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Perspectives de changement politique en Algérie
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MessagePosté le: Sam 15 Nov - 21:15 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

ندوة حول آفاق التغيير السياسي في الجزائر

جينيف، 15 نوفمبر 2008


عقد مركز دراسات السلم لمؤسسة قرطبة في جينيف من 13 إلى 15 نوفمبر 2008 ندوة حول «آفاق التغيير السياسي في الجزائر». وهدفت الندوة إلى معاينة الأوضاع الراهنة في الجزائر ومناقشة قضية التغيير من أجل إرساء دولة العدل التي تضمن كرامة وحريات الجزائريين، على أيادي قوى سياسية خارجة عن سيطرة النظام وبالطرق اللاعنفية.


وشارك في الندوة عدد من الشخصيات الجزائرية السياسية والنقابية والإعلامية والفكرية ذات التوجهات المختلفة، منهم السادة والسيدة: عبد الحميد مهري، جمال الدين بن شنوف، أحمد بن محمد، مالك جودي، مراد دهينة، محمد العربي زيتوت، ياسين سعدي، صلاح الدين سيدهم، لهواري عدي، عباس عروة، نصيرة غزلان، سعد لوناس، سعيد مرسي، رشيد مصلي، رشيد معلاوي، يوسف نجادي.

واختتمت الندوة بمحاضرة عامة عن نفس الموضوع حضرها جمع من الجزائريين والمهتمين بالشأن الجزائري وعدد من الصحفيين، طرحت خلالها جملة من التساؤلات تمحورت كلها عن خطورة ما آلت إليه الأوضاع في الجزائر. كما توجت أعمال الندوة بالبيان الملحق.


بيان


بدعوة من مركز دراسات السلم لمؤسسة قرطبة اجتمع عدد من الشخصيات الجزائرية من بينهم السادة عبد الحميد مهري، جمال الدين بن شنوف، مالك جودي، مراد دهينة، محمد العربي زيتوت، ياسين سعدي، صلاح الدين سيدهم، لهواري[right] عدي، عباس عروة، سعد لوناس، رشيد مصلي، يوسف نجادي، للمشاركة في ندوة قصد معاينة الأوضاع الراهنة في الجزائر ومناقشة آفاق التغيير السياسي بها.

وقد اتفق السادة المذكورة أسماؤهم أعلاه على ما يلي:

1. الانشغال البالغ بتدهور الأوضاع والمخاطر التي تهدد الجزائر على أكثر من صعيد؛
2. عجز النظام القائم عن حل مشاكل البلاد وإعادة الثقة والأمل للمواطن؛
3. ضرورة تغيير نظام الحكم، الذي هو مطلب شعبي واسع وملحّ؛
4. ضرورة أن يكون هذا التغيير جذريا وتوافقيا وبالطرق السلمية؛
5. ضرورة اشتراك كل القوى المؤمنة بهذا التغيير مهما كانت أيديولوجياتها وتوجهاتها السياسية ومجال نشاطها الفئوي؛
6. الاعتقاد بأنّ بيان أول نوفمبر يمكن أن يكون أساسا لإطار وطني شامل بعد قراءة توافقية معمقة تهدف لتجديده وتحيينه؛
7. التأكيد أنّ هذا التغيير يتطلب ديناميكية سياسية واجتماعية تكون نتيجة التشاور والتنسيق والعمل المشترك بين كل الإرادات الخيّرة.

كما يرحّبون بتعدد المبادرات الداعية لهذا التغيير ويدعون إلى تكاثرها في مختلف الأوساط والمستويات والفئات الاجتماعية.

ويؤكدون قدرة الشعب الجزائري على تجاوز الأزمة التي طال أمدها وبناء دولة القانون التي ضحّى في سبيلها أجيال من الشهداء والمناضلين.

حرر في جينيف
15 نوفمبر 2008


« Perspectives de changement politique en Algérie »


Genève, le 15 novembre 2008


Le Centre d’Etudes de la Paix de la Fondation Cordoue a organisé à Genève les 13-15 novembre 2008 un colloque sur les « Perspectives de changement politique en Algérie ». Le but de ce colloque était de faire le constat de la situation actuelle en Algérie et d’explorer les possibilités d’instaurer un Etat de droit qui garantit la dignité et la liberté aux Algériens, par des forces politiques échappant à l’emprise du pouvoir et usant des méthodes non violentes.

Plusieurs personnalités politiques, syndicalistes, journalistes et intellectuels algériens de divers horizons ont participé à cette rencontre, notamment Madame et Messieurs Abdelhamid Mehri, Lahouari Addi, Abbas Aroua, Djamel Benchenouf, Ahmed Benmohammed, Mourad Dhina, Malik Djoudi, Nacéra Ghozlane, Saâd Lounès, Rachid Malaoui, Rachid Mesli, Saïd Morsi, Youcef Nedjadi, Yacine Saadi, Salaheddine Sidhoum, Mohamed-Larbi Zitout.

Le colloque a été suivi d’une conférence-débat publique sur le même thème qui a attiré de nombreux Algériens et observateurs qui s’intéressent à l’Algérie et plusieurs journalistes. La plupart des questions posées lors de cette conférence ont porté sur la gravité de la situation en Algérie. Le colloque a été couronné par le communiqué ci-joint.


Communiqué



Invités par le Centre d’Etudes de la Paix de la Fondation Cordoue, un nombre de personnalités algériennes dont Messieurs Abdelhamid Mehri, Lahouari Addi, Abbas Aroua, Djamel Benchenouf, Mourad Dhina, Malik Djoudi, Saâd Lounès, Rachid Mesli, Youcef Nedjadi, Yacine Saadi, Salaheddine Sidhoum, Mohamed-Larbi Zitout, ont participé à un colloque en vue d’examiner la situation actuelle en Algérie et discuter les perspectives de changement politique dans ce pays.

Les personnalités susmentionnées se sont accordées pour :

1. Exprimer leurs vives préoccupations quant à la dégradation de la situation et les dangers qui menacent le pays sur plusieurs plans ;

2. Constater l’incapacité du pouvoir en place à résoudre les problèmes du pays et à redonner confiance et espoir aux citoyens ;

3. Insister sur la nécessité d’un changement du régime, qui constitue une revendication populaire urgente ;

4. Insister pour que ce changement soit radical, consensuel et non-violent ;

5. Insister sur la nécessité de la participation de toutes les forces qui aspirent à ce changement, et ce quelles que soient leurs idéologies, leurs tendances politiques ou leurs secteurs d’activité ;

6. Considérer que la proclamation du 1er Novembre 1954 peut être un socle pour un cadre national global après soumission à une relecture approfondie et consensuelle qui vise sa réactualisation ;

7. Considérer que ce changement exige une dynamique politique et sociale qui soit la résultante d’une consultation, d’une coordination et d’une action commune de toutes les bonnes volontés.


Elles soutiennent les initiatives qui revendiquent ce changement et appellent à ce qu’elles se multiplient à tous les niveaux, et dans tous les segments de la société.

Elles réaffirment leur confiance en la capacité du peuple algérien à dépasser la crise qui a trop duré et à construire l’Etat de droit pour lequel des générations de martyrs et de militants se sont sacrifiés.

Fait à Genève, le 15 novembre 2008


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MessagePosté le: Sam 15 Nov - 21:15 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Lun 17 Nov - 14:47 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Le changement est inévitable. 

Par Brahim Younessi


Le changement désigne le passage d’un état vers un autre état. Les physiciens connaissent bien ce phénomène notamment en thermodynamique qui développe une image évolutive de l’univers. Les sciences sociales ont tenté de récupérer avec plus ou moins de bonheur les concepts d’enthalpie et d’entropie produit par cette branche de la physique pour tenter d’expliquer par l’effet du principe d’entropie la dégradation naturelle qui touche indubitablement les systèmes sociaux. Et face au chaos généré notamment par le temps, au désordre, la néguentropie, principe d’organisation du système, devient une nécessité pour produire de la cohésion et de l’ordre raisonnable fondé essentiellement sur les valeurs.
La sociologie s’est, quant à elle, donnée pour tâche fondamentale d’énoncer les lois du changement social. La loi des trois états d’Auguste Comte est connue de tous. Pour le philosophe positiviste, le changement est nécessairement une évolution, un progrès caractérisé par le passage de l’état théologique à l’état métaphysique puis à l’état positif qui correspond à l’âge de la science.
On ne peut expliquer autrement le changement que par la transformation ou la modification d’une chose, d’une situation, d’une personne, d’une société etc…
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », disait le chimiste français Antoine Lavoisier. Et toute transformation, l’enthalpie de changement d’état, comme disent les physiciens, a besoin d’énergie et d’action pour se réaliser.
Pour rassurer tout le monde, je ne vise pas ici la révolution qui caractérise généralement un changement brutal et brusque de l’ordre établi. Mais l’on peut parler de révolution dès lors que se produit un changement profond, radical des structures politiques et sociales d’un Etat. Et c’est ce qui nous intéresse ici. Le choix du sujet de ce colloque est, me semble-t-il, assez éloquent parce qu’il traduit par le premier terme de son intitulé : « Perspectives de changement politique en Algérie » l’optimisme des organisateurs de cette rencontre à atteindre le changement, certes éloigné mais probable. Sans certitude, mais le changement a des chances de se produire. Edgar Morin dit qu’un « observateur impartial qui est dans un temps et dans un lieu, et qui dispose de bonnes informations sur le passé et les processus en cours du présent, peut projeter dans l’avenir ce qui lui semble probable. » L’absence de certitude laisse place dans le probable à l’aléatoire, au hasard alors que la nécessité et l’urgence exigent le changement. Le principe d’entropie aussi. Et en raison de ce principe, le système ne peut se transformer de lui-même, il ne peut pas changer alors qu’il faut absolument qu’il change. Nous savons que le changement ne se décrète pas, il faut donc l’aider à se produire, à se réaliser. Alors, comment l’aider et quels moyens utiliser ? Je m’empresse de dire, ici, avant de tenter une réponse, que nous avons du changement une conception forcément positive, bienfaitrice, libératrice ; nous voulons, en effet, transformer la société, changer une situation que nous jugeons mauvaise par une autre qui nous semble ou que nous croyons meilleure. Cependant, nous n’ignorons pas que le changement peut aussi avoir des effets néfastes, il peut être, dans son sens négatif, compris comme une altération, une inconstance, un avatar qui est quand même un événement fâcheux…
C’est dire toute la prudence que nous mettons pour parler du changement, bien que celui-ci, et nous le savons, procure souvent des avantages contrairement au statu quo qui profite presque toujours à l’ordre établi, à ceux qui résistent au changement. Et la résistance au changement, lorsque celle-ci vient des forces sociales, est souvent motivée par la peur de l’insécurité, la méfiance et surtout l’incertitude et l’inconnu. Le changement est presque toujours considéré comme hasardeux, les conservatismes, les habitudes et les intérêts pèsent énormément dans le choix de résister à toute transformation. Comme disait Jean Monnet, « les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise. »
Or, la crise est là. L’Algérie la vit depuis fort longtemps. L’échec au milieu des années 1970 du projet de modernisation de l’économie par industrialisation accélérée avait déjà entrouvert la porte du changement, sinon à une période de transition que le pouvoir a vite fait de refermer pour cause de menace à nos frontières avec l’affaire du Sahara Occidental.
Rendu, potentiellement possible d’avoir lieu, le changement attend encore son heure malgré les nombreuses convulsions qui ont agité le pays. Une succession de troubles politiques majeurs (1980 Kabylie, 1986 Constantine, Sétif, 1988 tout le pays s’embrase, 1992 début de la violence) n’ont pas eu raison d’un pouvoir autiste d’accompagner le changement dont il sait pourtant que la nécessité finira, à court ou moyen terme, par l’imposer. La brèche ouverte en février 1989 n’a pas fondamentalement changé la matrice du pouvoir qui continue de contrôler toutes les ressources et d’utiliser tous les moyens, y compris la force armée, comme en octobre 1988, pour assurer son maintien à la tête de l’Etat.
Le passage d’une société d’autorité à une société de libertés a du mal à se faire sans heurts, sans violence et sans drame. A chaque fois que le pays s’est approché d’un changement pacifique du système, le pouvoir dans toutes ses composantes a choisi la confrontation pour répondre aux velléités démocratiques de la société. Le pire de la politique est la politique du pire, source de chaos et de désordre, menée par un pouvoir qui se trouve face à des contestations sociales en gestation à cause, curieux retournement de situation, de l’embellie financière du pays procurée par l’extraordinaire et incroyable flambée des prix des hydrocarbures. Paradoxalement, cette aisance financière marque l’évanescence de l’Etat et l’absence de toute politique publique face aux attentes et aux multiples demandes de la société. L’accumulation des problèmes à la fois 
d’ordre politique, le verrouillage de cette ressource pose indéniablement la question lancinante de l’exercice de la volonté populaire que le président de la République vient de bafouer en procédant à la révision de la Constitution qui lui donne désormais le droit de briguer un troisième mandat,
d’ordre économique, cette ressource est livrée à l’incohérence, à l’anarchie et au désordre, chacun, ici, connaît les performances négatives et régressives de l’économie algérienne que ternit l’image de ces « harraga » qui fuient le chômage et la misère,
d’ordre social, cette ressource est porteuse d’explosion, c’est une poudrière qui peut prendre feu à tout moment, les manifestations syndicales se multiplient, les jeunes qui ne tentent pas l’aventure de la mer crient leur désespoir et se retrouvent souvent condamnés pour « trouble à l’ordre public » à des peines de prison, toutes les catégories socioprofessionnelles souffrent de la faiblesse de leur pouvoir d’achat,
d’ordre culturel, cette ressource est tout aussi bloquée, la quête d’identité des Algériens est toujours prégnante, elle n’a pas perdu de son acuité, elle peut servir de détonateur aux autres ressources,
caractérise l’évolution entropique du système qui devient de plus en plus instable du fait de l’état de délabrement du pays et du désordre qui y règne.
Alors, je reviens à mon interrogation, comment l’aider à changer et quels moyens utiliser ? La construction d’une opposition crédible, sérieuse, travailleuse, me semble être un moyen, je n’ai pas dit le seul moyen, de rendre le changement non seulement possible mais inévitable. 

 
Brahim YOUNESSI, le 13 novembre 2008


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MessagePosté le: Dim 23 Nov - 19:20 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Suite à la publication du communiqué signé par les participants au colloque qui s'est déroulé à GENEVE et organisé par la fondation CORDOUE, je voudrais savoir si le colloque en question a été le résultat des discutions dans le forum pour la dignité et le changement. Si c'est le cas, j'estime, en toute modestie, que Dr SIDHOUM a péché par précipitation car, contrairement à la perspicacité, l'endurance et le sens de l'à propos dont il a fait preuve tout au long des débats qui n'étaient pas faciles à gérer, il a, me semble-t-il, agi sans s'entourer de toutes les assurances possibles aussi bien politiques que stratégiques qui pouvaient permettre la réussite du colloque dans le sens de son retentissement dans la société par l'adhésion de ses acteurs aussi bien politiques que sociaux.
Les réactions en disent long sur une sorte de scepticisme au regard des attentes et des espoirs des participants aux débats antérieurs à la tenue du colloque. C'est du moins la perception qui se dégage après la lecture des commentaires ou, plus précisément, certains d'entre eux qui, tout en ne s'attardant pas sur le contenu du communiqué, ont mis l'accent sur la participation ou la non participation de certains hommes politiques. Ceci étant, je voudrais aborder l'objet de ma contribution qui vise à émettre un avis sur la participation tant de celle-ci dépend relativement la réussite ou l'échec de l'entreprise et aussi sur le colloque lui-même.
Si je joins ma voix a celle de beaucoup d'autres qui ont évoqué l'absence de Hocine AIT AHMED au colloque de GENEVE, j'ajoute que l'absence d'autres personnalité politiques à titre personnel ou représentant des structures politiques dans le courant islamiste ou démocrate ne peut passer inaperçu.
Ma perception des choses est comme s'il y a une volonté délibérée mais non manifeste de ne pas associer les responsables des partis politiques et miser sur des personnalités sans chapelle partisane pour faire aboutir le projet. Cette démarche, si elle est avérée, peut se comprendre dans le sens d'éviter la suprématie des idées partisanes au détriment de l'objectif assigné au projet.
il y a, bien sûr, le revers de la médaille qui peut être lourd de conséquences dans la mesure où l'absence ou l'écartement des partis politiques pourrait compromettre la construction d'un rapport de force favorable à l'opposition. La crainte est légitime de voir ces structures partisanes contrecarrer sournoisement ou publiquement le projet qu'elles verraient comme contrevenant à leurs objectifs immédiats donc politiciens. Pour revenir au panel de personnalités présentes à GENEVE, on peut vite remarquer que le courant démocratique n'était pas ou était sous-représenté par des personnalités responsables mais loin de faire l'unanimité dans le courant démocratique soit par leurs positions, leur attachement à une sphère du pouvoir ou à des structures partisanes qui ne cessent de faire le malheur des Algériens.
Au demeurant, je parle de Hocine AIT AHMED comme personnalité politique nationale et non du FFS qui n'est, n'en déplaise à un certain Radjef Said qui use de la langue de bois, que l'ombre de lui- même tant il est miné par des problèmes d'ordre organique qui ont leur prolongement politique.
Le mouvement citoyen a eu à en pâtir en n'ayant pas su gérer judicieusement la donne partisane en misant sur la faiblesse relative des partis qui avaient une certaine audience en Kabylie.
Concernant le fond, j'ai eu par le passé à livrer ma pensée sur le forum pour la dignité et le changement. Je constate avec amertume que l'inanité de vouloir fondre les deux courants islamiste et démocratique pour en faire une synthèse est avérée. Autant à ROME qu'à GENEVE, le nœud gordien était la source de législation qui a, bien sûr, son soubassement idéologique et civilisationel. A ROME c'était la loi légitime et à GENEVE, c'est « dawlat el haq ». En l'occurrence, le choix persistant de la sémantique trahit la défense d'une position politique voire idéologique qui n'est point en harmonie avec la recherche du consensus. Ne reste alors que la ruse visant à accepter un compromis conjoncturel dans l'attente d'un meilleur rapport de force.
Cette situation relève du tragique mais elle recommande plus de perspicacité et plus de clairvoyance. L'équation n'est pas simple dans la mesure où le pouvoir qui sait comment corrompre parce que corrupteur joue sur du velours parce qu'il a en face de lui deux oppositions aux antipodes l'une de l'autre qui ne risquent pas d'arriver à une plate-forme consensuelle.
La lucidité impose à tous le devoir de faire bouger les lignes qui ne doivent pas être immuables mais cela suppose des préalables aux deux courants.
Si le courant démocrate doit reconnaître que l'islamisme est une donnée politique avec laquelle il doit composer dans le respect de la diversité d'opinion et qu'il ne doit pas l'assimiler automatiquement à l'intégrisme, le courant islamiste doit clarifier sa position par rapport a la charria car vouloir l'imposer par la violence ou par la voie des urnes est problématique car l'application de la charria, autant que cela soit possible dans la réalité quotidienne soit au niveau politique ou socio-économique, est antinomique avec les principes régissant les droits de l'homme unanimement admis dans le monde.
Est ce la quadrature du cercle? L'horizon est-il bouché pour autant? Je crois que l'espoir est permis si nous laissons la raison dicter son choix. N'oublions pas que si le peuple se désintéresse de la politique, il ne peut échapper à la mainmise du pouvoir par diverses formes de corruption aussi directes qu'indirectes. Le meilleur combat est de contribuer au rétablissement du sentiment de dignité et de fierté chez les Algériens par des positions justes, fortes et honorables donc mobilisatrices car un peuple qui a perdu l'espoir et ne croit plus à un idéal ne s'occupe que du quotidien immédiat.
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MessagePosté le: Lun 24 Nov - 18:42 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

En réponse à mon compatriote signant sous le pseudo ARABUZ,

Salam,
Le colloque organisé par la Fondation de Cordoue n’a rien à voir avec le forum de la dignité et du changement. Les compatriotes de toutes tendances politiques et idéologiques qui y ont participé l’ont fait à titre personnel et ne représentaient que leurs modestes personnes. Cependant, l’esprit du colloque va dans le même sens que celui du forum : travailler en vue du rassemblement des volontés sincères intellectuelles et politiques sur la base de valeurs sociales et de principes démocratiques acceptés et respectés par tous afin d’enclencher cette dynamique populaire du changement.
Soyez rassuré, Monsieur, je ne suis pas né de la dernière pluie et la précipitation n’a jamais fait partie de mon programme d’action politique. Le travail au sein du forum de la dignité et du changement est un TRAVAIL COLLECTIF et la DECISION est COLLEGIALE. Tout comme le zaïmisme ne fait pas partie de notre pratique. Nous avons pris en notre âme et conscience nos responsabilités et nous agissons à visage découvert. Nous nous permettrons jamais de donner à quiconque des leçons de démocratie ou de savoir-faire et nous n’acceptons de personne ces mêmes leçons. Chacun apporte avec calme et humilité sa petite pierre en vue de la construction de cette initiative rassembleuse.
Comme vous le dites si bien, nous agissons humblement, avec perspicacité et patiemment. La tâche n’est pas facile après tant de dégâts provoqués à la fois par ce régime d’ignares mais aussi par une certaine élite, celle de la lâcheté et de la compromission vile.
A mon humble avis, cette première réunion de Genève n’est qu’un premier pas vers le rassemblement de ces volontés sans exclusion. A ma connaissance, des compatriotes de tous bords avaient été invités. Certains ont répondu favorablement, d’autres n’ont pu y assister pour des problèmes de santé ou administratifs (passeports). D'autres ont soulevé des problèmes politiques discutables mais que je respecte. Deux ou trois n’ont pas jugé utile d'y répondre.

On ne pouvait s’attendre à une résolution de tous les problèmes après ce premier contact. Mais un grand pas fut réalisé en réunissant des nationalistes, des islamistes et des sociaux-démocrates autour d’une même table pour discuter des perspectives de changement, et ce, dans un climat de sérénité et de fraternité qui m’a beaucoup touché. D'autres réunions sont prévues avec agrandissement au fur et à mesure du cercle de concertation. A aucun moment, les fondements de notre Algérianité ne furent remis en cause par quiconque, malgré nos différences idéologiques. Il y avait des kabyles, des Chaouias et des arabes qui étaient avant tout des ALGERIENS soudés par leurs valeurs civilisationnelles Amazigho-arabo-islamiques. Personne n’a demandé à l’autre quelle était sa religion, sa culture ou son étiquette politique. Ce dont nous avons débattu était le DEVENIR de notre Algérie à TOUS et les voies et moyens de parvenir à un changement radical et pacifique de régime et l’instauration d’un Etat de Droit où puissent vivre dignement et fraternellement, toutes les Algériennes et tous les Algériens, dans toute leur pluralité et sans exclusion aucune. Voila l’esprit qui a régné à Genève durant ces deux journées de débats. Personne n’avait le monopole de quoique ce soit et le zaïmisme n’avait aucune place autour de la table. Et je crois que les citoyens ont eu à juger en partie de l’esprit du colloque de Genève, à travers ce qu’ils ont vu et entendu grâce à El Jazeera Mubasher et à You tube. Le black-out ou la désinformation de certains plumitifs n’auront eu aucun effet car nous sommes de ceux qui croyons que notre peuple est assez mûr pour séparer le bon grain de l’ivraie et qu’il n’a point besoin de tuteurs pour lui expliquer tout cela et de faire un quelconque choix à sa place.
J’ai été très touché aussi par l’humilité et la sagesse de notre frère aîné, Si Abdelhamid Mehri. Avec un passé historique aussi riche et une expérience politique qui l’est tout aussi, il ne s’est jamais posé en ZAIM lors de la conférence. Il a accepté de venir discuter avec la génération de l’Indépendance. Son geste fut interprété par l’écrasante majorité des participants comme un encouragement à notre génération et à la nouvelle relève politique du pays. A aucun moment, il n’a essayé d’imposer ses idées ou ses points de vue. Il nous a souvent éclairé sur le plan historique, lors de nos débats et nous a permis de clarifier beaucoup de choses que les imposteurs au pouvoir ont voulu nous travestir depuis 62. C’est un HOMME POLITIQUE DIGNE, de la génération de novembre et qui est venu encourager des femmes et des hommes de la génération de l’indépendance.
Je ne vais pas m’appesantir sur le différent d’ordre sémantique (et peut-être idéologique) qui est apparu lors du débat qui a entouré la déclaration finale au sujet de l’Etat de Droit. Un participant a jugé que Dawlat El Haq était le plus adapté et a défendu ses convictions jusqu’au bout. C’est son droit le plus absolu. Nous avons, quant à nous tenu au concept universel d’Etat de Droit. Le frère s’est incliné devant l’écrasante majorité, sans rancune ni animosité. Cette divergence de vue sur certains concepts n’est pas une raison de nous diviser et nous plonger dans des querelles byzantines sans fin, nous faisant oublier l’ESSENTIEL. Et nous nous ne sommes pas divisés. C’est cela la démocratie. Le même problème s’était posé à Rome, selon notre frère Si Abdelhamid. Cela n’avait pas empêché les participants de sortir avec un Contrat National cohérent qui aurait pu, s’il avait été accepté par les sous-officiers de l’armée française au pouvoir et leurs affidés de la « société servile », faire l’économie de dizaines de milliers de victimes innocentes.
Pour le reste je partage votre point de vue et je crois comme vous « que l'espoir est permis si nous laissons la raison dicter son choix », pour reprendre vos propres termes.
Fraternellement.


Salah-Eddine Sidhoum
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MessagePosté le: Mar 25 Nov - 18:01 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

A mon humble avis, aucun Algérien ne doit être exclu de la démarche visant à redonner au citoyen sa dignité et à faire recouvrer au peuple sa souveraineté. Sauf  pour les fautes lourdes à déteminer, à un tribunal légalement constitué de statuer éventuellement une fois le pouvoir légitime mis en place avec toutes les garanties politiques, juridiques, sociales et autres.

Qu'il ait été membre du pouvoir , des partis ou qu'il soit de toute obédience tout Algérien devrait pouvoir dire, je suis preneur dans ce projet unificateur pour batir une Algérie digne et prospère, ou la voix du peuple est seule décisive qu'il confie à ses représentants librement choisis.

Notre propos est de rassembler autour d'un projet unificateur  toutes les forces vives de la nation quelles que soient leurs obédiences, les appartenances ou leurs erreurs passées, afin de changer un système de gestion du pays où tout le monde est partie prenante, ne serait ce que par la passivité et l'acceptation implicite et par un silence complice.

La construction de la confiance, par la sincérité et la bonne foi permettra à l'autorité au sens général de s'affirmer peu à peu pour atteindre les compétences techniques, universitaires, de père de famille éducateur et autres de façon à ce que cette autorité se ressente non pas par la force, mais par la persuasion et le savoir faire, les meilleurs d'entre nous se hissant au sommet et une pyramide graduelle basée sur le mérite et la compétence déterminant les strates sociales. Il n'y a que de cette façon que nous pourrons construire le pays à mon sens.

La démagogie est de ce fait à bannir, de même que les calculs égoistes et individualistes ou partisans et politiciens visant à faire de ce mouvement d'émancipation un tremplin.car alors, ce serait briser la dernière chance et le dernier espoir qu'a ce peuple de sortir du gouffre où il est poussé par touches successives et ce serait alors  criminel. Je ne pense pas que les membres de notre forum soient des opportunistes, la sincérité qui anime les débats en est une preuve.
_________________
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MessagePosté le: Mar 25 Nov - 19:12 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Merci mon cher frère signant sous le pseudo jnsplu pour votre contribution franche et sincère dont je partage les grandes lignes développées. Lentement mais surement, nous arriverons à nous écouter, à nous entendre puis à nous rassembler sur des bases démocratiques claires, afin d'enclencher cette dynamique populaire du changement. Nous appartenons à ce peuple patient et généreux et nous croyons profondément, que le moment voulu, il saura séparer le bon grain de l'ivraie. Soyons dignes et honnêtes pour le SERVIR et soyons à la hauteur de ses espérances.
Fraternellement.
Salah-Eddine Sidhoum
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MessagePosté le: Jeu 27 Nov - 15:13 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Azul, salam.
Dans votre réponse à mon commentaire, j'ai trouvé des éléments d'information qui me manquaient. Il est donc clair que l'initiative de la fondation COURDOUE n'a pas de lien avec le forum pour la dignité et le changement.
Dans votre développement, vous insistez sur le fait d'éviter les discutions byzantines et ne s'en tenir qu'à l'essentiel.
Je considère que toute discussion qui ne s'éloigne pas de l'éthique et qui ne verse pas dans l'invective et l'insulte ne doit être considérée ni oiseuse ni byzantine. A ce niveau des débats, chacun appréhende le sujet selon des données particulières et peut donc avoir une approche différente de celle des autres débatteurs. Quant à s'en tenir à l'essentiel, je voudrais d'abord dire que l'«essentiel» n'est pas aussi évident qu'on le pense. Savons-nous tous unanimement ou se situe l'essentiel? L'avons-nous défini au préalable? L'avons-nous cerné d'un commun accord pour qu'on puisse s'y conformer.
Pour ma part, je crois comprendre que l'«essentiel» c'est de construire une opposition sur des bases saines loin des slogans, des étiquettes et des raccourcis qui peuvent être préjudiciables à la lutte pour l'instauration de la démocratie. Bien-plus, l'«essentiel» c'est de construire solidement une alternative basée sur les forces représentant la société. Une alternative qui n'aurait pas à souffrir de couacs lorsque viendra le moment de mettre le projet en marche car rien n'est plus aléatoire et dangereux que de présenter une façade d'unité qui s'avérera factice car ne pouvant résister aux épreuves du temps et du terrain.
C'est par ce que l'unité est un concept noble que tout patriote sincère doit la défendre mais en faire un dogme me parait humblement une démarche ni logique ni réaliste car comme on peut nuire à l'unité des rangs en la cassant ou en la minant pour des desseins avoués ou inavoués, on peut aussi le faire en voulant y arriver coûte que coûte sans ce soucier des préalables et des impondérables.
C'est dans cet esprit que je considère que le contra de Rome a souffert de concessions d'ordre sémantique pour préserver l'unité. Ne doit-on pas nous poser la question de savoir si son non aboutissement n'était pas dû aux prolongements politiques de ces concessions sans pour cela minimiser le rôle négatif et malsain du pouvoir qui l'avait contre carré de bonne guère par ce qu'une initiative venant de l'opposition réunissant des courants divers était un danger qu'il devait étouffer au plus vite car son souci premier est de garder toujours l'initiative tout en évitant d'être un partenaire mais un arbitre au dessus de la mêlée.
En définitive, je réitère que l'«essentiel» c'est de définir le projet de société qui implique la source de la législation en vigueur afin que la sérénité règne dans les rangs et éviter toute entourloupe qui peut conduire la société à des situations dramatiques. L'un des impondérables est à ce niveau et nous ne pouvons l'occulter pour des besoins tactiques ou pour des considérations stratégiques.
Enfin, si la situation est complexe elle requiert une grande circonspection, un débat serein qui doit aller au fond des choses en ne redoutant pas de bousculer les idées reçues . Cela ne peut-être que salutaire car de la profondeur des débats naitra la solution idéale par ce que consensuelle. La réalisation de l'œuvre est à ce prix et ne peut souffrir des solutions illusoires qui nous mèneront vers des lendemains incertains.
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Mazal l xir ar zdat!


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Brahim YOUNESSI


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MessagePosté le: Jeu 27 Nov - 23:01 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Salam, Azul, bonjour,

Le texte que je vous propose a été publié le 21 décembre 2003, c'est à dire 4 mois avant l'élection présidentielle d'avril 2004, par "Le Quotidien d'Oran". J'espère qu'il donnera lieu à un large débat sur nos institutions malmenées depuis l'indépendance.

Une présidentielle pour rien ! 
Par Brahim Younessi  Politologue  
 L’Etat algérien est-il à ce point démocratique pour faire de la prochaine élection présidentielle un enjeu politique majeur?
Il faut arrêter de faire semblant que les institutions algériennes sont l’émanation de la volonté du peuple.
 Aucune fonction élective, du plus ordinaire des conseillers municipaux jusqu’au président de la République, ne procède d’une sanction réelle du suffrage universel.
 La compétition politique n’est, en vérité, qu’une comédie à laquelle se livrent des acteurs que rien ne différencie ni sur la forme, ni sur le fond.
Qu’est-ce qui sépare, par exemple, le FLN et le RND, le MSP, l’Islah et Ennahda, le FFS et le RCD, en dehors des ambitions personnelles ? Faites le portrait des candidats déclarés ou virtuels à la présidentielle prochaine, à l’exception d’une ou deux personnalités, ils présentent tous le même profil. Quel changement peut-on, dès lors, attendre d’un clone de l’actuel chef de l’Etat? Les sensibilités sont, à quelques nuances près, identiques et les itinéraires aussi.
 Un choix entre Abdelaziz Bouteflika et Ali Benflis, en est-il vraiment un? C’est blanc bonnet et bonnet blanc ou, si vous préférez, Hadj Moussa-Moussa Hadj.
 Soyons clairs et francs, que peut faire le président de la République sans base politique et sociale qui le soutient dans le pays et à l’Assemblée nationale devant l’omnipotence d’une armée sans concession? Tant que le système est celui que nous subissons, il ne faut rien espérer comme changement notable quel que ce soit le prochain chef de l’Etat. «L’institution militaire» est, incontestablement, le noeud gordien qu’il faudra trancher pour voir le droit, notamment constitutionnel, réguler l’espace politique et public.          Bien qu’il dispose, constitutionnellement, d’un large pouvoir, le président de la République est contraint dans ses décisions, comme il a été donné au peuple algérien de le constater tout au long de ces dernières années avec le limogeage en 1992 de Chadli Bendjedid par un collège d’officiers sans légitimité électorale et l’intronisation en 1999 de Abdelaziz Bouteflika à la magistrature suprême par les mêmes hommes. Pourquoi le prochain président de la République échapperait-il à cette règle en devenant, par la grâce de l’état-major de l’armée, autonome de «l’institution militaire»? La neutralité de l’armée qu’exigent tous les candidats virtuels à la prochaine présidentielle laisse supposer que la mainmise des généraux sur les institutions de la République est encore prégnante. Les déclarations du chef d’état-major, le général Mohamed Lamari, sur le désengagement politique de l’armée ne peuvent pas être prises au sérieux, bien que l’on ait envie de le croire.
La réalité démontre quotidiennement que les décisions (ou l’absence de décisions) politiques ou législatives ne se prennent pas dans les enceintes représentatives «élues».  Le dernier mot revient toujours à l’armée qui pour des raisons que chacun devine, n’abandonnera pas volontairement sa position dominante sur toutes les institutions politiques nationales. Malgré les tensions, ce que Abdelaziz Bouteflika n’a pas pu faire, un autre chef de l’Etat peut-il se prévaloir de ses prérogatives constitutionnelles pour réaménager le haut commandement de l’armée et des services de sécurité qui ne semblent obéir qu’à leur propre logique, pour ne pas dire leurs intérêts claniques? Pourtant, l’article 77 de la Constitution fait du chef de l’Etat le chef suprême des forces armées, et l’article 78 donne au président de la République le droit de nommer aux emplois civils et militaires de l’Etat et de désigner les responsables des organes de sécurité. Toutes les velléités de les placer sous l’autorité et le contrôle de la loi ont rencontré la détermination du haut collège de l’armée pour maintenir le rapport des forces en sa faveur.
 En l’état actuel de la configuration politique du pays, il y a peu de chance que cela puisse changer d’un iota. Le système politique algérien doit être entièrement reformaté pour faire repartir l’Etat sur des bases nouvelles et saines. D’aventure en aventure politique, l’Algérie est en train de sombrer dans le chaos et de s’installer durablement dans la précarité par la faute de quelques hommes qui préfèrent devenir des eunuques pourvu qu’ils s’assoient dans le fauteuil présidentiel. Les Algériens ne s’attendent à rien de la part de candidats qui se bousculent au portillon du ministère de la Défense nationale pour avoir l’autorisation de briguer la présidence de la République. Les récalcitrants subiront, on le sait, soit l’écrémage dont est chargé le «Conseil constitutionnel», soit le trucage que le ministre de l’Intérieur et son Administration, les walis en tête, ne manqueront pas d’organiser. Plus intelligents que la classe politique, les électeurs qui ne sont plus dupes des manoeuvres du pouvoir pour demeurer en place ont déjà marqué une tendance à l’abstention massive. Le temps aidant, ils ont pris conscience que les élections ne constituent pas la voie royale pour sortir l’Algérie de la crise. Le seul chemin salvateur pour le pays est celui de la constituante souveraine du peuple qui détient le pouvoir d’établir les règles fondamentales relatives à la dévolution et à l’exercice du pouvoir politique.  Cette procédure qui relève du mode démocratique d’élaboration des institutions politiques n’a jamais été mise en oeuvre en Algérie gouvernée depuis son indépendance par le parti unique.
 Elle constitue une chance de voir le pays se stabiliser et la nation rassemblée autour de ses constantes essentielles et de ses valeurs communes que le pluralisme idéologique, politique, culturelle et linguistique ne contredit, ni n’oppose, dès lors que la démocratie est acceptée comme système de gestion des affaires publiques. Il va de soi qu’il faut comprendre la démocratie comme l’expression de la volonté commune au plus grand nombre. Paradoxalement, les franges développant les idées en apparence les plus ouvertes et les plus libérales proposent à la nation une démocratie de type «unanimitaire» dont le fondement est la suppression pure et simple du choix électoral.
 Seuls les marxistes défendaient cette vision de la société sans classe et sans contradiction. A défaut d’aller, pour une raison ou une autre, vers la constituante, la réforme du système électoral actuel est nécessaire pour discipliner les partis politiques qui ne sont pas dans la culture du dialogue et du consensus. A l’évidence, le mode de scrutin joue un rôle fondamental dans l’organisation du champ politique. Toutes les démocraties modernes essaient, après avoir expérimenté le pluripartisme, de réduire la scène politique à deux grands courants opposés qui alternent au pouvoir. Lié au bipartisme, le système majoritaire uninominal à un tour, propre au régime parlementaire, a l’avantage de dégager une majorité nette et franche qui assure l’efficacité du Parlement au détriment, il est vrai, de la justice électorale dont pâtissent les petits partis. Selon moi, ce système est préférable à tous les autres parce que, qu’on le veuille ou non, une société est, dans tous les cas de figure, traversée par deux grands blocs: l’un conservateur, l’autre moderniste. Opter pour le régime parlementaire, c’est éviter la prépondérance d’un pouvoir sur un autre.
 Bien que la séparation des pouvoirs soit souple dans ce type de régime, chacun d’entre eux doit obligatoirement s’accommoder des autres pour que les institutions fonctionnent correctement.
 En tout cas, la simplicité du mode de scrutin uninominal à un tour ne pourra qu’assainir le climat de fraude qui pèse sur chaque élection et contraindra les partis à s’allier pour espérer arriver au pouvoir.
 De ce point de vue, le scrutin proportionnel, bien qu’il assure une égalité de représentation dans les assemblées élues, est certainement le plus mauvais parce que, d’une part, il nuit à l’action politique, et, d’autre part, il dépossède les électeurs de leur souveraineté au profit des partis. Le choix de ce mode de scrutin par le gouvernement algérien n’est pas innocent et n’a pas pour souci démocratique de permettre à toutes les opinions d’être représentées selon leur poids électoral et leur importance réelle.
 L’émiettement du champ politique par la représentation proportionnelle profite au président de la République qui agit comme un véritable monarque, voire autocrate, du fait des pouvoirs dont il dispose et de la majorité qui le soutient, ne pouvant être lui-même ni censuré, ni destitué parce qu’il est politiquement irresponsable. Le seul cas d’empêchement que prévoit la Constitution (article 88) concerne la maladie grave et durable du président de la République, constatée à l’unanimité de ses membres par le Conseil constitutionnel.
 Inspiré du système français qui n’est pas le meilleur, la France a dû, d’ailleurs, s’adapter aux réalités électorales à la suite de trois cohabitations en faisant coïncider élections législatives et élection présidentielle, le système algérien est tout aussi bâtard, il n’est ni parlementaire, ni présidentiel. Les Français disent de leur régime qu’il est semi-présidentiel et semi-parlementaire.
 Les Algériens doivent absolument sortir de cette ambiguïté et choisir de façon claire entre un régime franchement parlementaire qui a ma faveur ou un régime présidentiel comme le pratiquent les Etats-Unis d’Amérique. Le pays ne peut pas rester indéfiniment dans cette situation institutionnelle bâtarde. La prochaine élection présidentielle ne fera que pérenniser des mécanismes qui ont fait, depuis longtemps, la preuve de leur nuisance.
 


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MessagePosté le: Ven 28 Nov - 11:14 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Merci mon cher Brahim de nous avoir rappelé cet article qui RESTE D'ACTUALITE, 5 ans plus tard. Les aiguilles de ce régime illégitime et criminel semblent s'être arrêtées aux années du totalitarisme stalinien des Kim Il Sung, Ceaucescau, Castro et autres despotes mal éclairés. Le peuple à ses yeux est une bande d'idiots congénitaux qui accepte tout et qui vénère et sacralise ses "Zou'amas", ces Mehdi sans qui, l'Algérie sombrerait dans le chaos.
Un régime dégénéré physiquement et mentalement qui se retrouve prisonnier de sa propre méthode de Coué. Il croit à ses propres supercheries.
La solution ne peut venir que de l'extérieur de ce système. Et pour cela, les véritables élites intellectuelles et politiques doivent assumer leurs responsabilités historiques pour prendre la tête de la marche populaire vers le changement.

Salah-Eddine Sidhoum.
Alger


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MessagePosté le: Ven 28 Nov - 12:54 (2008)    Sujet du message: Perspectives de changement politique en Algérie Répondre en citant

Citation:
«  Le seul chemin salvateur pour le pays est celui de la constituante souveraine du peuple qui détient le pouvoir d’établir les règles fondamentales relatives à la dévolution et à l’exercice du pouvoir politique. Cette procédure qui relève du mode démocratique d’élaboration des institutions politiques n’a jamais été mise en oeuvre en Algérie gouvernée depuis son indépendance par le parti unique. »


Il me semble qu'il faut à priori être d'accord sur les termes utilisés pour pouvoir avancer dans le débat.

On entend souvent parler de peuple et de souveraineté populaire, qui permette au pouvoir de s'exercer sur le territoire de l'Etat soit directement comme c'était le cas dans un canton suisse jusqu'à une période récente, soit par le biais de représentants comme c'est le cas habituellement et la il y a problème en l'absence de conscience politique, d'astygmatisme dans la perception de l'appartenance . Les questions que je me pose sont d'abord, qu'est ce qu'un peuple et ensuite y a t il réellement un peuple en Algérie et quelles sont ses constituantes.

Si on arrive à répondre à ces deux questions de manière tranchée il sera alors aisé d'en tirer les conséquences Il est vrai que ces questions sont élémentaires, mais en l'état actuel de l'Algérie , il me semble que les poser est important.

Voici ce que dit jean Jacques Rousseau:

"Un peuple, dit Grotius, peut se donner à un roi. Selon Grotius un peuple est donc un peuple avant de se donner à un roi. Ce don même est un acte civil, il suppose une délibération publique. Avant donc que d'examiner l'acte par lequel un peuple élit un roi, il serait bon d'examiner l'acte par lequel un peuple est un peuple. Car cet acte étant nécessairement antérieur à l'autre est le vrai fondement de la société.

En effet, s'il n'y avait point de convention antérieure, où serait, à moins que l'élection ne fût unanime, l'obligation pour le petit nombre de se soumettre au choix du grand, et d'où cent qui veulent un maître ont-ils le droit de voter pour dix qui n'en veulent point ? La loi de la pluralité des suffrages est elle-même un établissement de convention, et suppose au moins une fois l'unanimité".
Du contrat social, I, 5

La lecture de Rousseau, incontournable dans ce domaine nous amène à vouloir comprendre si le peuple Algérien constitue une société. Quelle est la différence entre un peuple et une société.... Le peuple Algérien en possède t il les constituants ? Quels sont ils ? Je serai tenté de répondre : l'islamité, l'arabité et l'amazighité, mais ce sont des credos perçus différemment par les uns et les autres et de toute façon aucun d'eux n'est spécifique à l'Algérie.

 Les francophiles (pas les francophones) ne veulent pas entendre de l'arabité , 
certains courants amazighophiles ne veulent pas non plus entendre parler de l'arabité, donc l'arabité de l'Algérie est contestée en partie, devra t on l'imposer ou faire des compromis qui généreront des tensions ? L'Islam est une religion que certazins comme moi perçoivent comme une civilisation aussi et une manière d'être en plus d'être une religion, mais est ce le cas de tous ? J'en doute ! Des voix s'élèvent et elles sont nombreuses pour dire qu'il faut sortir l'islam de l'aire sociale et politique de façon à rétrécir son champ à terme en fondant l'espoir  secret ou pas qu'il finisse par disparaitre. Devra t on faire taire ces voix et comment ou là encore un compromis doit être trouvé et jusqu'à quand ?

Et question subsidiaire a partir de quel nombre d'habitants commence t on à dire qu'il s'agit d'un peuple ? Car alors l'Algérie  se verrait dotée d'un nombre de peuples impressionnant si ce critère pouvait être délimité à certains niveaux .

Il pourrait sembler que mon intervention est ironique mais ce n'est pas le cas, il me semble seulement non pas comme disait Ferhat Abbas, qu' il n'y ait pas de nation Algérienne , je crois fermement qu'elle existe mais que la meilleure solution serait d'inventer un état à notre mesure qui fédérerait les sous ensembles existants de manière souple pour permettre de bâtir un Etat.

Je termine en posant deux questions: 1-Un peuple peut il exister sans conscience de son pouvoir politique dans l'Etat ? 2- Le peuple Algérien à t il conscience de son pouvoir politique et quelles en sont les manifestations .
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