une partie de l’élite algérienne qui a honte de sa religion et rejette la langue arabe. Je ne rentrerais jamais dans ce piège de la division « ethnique ». Il  n'y a pas qu'une partie (minime) des kabyles qui les rejette mais aussi des arabes (même si je n'aime pas trop ce distinguo entre frères kabyles et arabes, à consonance coloniale).
J’ai consulté votre blog. Vous êtes sincère mais je vous le dis fraternellement, et sans aucune animosité ni méchanceté, votre site me fait peur. Et loin de moi de vous insulter parce que je ne partage pas vos idées. Le respect mutuel doit prévaloir quelque soient nos divergences et nos différences.
Encore une fois et là je crois que nous sommes d’accord : les défis sont ailleurs.
Cordialement.
G. Naïma


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k2raguelid


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Inscrit le: 26 Jan 2008
Messages: 23
Localisation: france

MessagePosté le: Dim 24 Fév - 18:51 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

merci de m'avoir répondu naima , c'est bizarre , vous etes la 2 éme personne à me dire que mon blog fait peur , il va falloir que j'y remedi .
malheureusement nous aussi , c'est un probléme politique .
moi mon point de vue c'est d'officialiser notre langue et ma vision des choses est :  ALGERIE  AMAZIGH .

il faudrat bien trouver une solution , c'est le but de ce forum et malheureusement je ne voit pas de solutions qui en ressorte .

a bientot !
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Brahim YOUNESSI


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Inscrit le: 28 Jan 2008
Messages: 83

MessagePosté le: Dim 24 Fév - 21:46 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

Salam, Azul,

G. Naïma n’a pas tort. L’irrédentisme berbériste est plus revendicatif et plus actif en Algérie qu’ailleurs, au Maroc notamment où se pose, en effet, avec moins d’acuité et de drames que chez nous, cette question identitaire. Bien qu’il existe dans ce pays voisin des extrémistes aussi virulents sinon plus que nos concitoyens. La diaspora berbériste est très organisée à l’étranger où elle a créé des académies ; elle a même mis en place un « Congrès mondial amazigh» qui se réunit tous les ans, si je ne me trompe. Le « Congrès mondial amazigh » ne reconnaît pas « la légitimité des Etats arabo-musulmans anti-amazighs installés en Afrique du Nord. » La thèse développée par les responsables de ce Congrès c’est la disparition de l’Etat-national algérien. Leur cible privilégiée c’est l’islam parce qu’il est un formidable opérateur de cohésion sociale et nationale. Leurs attaques contre la langue arabe n’ont pas, à mon sens, pour but de donner au tamazight un statut officiel, mais de le mettre en compétition avec la langue de Sibawayhi en vue de faire du Français la seule et unique langue officielle du pays.  
Nous avons vu des pays comme le royaume de Belgique qui ont opté pour le multilinguisme ou le bilinguisme se défaire, se désagréger. Le cas belge est, à ce propos, très édifiant : deux langues officielles, le Néerlandais ayant cours en Flandres et le Français en Wallonie. A Bruxelles, la capitale du pays, les deux langues ont le droit de cité. L’Inde est un autre cas où se pratique le multilinguisme sur le plan officielle (une vingtaine de langues locales que je ne vais pas énumérer sur plus de 800, ainsi que l’Anglais). Mais seuls l’Hindi et l’Anglais sont utilisés dans l’Administration centrale.
Des solutions ? cher K2raguelid, il y en a, nous en reparlerons.


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modérateur
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Inscrit le: 11 Déc 2007
Messages: 74

MessagePosté le: Lun 25 Fév - 21:37 (2008)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight Répondre en citant

La question identitaire ou l’impérieuse nécessité d’un retour à notre ALGERIANITE
Je crois que la majorité de nos compatriotes est d’accord sur les fondements de l’identité nationale que constitue le triptyque ISLAMITE – AMAZIGHITE – ARABITE. Chacune de ses composantes est un élément d’unité et non comme le veut le régime et les ultra-minorités extrémistes de tous bords, un facteur de division et de fitna.
Le pouvoir, depuis l’indépendance a utilisé le même stratagème que celui de la colonisation : DIVISER POUR REGNER, quitte à faire imploser la Nation.
Il est à l’origine de l’instrumentalisation de notre religion au lieu de s’inspirer de ses référents et d’en faire le substrat de la politique nationale en puisant dans ses valeurs morales et un puissant moteur de mobilisation, de développement et d’épanouissement de la société, comme l’ont fait nos aînés durant la guerre de libération nationale pour combattre la colonisation. C’est ce nifaq politico-religieux qui a permis à des extrémistes et à des charlatans d’exploiter ces brèches, d’instrumentaliser à leur tour notre religion et de vouloir nous ré-enseigner notre religion et ré-islamiser la société.
Le régime n’a-t-il pas instrumentalisé l’Islam, pour nous faire gober la fameuse et fumeuse révolution agraire ? N’a-t-il pas utilisé des arguments religieux et les mosquées pour nous faire admettre le socialisme folklorique importé de contrées où Dieu n’avait aucune place ? Il faut avoir l’honnêteté de dire que beaucoup de nos « Oulémas » ont joué le rôle de « oumalas » pour faire passer les messages politiques du pouvoir illégitime, en titillant les fibres religieuses d’un peuple profondément croyant. Rares étaient ceux qui avaient dit non à cette politique diabolique et destructrice et à cette instrumentalisation de notre religion. Ils se comptaient sur le bout des doigts et avaient payé chèrement leur refus.
Il est aussi à l’origine du conflit entre arabophones et francophones. Il faut reconnaitre que le régime a, dès la première décennie d’indépendance, réussi son opération de diversion et de division des élites sur cette question linguistique. L’élite francophone, issue de l’école imposée par la colonisation française, (un accident de l’Histoire pour les uns et un butin de guerre pour d’autres) s’est retrouvée malgré elle en conflit avec l’élite arabophone. Les deux camps développèrent de véritables complexes sur lesquelles jouera le pouvoir pour les neutraliser. Une grande partie de nos élites des deux bords tombera dans ce traquenard linguistique, une véritable diversion politique savamment entretenue. Ni les arabophones ni les francophones n’en sortiront indemnes. Les seuls qui en « profiteront » seront ceux qui auront vendu honneur et dignité pour des miettes d’honteux privilèges, ceux qui auront bradé « El Mebda » pour la khobza. Et parmi eux il y aura aussi bien des francophones que des arabophones.
Et selon l’évolution des « équilibres internes » et selon la conjoncture politique du moment, tantôt c’étaient les arabisants qui étaient traités de « baâthistes » et tantôt les francophones qui étaient étiquetés de « hizb frança ». Tous deux en réalité étaient victimes de la diabolique politique de division du régime en place. J’ouvre une parenthèse ici pour dire que cela ne signifie nullement que les baâthistes et le « hizb frança » n’existent pas en Algérie. Mais grâce à un amalgame savamment entretenu, on a assimilé les francophones à « hizb França » et les arabophones aux « baâthistes ». Ce qui est certain c’est que les véritables importateurs de la Qawmiya de Michel Aflaq et les missionnaires nostalgiques de l’Algérie de Fafa, qui eux, étaient au cœur du pouvoir illégitime, ont provoqué des dégâts considérables tant sur le plan politique, culturel que linguistique.
Notre culture nationale Tamazight avait été négligée par nos frères aînés du mouvement national, dont la préoccupation majeure était la libération du pays du joug colonial. Au lendemain de l’indépendance, elle a été brimée et réprimée par le pouvoir illégitime. Nous pouvons comprendre l’ERREUR de nos aînés du mouvement national mais pas la FAUTE (déni culturel pour ne pas dire identitaire) de ceux qui se sont proclamés tuteurs de l’Algérie indépendante. Nous nous rappelons tous comment le vaste mouvement né en 1980 à l’université de Tizi-Ouzou fut sauvagement réprimé et diabolisé. Nous nous rappelons aussi comment les services de l’action psychologique de la sinistre police politique, à travers leurs médias staliniens de l’époque (et qui n’ont pas changé à ce jour) avaient présenté les événements pour tenter de dresser une grande partie de l’Algérie contre la population de Kabylie : « Les kabyles avaient brûlé l’emblème national et déchiré le Saint Coran ». Rien que cela !
Si cette question culturelle était légitimement revendiquée à ses débuts par des pans de la société, elle ne tardera pas d’être récupérée par le pouvoir et certains politicards et elle n’échappera pas, elle aussi à cette politique de division. De dimension nationale, cette culture millénaire servira de fond de commerce à une minorité, qui tentera de la monopoliser et de la ghettoïser dans une seule région du pays, servant inconsciemment les desseins du pouvoir alors qu’elle intéresse aussi bien les chaouias, les targuis, les chenouis, les mozabites que les kabyles. Tout comme elle concerne aussi bien nos concitoyens du nord que du sud, ceux de l’est que de l’ouest.
Il est certain que la réaction négationniste du pouvoir à l’égard de cette culture nationale a provoqué une contre-réaction d’une partie de la population. Mais avec le recul et les tragiques événements vécus, tout le monde s’est rendu compte que ce n’est pas tant la cause amazighe qui intéressait cette minorité agissante que son exploitation honteuse à des fins inavouées. Le même problème s’était posé auparavant avec la minorité baâthiste en ce qui concerne la langue arabe et la politique anarchique d’arabisation.
Elle essaie (sans succès jusqu’à maintenant) de cultiver auprès de notre jeunesse algérienne de Kabylie le reflexe de rejet de la langue arabe et par glissement insidieux, de l’Islam. Je suis attristé de lire sur certains sites gérés par cette ultra-minorité des termes provocateurs pour ne pas dire racistes tels que « colonisation arabo-islamique » ou « peuple kabyle ». Tout comme il est triste de voir cette minorité (heureusement infime) opposer l’Amazighité à l’arabité et à l’Islamité alors qu’elles sont intimement liées et forgées par l’Histoire. En ces temps d’imposture, des Hommes Libres comme Ben Boulaïd, Ben M’Hidi, Abane, Zamoum, Didouche et tant d’autres, morts pour une Algérie une et indivisible, doivent se retourner dans leurs tombes.
Cette forme de racisme ne date pas d’aujourd’hui en réalité. Je garde en mémoire, jeune étudiant en médecine que j’étais, à la fin des années 60, les propos choquants que tenait un activiste « berbériste » à la cité universitaire de Ben Aknoun, traitant nos compatriotes arabophones d’ « IZOUKARS ». Je n’ose pas donner la traduction. Et cet activiste sera promu « homme politique » lors de la supercherie démocratique de 88 par les officines de la police politique.
C’est cette politique criminelle de division et de manipulation de ces composantes de l’identité nationale qui a enfanté cet extrémisme, tant religieux, que nationaliste et culturel. Il faudrait reconnaitre que le pouvoir aura partiellement réussi là où la France coloniale avait échoué : faire perdre ses repères à la société et la faire douter de son identité. Il est important de revenir à l’esprit de nos aïeux chez qui existait une relation fusionnelle entre ces trois composantes. C’est à juste titre qu’un compatriote universitaire constantinois parlera de « rencontre fusionnelle d’un Islam exhortant à l’entraide communautaire et à la concertation entre les hommes et les valeurs traditionnelles berbères de justice sociale et de démocratie ».
A cette période cruciale de notre Histoire où une profonde aspiration populaire de changement se dessine à l’horizon, le moment est venu de libérer notre culture nationale millénaire à la fois de l’oppression du pouvoir illégitime et de son exploitation politicienne par l’ultra-minorité extrémiste et de la confier à la recherche et aux véritables compétences universitaires, pour la promouvoir et mettre en valeur ses richesses. Elle ne doit être ni mythifiée ni marginalisée et encore moins politisée. Les langues arabe et Tamazight expriment notre authenticité pour reprendre le regretté Mahfoud Kaddache. C’est un crime que de les opposer.
Et je crois que ce n’est pas une poignée d’extrémistes, quel que soit son bord, qui viendra dissocier l’Islam de l’Amazighité, ou cette dernière de l’arabité, chose que n’a pu réaliser la puissance coloniale et ses affidés indigènes qu’étaient les caïds et bachaghas. Il est clair que tenter de fractionner ou d’exclure l’une des composantes de cette identité forgée par l’Histoire, c’est porter atteinte à l’Unité de la Nation Algérienne et participer à la dislocation de la société.
Il est légitime de s’interroger sur les raisons de cette situation d’éclatement de la société et de ses composantes identitaires ? Je crois humblement que l’absence d’espaces de liberté et de véritables canaux de libre expression ainsi que des mécanismes démocratiques de régulation, ajoutés à la manipulation diabolique des fondements identitaires à la fois par le pouvoir illégitime et ses extrémistes procréés dans ses laboratoires sont les principaux responsables de ce délabrement et de ce doute identitaire.
Il est plus qu’impératif de dépassionner les débats et surtout de se libérer des charges affectives et idéologiques que certains veulent atteler à tout débat sur la question identitaire.
L’Algérie de demain, celle que rêvent de construire les Algériennes et Algériens libres d’aujourd’hui, une Algérie de toutes et de tous doit être impérativement libérée des extrémismes, certes ultra-minoritaires mais agissants et parfois amplifiés à dessein par le pouvoir illégitime, qui manipulent les fondements de l’identité nationale. Je reste persuadé que le sombre travail mystificateur du pouvoir illégitime et de ces minorités qui se jouent des composantes de notre identité disparaitra lorsque nous aboutirons à ce consensus autour des principes et des valeurs qui unissent notre Nation. La libération des canaux d’expression et la mise en œuvre de véritables mécanismes démocratiques mettront fin à tous ces honteux fonds de commerce.
Le problème de l’Algérie actuelle n’est ni l’Islam, religion de l’écrasante majorité de la Nation Algérienne, ni les langues ancestrales de notre peuple que sont le Tamazight et la langue arabe. Le problème est éminemment politique et perdure depuis 1962 : la LEGITIMITE DU POUVOIR.
Soyons vigilants, mes chers compatriotes, évitons de tomber dans le jeu de la diversion et de la division et ne nous trompons surtout pas de cible, comme cela s’est passé durant la décennie écoulée.
Nous devons affirmer sans complexe notre ALGERIANITE avec notre propre regard, un regard purement ALGERIEN et non avec un regard importé. Nous n’avons nullement besoin du regard ni des « conseils » intéressés de l’Orient ou de l’Occident pour affirmer notre islamité, notre berbérité et notre arabité. Tout comme nous devons revendiquer les trois composantes de notre identité, intimement liées et non revendiquer une composante contre l’autre ou les autres.
Il est temps pour nous tous de sortir de ces faux clivages légués par la colonisation et amplement entretenus par le régime illégitime pour nous dissiper et nous diviser, afin de nous atteler à la reconstruction de notre pays, jeter les bases d’un Etat de Droit et les fondements d’une véritable politique de développement économique qui puisse sortir définitivement l’Algérie du sous-développement.
Nous avons les capacités, les compétences et les moyens de relever ce défi ! Qu’attendons-nous pour nous entendre, nous rassembler et nous atteler à cette lourde tâche de changement puis de reconstruction ?
Fraternelles salutations.


Salah-Eddine Sidhoum


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:48 (2017)    Sujet du message: La question de l’identité et de la langue tamazight

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