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Quelle démocratie et quel changement ?
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zarfa


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Inscrit le: 13 Déc 2007
Messages: 14
Localisation: Algérie

MessagePosté le: Sam 19 Jan - 21:26 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Bonsoir,
Je souhaiterais revenir sur ce que vient d'envoyer notre compatriote arabuz à propos de la langue tamazight, car malheureusement tant que les clichés et les raccourcis  "arabophone" implique anti-amazighité sévissent parmi nous, nous  ne serons que les produits  de ce système et les répliques des idéologies "fabriquées" dans les laboratoires de nos chers "services".
Ce n'est pas parce que d'éminents chercheurs et de grands passionnés de la question de la langue Tamazight ont écrit en Français qu'il faut absolument transcrire ? et d'ailleurs avons nous suffise ment réfléchi à la transcription ? Et ce n'est pas parce que des zélés du système qui se sont toujours lamentablement  voir  misérablement exprimé sur la question l'ont fait dans la langue arabe, qu'il faut exclure cette dernière du débat.
N'oublions jamais que la langue arabe est elle aussi victime des manipulations et des perversions pseudo nationalistes dictées par la pire tendance  "baathiste", le système a fait de cette langue celle de la démagogie et de l'horrible discours officiel, il a créé une caste de "faux" arabophones dont le niveau d'instruction était à peine palpable, leur a livré le système éducatif et avec, des milliers d'Algériens qui ne pouvaient en fin de parcours que mépriser cet outil.
Auriez vous oublié monsieur Qu'ibn Khaldoun (qui bien sûr a écrit en Arabe)  est l'une des meilleures références sur ce peuple   ? auriez vous oublié que les mozabites, et jusqu'à nos jours transcrivent leur langue en arabe ? Avez vous lu  les chefs d'œuvres d'Al Jaroumi (Originaire de Garouma, Kabylie) ?
Non Monsieur, nous ne pouvons pas bâtir par l'exclusion et la haine, Tamazight fait partie intégrante de nous, et si nous voulons vraiment qu'il en soit ainsi, si nous souhaitons que cette langue sorte des campagnes perdues, des salons feutrés de ces chercheurs d'outre mer, des mains de ces prétendus "berbéristes" et de tous leurs ténors de l'ignorance, nous devons justement la mettre à la disposition  de tous , pourquoi l'enseigner à tizi-ouzou et pas à constantine ? c'est pour qu'elle ne serve à rien et qu'elle ne soit jamais un patrimoine national.
Croyez moi, c'est en s'ouvrant sur une transcription en arabe (sachant en plus, et nous ne pouvons le nier, que la proximité linguistique et phonétique sont plus importantes entre les langues sémites et le tamazight) que nous ferons sortir cette langue millénaire de son exil.
Nous ne pouvons pas légitimer tamazight en déligitimant la langue de "kassaman", tout comme nous ne pouvons continuer d'accuser la langue arabe de tous les maux, car ceux là même qui ont dénaturé l'islam, la langue arabe et tout le reste sont en train d'en faire autant avec notre cher Tamazight, pour vous en convaincre allez jeter un coup d'oeil sur les licences de langues berbères délivrées par les universités de tizi ouzou et Béjaia ? en banalité et en médiocrité elles n'ont rien à envier aux diplômes de lettres arabes ou de chimie délivrés ailleurs ; transcrire en Français n' a rien pu y faire !!!
_________________
Devrons nous encore avaler ces thèses de quaida maghreb, île de Bali ! Ben Laden de sa grotte derrière ces attentats, un scénario trop Clownesque m. pour tintin ce qui compte c’est assurer le pétrole éviter le TPI aux Janviéristes..


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MessagePosté le: Sam 19 Jan - 21:26 (2008)    Sujet du message: Publicité

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D.BENCHENOUF


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Inscrit le: 19 Déc 2007
Messages: 10

MessagePosté le: Dim 20 Jan - 13:33 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Les propos de Zarfa sont, à mon avis, tout à fait conformes à la vision de nombreux Algériens qui s'intéressent à cette question cruciale de notre identité. On m'a rapporté, cela reste à vérifier bien sûr, que tous les poèmes du barde Kabyle M'hand Ou M'hand qui nous sont parvenus, ont été transcrits en arabe. Fodil El Ouertillani, grand penseur musulman, et militant anticolonialiste, transcrivait le kabyle en lettres arabes. Jusqu'à aujourd'hui, comme l'a si justement relevé Zarfa, nos compatriotes Mozabites, mais aussi Chaouias, berbères du Sahara, et Kabyles de la région de Beni Ouartillène, transcrivent le berbère en lettres arabes, de façon tout à fait naturelle. Je crois que la réappropriation de notre dimension berbère doit passer par un débat serein et dépassionné. Nul ne doit, au nom d'une haine irraisonnée de la langue arabe, et même de l'Islam, à voir quelques forums, nous embarquer dans une confrontation fratricide. Ce n'est pas parce que des apprentis sorciers doublés de despotes, ont persécuté et marginalisé la langue et l'identité berbères, au nom d'une supposée arabité exclusive, que nous devons succomber dans l'excès inverse. Aujourd'hui, des extrémistes des deux camps, autistes, sourds et muets, habités d'une haine virulente pour tout ce qu'ils croient être l'autre, et n'hésitant pas l'un et l'autre de s'allier à l'ennemi supposé de l'autre, au nom du principe bien connu, tentent de nous mener dans des retranchements extrêmes, voire dans un conflit ouvert entre berberistes et arabistes. La tentation manichéenne est telle que les meneurs des premiers, dont on sait quelques ancrages, appellent à se détacher de l'Islam et de se rallier au christianisme, "religion naturelle des berbères" disent-ils, et les seconds, dont on sait aussi les ancrages, entretiennent un amalgame pernicieux entre identité berbère et apostasie.
Je ne dis pas qu'il faille transcrire absolument le berbère en lettres arabes. Je donne simplement mon avis sur la question. Il serait bon que nul n'impose le sien. Il serait bien venu que nous puissions débattre de tout sans nous jeter des anathèmes à la tête. Dans ce pays, nous avons un identité plurielle, brassée par de nombreuses cultures. Nous avons une mémoire commune et nous voulons avoir un destin commun.
Il y a un point, très intéressant, à mon point de vue, que je souhaiterais voir discuté. C'est l'appellation "Amazigh". Je crois savoir que ce terme était quasi inexistant chez tous les berberes algériens, il y a seulement une vingtaine d'années, hormis chez nos compatriotes Touaregs. Je crois savoir qu'à l'origine, ce terme était utilisé chez les Touaregs pour distinguer les Touaregs libres(Imazighen) des Touaregs serfs(Imrhad). Le sujet étant très délicat, je reste prudent. Mais il serait intéressant qu'on puisse en discuter. D.Benchenouf


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L.leila


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Inscrit le: 04 Jan 2008
Messages: 25
Localisation: France

MessagePosté le: Mar 22 Jan - 14:36 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Bonjour tous les compatriotes,
Effectivement, nous avons « une identité plurielle »;nous sommes une société cosmopolite, qui en principe devrait être fière de cette richesse qui fait l'intelligence d'un peuple. Fière aussi d'être une NATION qui appartient à un vaste pays aussi riche que beau. Serions-nous dépourvus d'intelligence? Que non! nous avons été privés de notre histoire, et ce sont les Autres qui l'ont écrite à notre place. On nous a maintenus dans l'enclave de l'ignorance pour pouvoir semer la haine et nous occuper à écouter les prêches des uns et des autres dont le souci est celui de décrocher un siège qui permettrait au " chat pélerin" de se régaler des pauvres souris.
Quand j'étais à l'Université d'Alger, le comité culturel composé majoritèrement d'étudiants originaires de Tizi-ouzou, affichait des slogans: " l'Afrique aux Africains et les arabes à l'arabi" et puis en caractères bien gras: " Dehors les arabes!"...Massinissa, jugurta...tout retombait dans le désordre. Le déchaînement était tel que que les autres etudiants restèrent perplexes, sans réaction, aucune. Heureusement d'ailleurs! Je pensai " que feraient mes petits neveux et nièces dont les deux mères sont kabyles?"
Pour éviter les dérapages malsains, nous avons besoin de savoir pour ne pas donner l'occasion aux profiteurs de notre ignorance, de nous diviser. oui, la haine existe et malheureusement dans les milieux de notre jeunesse : régionalisme, kabyle/ arabe/chaoui, batni/beskri, oranais/telmçani...Un vrai handicap qui empêche notre pays d'avancer!
Par ailleurs, et aucours d'une lecture d'un ouvrage de l''Historien P. Montagnon , je découvre une information qui m'a impressionnée, la question sur l'origine des habitants de l'Afique du Nord. L'Homo sapiens découvert à Mechta-El-Arbi près de constantine, suscite des questions...On pense aussi que " le toponyme Africa" est dérivé de l'éthnique 'Afer'.Celui-ci "appartiendrait au Lybique berbère "et que les habitants de l'Afrique du nord s'appelleraient des Afri et "l'expression se serait étendue à l'ensemble du Continent noir". Or, la tribu des Bni-Afer existe dans le Constantinois. Des montagnes , les descendants de cette tribu allaient chercher du travail dans les plaines de la région.
Cela est pour dire qu'il serait bon de savoir l'histoire de la richesse de notre cher pays, non ps pour se diviser, mais pour s'unir à jamais, sur cette terre qui nous a tous accueillis.


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arabuz


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Inscrit le: 11 Jan 2008
Messages: 7
Localisation: Algerie

MessagePosté le: Ven 25 Jan - 19:28 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

A L.leila
En parcourant  votre réponse à ma contribution en date du 19/01/2008, je suis au regret de comprendre que l’évolution des mentalités est  encore un vœu pieux chez certains (beaucoup ?) de nos compatriotes.
Il s’avère qu’ils cultivent la haine insidieuse qui fait , en fait, le plus mal car en voulant asséner doctement  leur vérité sur le sujet de l’identité ,ils dérapent tellement qu’ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ressassent les arguties et les slogans du pouvoir d’il ya deux ou trois décades .Le pouvoir a évolué parce que le sens de l’histoire l’y a obligé alors qu’eux sont mentalement bloqués et essayent encore de se justifier en recourant à la falsification des faits historiques (excusez l’euphémisme) que j’évite sciemment de commenter pour ne pas être dans le même registre ou en procédant à des raccourcis d’ordre historique pour ne pas affronter la problématique essentielle .
Il est aujourd’hui bien admis dans les sphères intellectuelles et historiques averties que les habitants de cette partie du monde sont des Berbères, des Amazighs ou des numides (l’appellation  a en l’occurrence une valeur subsidiaire) et qu’ils avaient une langue comme tous les autres peuples .Qu’elle ait été brimée par les différents occupants de l’Afrique du nord est un fait historique avérée.
Il est bien sûr vrai que Tamazight a besoin de promotion et l’Etat Algérien doit y contribuer concrètement et honnêtement. Reste à savoir s’il y a politiquement s’entend, une possibilité de cohabitation de l’Arabe et de Tamazight dans le cadre officiel de l’Etat-Nation qu’est l’Algérie.
C’est la problématique qui est posée et on ne peut s’en dérober en biaisant le débat car cela ne sert la cause ni de la dignité ni du changement auxquels nous aspirons tous.  
_________________
Mazal l xir ar zdat!


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L.leila


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Inscrit le: 04 Jan 2008
Messages: 25
Localisation: France

MessagePosté le: Ven 8 Fév - 20:48 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

A monsieur arabuz
Non monsieur, nous ne sommes pas là pour cultiver la haine. Je condamne le comportement de certains Compatriotes qui mélangent les choses et qui voient en l’autre un petit intrus, ainsi que vous vous appliquez à le souligner. On est grand monsieur, par les bonnes valeurs. Dans mon intervention, j’ai relaté les faits. Je n’ai rien inventé. Quant au pouvoir, vous ne pouvez pas savoir à quel point je méprise tous ceux qui ont participé de près ou de loin, à la dérive du pays et au mépris de la population honnête, que ce soit par incompétence ou par rage d’accéder au pouvoir uniquement pour essayer d’effacer leur passé misérable.
Mon message appelle à regarder les réalités pour pouvoir en débattre dans un climat d’amitié qui permettra à tous de s’exprimer librement afin d’aboutir au bien commun de tous les Algériens.
L’échange dans le respect est éminemment souhaitable, autrement nous risquons de rester là, au point de départ de notre débat. Ce que nous cherchons, monsieur, c’est la clé de nos problèmes ; c’est d’abord la fraternité et l’entente. On ne construit pas par le rejet de l’Autre ou par la haine pour reprendre notre compatriote Zerfa. Il faut qu’on accepte de confronter franchement nos points de vue dans le calme. Ce qui se passe dans nos administrations est alarmant…
A présent, essayons de nous corriger pour arriver à nous rassembler et reconstruire sur les ruines causées par Toufik et ses semblables ainsi que les champions qui ont pu confisquer l’indépendance en rejetant nos Grands hommes et femmes capables de faire de l’Algérie un pays enviable.
Mes salutations aux compatriotes.        


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Brahim YOUNESSI


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Inscrit le: 28 Jan 2008
Messages: 83

MessagePosté le: Dim 10 Fév - 10:50 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

 

Salam, azul
 

 

La laïcité est un concept assez difficile à définir. Contentons-nous pour l'instant de celle-ci : le laïc c’est tout ce qui appartient au peuple et, a contrario, tout ce qui n’appartient pas à l’église.
Au moyen âge, pour certains philosophes comme Marsile de Padoue la laïcité signifiait la prise en charge par l’Etat de la religion. D’autres comme Guillaume d’Occam, par exemple, étaient pour la séparation.
« Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu »  (Matthieu, 22,21) ou « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » (Luc XX, 25). Cette fameuse réponse du Christ à une question qui lui a été posée au sujet de l’impôt est à l’origine et la source de la séparation entre le temporel et le spirituel. L’histoire chrétienne a, cependant, connu toutes les dérives de l’absolutisme religieux. Des Papes-rois aux inquisitions et aux croisades, les chrétiens ont semé la guerre et versé le sang pour imposer notamment le catholicisme comme doctrine officielle. Le conflit de l’Irlande du Nord est un miasme des guerres de religion que l’Europe a vécues. Lors de la croisade contre les Albigeois, le légat du Pape Innocent III, Arnaud Amaury ne fit aucun détail entre les catholiques et les autres : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens » dit-il à ses hommes.
Pour arriver à la séparation, la France a connu d’innombrables massacres dont le plus sanglant est sans doute celui dit de la Saint-Barthélémy.
La révolution française de 1789 s’est faite contre la monarchie, bien sûr, mais aussi et surtout contre la religion. « Le prêtre, voilà l’ennemi », disait Voltaire.
En dépit de tous ces événements qui ont marqué l’histoire de France, la séparation des églises et de l’Etat n’eut lieu qu’en 1905. L’influence de la religion n’a cependant pas cessé. Toujours prégnante, elle continue à travers le repos dominical qui permet aux fidèles d’assister à la messe, le congé donné aux écoles le mercredi après midi actuellement le jeudi après midi pour que les élèves puissent se rendre au catéchisme et les jours de fêtes chrétiennes que la République accorde à ses citoyens de marquer la vie quotidienne des Français.
En dehors des grandes villes comme Paris où les signes religieux sont peu visibles, dans tous les villages de France, les horaires de la messe sont affichés à l’entrée et à tous les croisements une croix vous fait face. C’est dire que dans les pays les plus laïcisés, la religion est présente partout.
En Angleterre où l’anglicanisme est la religion officielle, une bible est mise à la disposition des clients de tous les hôtels du  pays. Ne parlons pas des Etats-Unis. On peut se poser la question à propos de ce pays de savoir s’il est réellement laïc.
Si ce que les Français appellent le gallicanisme (doctrine religieuse et politique défendant l’autonomie du clergé français par rapport au Pape) s’est pratiquement imposé partout, l’église a bénéficié d’un statut qui fait du Vatican un Etat sans peuple et sans véritablement de territoire.
Pourtant, le Vatican a une existence internationale, le Pape est souverain ; il dispose d’un corps diplomatique dans pratiquement tous les Etats membres des Nations Unis. Benoist XVI est un chef d’Etat.
Toute cette longue introduction pour en venir à l’Algérie qui aurait pu dès le début du XXème siècle vivre sous le régime de la séparation dès l’adoption de la loi de 1905 comme département français. Le culte musulman était, malgré la loi, géré par l’Etat colonial qui désignait les muphtis et le personnel religieux, et donné ses ordres aux imams sous sa tutelle.
Depuis sa création en1931, l’Association des Oulamas  n’avait pas cessé de revendiquer l’application au culte musulman de la loi de séparation comme en témoignent les nombreuses déclarations de ses dirigeants et les textes (communiqués, articles…) publiés dans la presse nationaliste.
 

Un communiqué de  l’Association des Oulamas d’Algérie publié à la fin du mois de mars 1952 suivra, il concerne évidemment cette question de séparation.


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Brahim YOUNESSI


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Inscrit le: 28 Jan 2008
Messages: 83

MessagePosté le: Dim 10 Fév - 15:47 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Communiqué de l’Association des Oulamas d’Algérie
 

Le Bureau Permanent de l’Association des Oulamas Musulmans dénonce à l’opinion publique les intrigues menées par l’Administration et l’Assemblée algérienne autour du problème relatif à la séparation du culte et de l’Etat.
 

 

Le Bureau Permanent de l’Association des Oulamas musulmans d’Algérie a examiné au cours de sa session tenue le 27, 28, 29 et 30 mars (1952), l’évolution de la question religieuse, la suivant, d’abord, dans son développement depuis la décision intervenue en 1947 jusqu’à ce jour et la considérant, ensuite, dans les diverses phases qui ont marqué son passage tant devant l’Assemblée algérienne que devant les différents cercles gouvernementaux.
Tirant les conclusions qui se dégagent de cet examen approfondi, le Bureau constate que cette question confessionnelle qui constitue pour les Musulmans une affaire de première importance autant pour leur vie spirituelle que pour leur vie sociale a été l’objet d’un abandon, victime d’un machination ourdie par l’Administration de connivence avec la majorité des membres composant l’Assemblée algérienne. Il relève que cette machination a malheureusement réussi dans son action obstructive face aux louables efforts qui se sont manifestés en vue de trouver au problème une solution tenant de la raison. Il ajoute que de ce fait la situation s’est aggravée et que le complot se poursuit avec acharnement pour, cette fois- ci, enterrer cette question, la couvrir du voile de l’oubli et mettre fin aux espoirs de la communauté islamique de voir se réaliser sa plus chère aspiration.
Le Bureau rappelle, à cette occasion, que l’Association a constamment rempli, avant et après l’intervention de la loi de 1947, le devoir de la lutte qui découle de ses obligations dans ce domaine. En ce faisant, cette organisation ne s’est pas contenté de prendre position et d’élever, en toutes circonstances, la voix pour des protestations énergiques ; elle a aussi présenté des formules de solution pratiques et dignes d’attention. De même, elle a déployé une intense activité auprès des membres de l’Assemblée algérienne, de la commission du culte qui fut désignée et les sphères de la haute administration, n’ayant alors d’autre but à atteindre que la réalisation du projet de séparation du culte et de l’Etat dans les meilleurs formes possibles. En premier lieu, la cessation de l’emprise de l’Administration sur la plus sacrée des valeurs islamiques et la fin de son ingérence dans les affaires du culte musulman qui s’est toujours effectuée d’une manière si affirmée et si scandaleuse, qu’elle ne trouve sa pareille dans aucun pays du monde.
Le Bureau note, d’autre part, que l’Association n’était mue, dans son combat, son action ou ses activités, par aucune visée particulière et qu’elle n’aspirait à aucun profit matériel ou moral pouvant lui parvenir à la suite de la consécration du principe de la séparation. Car, l’Association développe son action magnifique dans le domaine de l’enseignement et celui de l’assainissement des esprits pour ressusciter l’inestimable patrimoine islamique que le régime colonialiste a décidé de détruire dès le premier jour de son avènement. C’est pourquoi en  menant une action puissante et continue, l’Association n’était animée que du seul désir de servir la religion et la communauté musulmane, visant essentiellement à mettre un terme à cette honteuse injustice, à cette pratique monstrueuse qui veut que des non-musulmans gèrent le culte des musulmans dans le cadre d’une administration laïque. Son seul désir était de voir  les musulmans accéder à la gestion de leurs mosquées pour procéder, par leurs propres soins, à la nomination des desservants du culte choisis parmi les personnes les plus qualifiées à remplir les charges religieuses, et cela sans considération aucune, des sentiments propres à ces musulmans ou de leur appartenance à une organisation quelconque. Car l’islam est une unité indivisible qui ne reconnaît aucun système de  compartimentage social et ignore tout esprit partisan. En effet, les Musulmans sont sur un même pied d’égalité quant à leurs obligations
religieuses à la seule condition de se montrer fidèles à l’esprit de la religion, de se soumettre à ses prescriptions et de respecter son enseignement.
Ainsi l’Association ne nourrissait d’autre espoir que celui de mettre fin à cette pénible situation qui blesse les cœurs et entache de nullité toutes les prières qui s’effectuent derrière des agents désignés par le régime colonialiste d’une façon si ouverte qu’il ne prend plus la peine de la dissimuler et dans des mosquées que les premiers Musulmans ont élevées pour se rapprocher de Dieu et que la main colonialiste a détournées de leur destination initiale pour les vouer à un service autre que celui consacré à Dieu.
Mais tous ces efforts restèrent sans profit et aucune action ne réussit à mettre en échec cette manœuvre coupable menée par  l’Administration avec la complicité de sa majorité servile au sein de l’Assemblée algérienne. De la sorte, le résultat fut qu’après de longs débats, les organisateurs du  complot se trouvèrent dans un  état d’égarement, dans une situation d’erreur, plus accentués qu’auparavant. Il est vrai qu’ils n’ont jamais eu et  n’auront jamais à l’égard des musulmans qu’une attitude allant à l’encontre des intérêts de ces derniers et s’opposant à leurs désirs. Mais leur aveuglement a été, en l’occurrence, poussé d’une manière que ne peut imaginer un être humain.
Aussi le projet issu des travaux de la commission et présenté par M. Mesbah à la suite de longs débats marqués en apparence par le souci de recherche minutieuses, fut-il répété par l’Administration bien qu’elle ait participé à son élaboration sous prétexte qu’il dépassait les limites prescrites par la loi de séparation et sans aucun égard aux nombreuses concessions que lui octroyait le dit projet.
Par la suite, le Conseil d’Etat dont elle avait sollicité l’avis devait rendre rapidement un arrêt reconnaissant le bien-fondé  de la demande et décidant, en principe, que le projet allait effectivement au-delà du cadre prévu par la loi de 1905. Le tout intervenant au moment où le Conseil d’Etat lui-même, où l’Administration, l’Assemblée algérienne et tout individu de quelque position qu’il soit se font une conviction de la réalité de l’injustice qui règne. A un moment où ils sont, tous, persuadés que l’intrusion de l’Etat dans les affaires du culte musulman est un fait incontestable et que cet état de choses se trouve en contradiction formelle non seulement avec l’esprit de la loi de 1905, mais aussi avec l’esprit de la constitution française et celui de la loi de 1947. Assurément, il était plus logique à diriger, devant le Conseil d’Etat, une action contre l’Administration pour ses violations répétées de textes de lois explicites.
Par ailleurs, tandis qu’il appartenait à la commission désignée par l’assemblée algérienne de satisfaire aux aspirations des Musulmans en mettant fin à la gestion administrative du culte musulman et en nommant un comité provisoire pour assumer, dans un esprit de totale indépendance, la responsabilité de cette gestion jusqu’à l’intervention du statut définitif ; nous l’avons vue, au contraire, tenir de nouvelles réunions dans l’attente de l’inspiration émanant de la caverne gouvernementale et se prête à l’audition d’un délégué administratif pour attester qu’il n’était plus possible de pousser plus avant dans la voie de la séparation et qu’il convenait, suivant l’optique de M. le délégué, de laisser la gérance du culte musulman entre les mains de l’Administration et de passer aux nominations tenant à pourvoir aux postes actuellement vacants sans se soucier d’un facteur quelconque ou des engagements préalablement et  
Et ce qui est plus douloureux encore, c’est l’attitude de la commission qui attribue à ce même délégué les fonctions de rapporteur en affirmant par son geste qu’elle fait siennes les opinions qu’il a émises et qu’elle prend la voie qu’il lui a indiquée.
En conséquence, le Bureau permanent de l’Association des Oulamas croit de son devoir de dénoncer au peuple algérien en particulier, au monde musulman et à la conscience universelle en général, cette odieuse machination savamment ourdie par l’Administration et la majorité des membres de l’Assemblée algérienne. Il déclare que le régime colonialiste qui se pratique, ici, sous ses formes les plus abjectes s’obstine à conserver son emprise sur tout ce qui touche aux affaires du culte islamique et s’entête à maintenir son pouvoir arbitraire sur la vie et la conscience des Musulmans par le moyen d’une série de lois draconiennes et par l’intermédiaire, des desservants du culte.
Il déclare aussi, en toute clarté, avec force et foi, que tout ce qui se tramera au sein de cette assemblée difforme, tout ce qui s’y instituera, ne réussira à tromper personne parmi les Musulmans ou les non-musulmans. Le Bureau s’appuyant sur ces données affirme que l’Assemblée algérienne a échoué dans ce domaine où elle a reçu mission de trouver une solution au problème religieux de la même façon qu’elle a échoué dans les autres domaines.
En définitive, le Bureau permanent affirme que le peuple algérien qui se trouve dans un état de légitime mécontentement et devant les revendications duquel l’Administration continue de faire la sourde oreille ne souscrira jamais à cet abominable acte d’injustice et que et que, fort de son bon droit, il continuera de lutter jusqu’à ce qu’il l’obtienne entier et exempt de toutes restrictions, qu’il emploiera toutes méthodes et moyens légaux pour aboutir à ce droit religieux au sujet duquel il ne saurait faire aucune concession, qu’il tient l’Administration et sa majorité servile dans l’Assemblée algérienne pour responsable des suites que pourrait susciter cette situation équivoque qui va s’accentuant chaque jour, qu’enfin il persistera dans son action jusqu’ atteindre le but quelle qu’en puisse être la charge.
(Traduit de l’arabe).*
 

Le Bureau permanent de l’Association des Oulamas.



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Brahim YOUNESSI


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Inscrit le: 28 Jan 2008
Messages: 83

MessagePosté le: Dim 10 Fév - 19:28 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Désolé, il manque un petit bout de fin de phrase que voici "...préalablement et officiellement pris."

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L.leila


Hors ligne

Inscrit le: 04 Jan 2008
Messages: 25
Localisation: France

MessagePosté le: Sam 1 Mar - 12:11 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Bonjour,
Voilà, comme on dit chez nous, '' mdharb essba3, g3ad fih adhba3.''
A la place de nos intellectuels, le martyr EL YABES, victime de la barbarie et mr DJEBBAR, écarté, nous avons ces messieurs tellement ''intello'' qui récoltent les ''déchets'' des théories inapplicables ailleurs, et qui demandent aux Algériens de subir avec bouche cousue !
De l'absence de liberté d'expression, à la marginalisation , aux assassinats isolés et maquillés, les décideurs et leurs ''singes '', affamés de chair et assoiffés de sang de leurs propres compatriotes, passent à la hache et aux couteaux et parfois aux balles; tantôt au nom du socialisme, tantôt au nom de la démocratie et la religion...
Nous soutenons les Enseignants et les Syndicats qui ont osé sortir ainsi que nos Lycéens, inquiets pour leur avenir. Nous soutenons tous nos compatriotes qui refusent de vivre dans l'humiliation et l'indignité. Durant les années rouges, en sortant pour aller au travail, je n'avais qu'une idée en tête, tenir, en espérant de meilleurs jours tant que je respirais.
Mr Benbouzid a été délogé du ministère de l'enseignement supérieur pour faire ''bonne oeuvre'' à celui de l'éducation nationale. Voilà ce que veulent faire, ceux qui ont toujours voulu faire de nous.
Voici quelques écrits du martyr Youcef SEBTI qui par la nuit du 28 décembre 1993, des bêtes féroces se sont acharnées sur lui . Son nom figurait sur la longue liste noire des Algériens qui refusent toujours de voir le pays baigner dans l'ignorance et l'inculture.
''On a cousu ses lèvres avec une grosse aiguille
On a coupé sa langue avec une hache
On a crevé ses yeux avec des tisonniers
On a empilé des pieux dans ses oreilles
On a étalé le plomb là où émergeait sa sensibilité
Et il a vécu longtemps ainsi avec
Une Espérance Désespérée''
Effectivement c'est une espérance désespérée. Mais nous espérons tant que nous, Algériens patriotes vivons, et les enfants de l'Algérie vivront!
'' Dire! Tout dire ! Face à une techno-bureaucratie sous développée, le Dire, la parole répond à toute infidélité. La parole est tentative de prise d'un pouvoir. Pouvoir sur tout. ''
Ecrivait-il.
Et :
'' ... tôt ou tard quelqu'un blessé
se traînera jusqu'à vous
vous touchera la main ou l'épaule
et exigera de vous le secours
et le gîte
Tôt ou tard, je te le répète
quelqu'un viendra de très loin
et réclamera sa part de bonheur
et vous accusera d'un malheur dont vous êtes l'auteur...''
Mes salutations aux lecteurs.


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modérateur
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Hors ligne

Inscrit le: 11 Déc 2007
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MessagePosté le: Dim 2 Mar - 17:49 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Quelle belle émotion dans votre message, Leila. Chère soeur Leila! Quelle merveilleuse chance vous avez de ressentir l'approche de l'aurore, làa bas à l'horizon, malgré les noirs nuages et nous livrer avec tant de sincérité votre colère, mais surtout des éclats bruts de votre espoir. Vous dites une Espérance désespérée! Moi j'ai lu Espérance irréductible. C'est ce sens là que j'ai compris dans "désespérée. Parce que nous avons été mis à l'ombre de notre propre vie, mais nous sommes un peuple de lumière. Les sceptiques et les sarcastiques qui nous toisent en ghachi et en moutons de l'Aid se trompent, ou s'autoflagellent. Des femmes et des hommes comme vous existent parmi nous. Ils sont la flamme cachée de notre génie et de notre mémoire. Et c'est d'eux que nous irons rallumer notre amour de l'Algérie et de tous les humains. Les charognards n'en finissent pas de nous arracher des lambeaux de chair vive. Mais ils n'ont pas réussi à tuer l'espoir en nous. J'ai vu en France des dizaines de jeunes Algériens émigrés clandestins dans ce pays. Ils ont tout fait pour quitter leur patrie, ils l'ont exécrée, ils l'ont crachée et vomie. Leur seul rêve était de pouvoir la quitter. Mais une fois sur l'autre rive, ils continuent de vouloir rester en France, parce que"là bas", comme ils disent, est devenu un enfer pour eux, mais tout leur coeur est "là bas". Il faut les entendre parler de cette chère Algérie, de leur quartier, de leurs amis. Leurs yeux brillent de passion, leurs lèvres deviennent sourires quand Dzaïr est conviée à la conversation. Et, bizarrement, malgré la douleur encore vivace qui a traversé leurs jeunes années, ces grands enfants oublient de haïr. Ils préfèrent s'étourdir de souvenirs et de mélopées de "là bas". Les mots durs qu'il ont parfois à l'endroit des "jiniralètes" sonnent plus comme du mépris que comme de la haine. Ah, s'ils pouvaient les voir et les entendre, ces "jiniralètes! Ils comprendraient, peut être, que tout l'argent du monde ne vaut pas d'être ainsi méprisé. Qu'ils n'ont pas fait de bien à leur descendances en  leur léguant un si lourd passif. Finalement, comparés à eux, nous ne sommes pas tant à plaindre. Les plaies se fermeront, la lumière reviendra et les rires sonneront de nouveau. Ont-ils seulement cessé?
Cet espoir que je vous exprime est celui de beaucoup d'hommes et de femmes. Ils sont parmi nous, mais n'apparaissent pas suffisamment parce qu'ils ne peuvent pas parler à leur peuple. Ou du moins pas comme ils mériteraient de le faire. Mais ils existent. Ils ont eux même besoin d'être nourris de nos espoirs et de notre volonté. Mon ami Salah Eddine Sidhoum, qui nous donne la parole dans ce forum, qui est le nôtre, est de ceux là. Combattant infatiguable de la dignité humaine! Votre message m'a ému, chère Leila, parce qu'il nous arrive tous d'être habité par le doute, d'être fatigué d'attaquer des moulins à vent et de se laisser aller au sommeil de la conscience. Et rien de tel, dans cet état d'esprit que d'être aiguilloné par les cris de reconnaissance des vigiles, qui traversent la nuit, de guet en guet, pour réveiller ceux qui s'assoupissent. Ces voix retentissantes, Leila, ce sont la vôtre et celle de Youcef Sebti. Ecoutez seulement:
''On a cousu ses lèvres avec une grosse aiguille
On a coupé sa langue avec une hache
On a crevé ses yeux avec des tisonniers
On a empilé des pieux dans ses oreilles
On a étalé le plomb là où émergeait sa sensibilité
Et il a vécu longtemps ainsi avec Une Espérance Désespérée''


Djamaldine BEN CHENOUF


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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:49 (2017)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ?

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