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Sans opposition, Bouteflika triomphe

 
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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 21:22 (2008)    Sujet du message: Sans opposition, Bouteflika triomphe Répondre en citant

Sans opposition, Bouteflika triomphe




Par Brahim YOUNESSI



Parlons franchement et clairement. Telle qu’elle est, « l’opposition » algérienne n’est pas en mesure de susciter le changement, de le provoquer. Elle est dans une situation encore plus déplorable que le pouvoir. Le rapport de force est toujours, hélas, en faveur du système. Quand celui-ci utilise simultanément la coercition et la corruption, « l’opposition » fait de l’incantation et de l’agitation.

Soyons sérieux ! Ce n’est pas avec des communiqués, des déclarations enflammées, des « articles » insensés ou des initiatives stupides voire dangereuses via l’internet que le pouvoir tombera ou le système changera. L’infantilisme, il y a indéniablement un manque patent de maturité politique, caractérise cette « opposition » qui n’a pas d’idées, pas de projet, pas de stratégie, pas de leader incontesté. Comment peut-elle, dès lors, organiser le changement et l’incarner sans se transformer elle-même, sans se débarrasser de ses archaïsmes et de ses pesanteurs, sans prendre des décisions difficiles et douloureuses ?

Alors qu’elle est en situation d’échec depuis son apparition au début des années 60, cette « opposition » continue d’être dirigée par les mêmes personnes, elle entretient toujours le mythe de l’homme providentiel à qui appartient tout le pouvoir, c’est lui qui nomme l’ensemble des membres de la direction du parti, toute contestation, la plus anodine qui soit, est punie d’excommunication, d’exclusion, elle continue également d’être tout aussi autocratique que le régime qu’elle prétend combattre, sauf que l’autocratie de « l’opposition » est déguisée, inavouée, de rabâcher le même discours éculé, sans consistance politique, éloigné des préoccupations quotidiennes de la population. Devant un tel constat, les meilleures volontés ont été découragées et les militants les plus solides ont fui sans regarder derrière eux. De guerre lasse, beaucoup ont fini par rejoindre le régime.

Hétérogène, divisée, inorganisée, « l’opposition » est réduite, alors qu’elle dispose d’une large base sociale et d’une surface politique à conquérir, à un état groupusculaire. Tout ou presque tout sépare les « partis » qui se réclament de « l’opposition », ils divergent sur les moyens à utiliser, la stratégie à adopter, le programme à mettre en œuvre.

Leur seul point de convergence semble être la dénonciation du régime, mais chacun apporte des nuances à celle-ci. Quand les uns pensent qu’un simple changement d’hommes à la tête de l’Etat entraînerait, mutatis mutandis, la fin du système, les autres estiment que seule la lutte armée en viendrait à bout.

L’expérience a montré que les deux options ont échoué : l’assassinat de Mohamed Boudiaf, un vieil opposant, dirigeant du PRS qu’il avait créé en 1963, appelé par les généraux à présider aux destinées de l’Algérie en pleine décomposition à la suite de l’annulation, le 11 janvier 1992, des élections législatives largement remportées par le FIS, met un terme au rêve de ses partisans de la destruction en douceur du régime, l’insurrection armée, à deux reprises, en 1964 en Kabylie sous la conduite de Hocine Aït Ahmed et de Mohand Oul Hadj et au milieu des années 90 avec les groupes armés se réclamant de l’islamisme, a plutôt aidé au sauvetage du pouvoir.

Désorientée, ne sachant plus quoi faire pour abattre le système qui, en apparence, semble se régénérer comme l’hydre de Lerne, «l’opposition » est devenue atone, passive, éteinte. Moins menaçante, elle se fait oublier au point de croire qu’elle a disparu. En tout cas, elle ne pèse plus grand-chose aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur où elle n’arrive pas à convaincre les Etats démocratiques de lui apporter le soutien dont elle a pourtant fortement besoin pour faire face à un régime qui déploie toute son énergie et beaucoup de moyens pour la rendre inefficace, inaudible et lui enlever ce qui lui restait de crédibilité auprès de la population algérienne et des gouvernements étrangers.

Après avoir balisé sa route, ternissant l’image de « l’opposition » jugée incapable d’assurer l’alternance et de gouverner, Abdelaziz Bouteflika peut alors procéder à la révision de la constitution pour briguer un troisième mandat.
Dans toutes les capitales occidentales, cette « solution » est considérée, hélas, comme un moindre mal.




le 20 novembre 2008



Source : Racines d'Outre Med' (http://www.racinesdoutremed.com/) avec l'aimable autorisation de son auteur, mon frère et Ami Brahim Younessi.


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MessagePosté le: Ven 21 Nov - 21:22 (2008)    Sujet du message: Publicité

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