Forum de la Dignité et du Changement Index du Forum
  S’enregistrer FAQ Rechercher Membres Groupes Profil Se connecter pour vérifier ses messages privés Connexion 
Se connecter pour vérifier ses messages privés
Quelle démocratie et quel changement ?
Aller à la page: 1, 2, 3, 4  >
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum de la Dignité et du Changement Index du Forum -> Appel aux Algériennes et Algériens -> La démocratie
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
modérateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Déc 2007
Messages: 74

MessagePosté le: Mar 25 Déc - 20:35 (2007)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

QUELLE DEMOCRATIE ET QUEL CHANGEMENT POUR L’ALGERIE ? 
  
Quelle démocratie ? Je ne sais si nous pouvons parler sérieusement d’expérience démocratique en Algérie quand nous savons comment « l’ouverture » de 1988 s’est réalisée et comment elle s’est rapidement refermée quand les rênes du  pouvoir faillirent échapper des mains du système fin 91.
Il est clair que depuis l’indépendance inachevée et…confisquée et la prise sanglante du pouvoir par les imposteurs d’Oujda et de Ghardimaou jusqu’à la manipulation tout aussi sanglante d’Octobre 88, ce système  de gestion politique (le moins mauvais pour reprendre Churchill) ne figurait pas au programme des colonels qui « présidaient » aux destinées de notre malheureux pays.
Au moment de « l’ouverture » de 88 que j’ai toujours qualifié de supercherie démocratique imposée par les conflits aigus de clans, nous assistâmes à des scènes loufoques où des apparatchiks et autres administrateurs  du régime se reconvertirent à la DEMOKRATIA, un mot dont ils ignoraient le sens. C’était un nouveau slogan pour eux après plus de deux décennies d’ICHTIRAKIA, de THAWRA ZIRA’IA et de LAMARKAZIYA. Nous avons même vu un ex-chef de la sinistre sécurité militaire se transformer en opposant pur et dur et en fervent « démocrate ». Une véritable tromperie calculée !
La société assoiffée de justice et de liberté y croyait. Le bouillonnement en son sein était intense. Le régime, quant à lui, intrigant, manœuvrait, le temps de se stabiliser après le séisme d’octobre. Quant à une grande partie des « élites », fidèle à elle-même et à sa lâcheté historique, elle campait au carrefour des vents.
La Constitution de février 89 et son article 40 autorisaient la création « d’associations à caractère politique ». Cette nouvelle dénomination assez « spécifique » traduisait déjà l’allergie qu’avait le régime vis-à-vis des partis politiques au point de ne pas oser les appeler par leur nom ! Elle traduisait aussi la « spécificité » de la démocratie algérienne et ce qui nous attendait comme surprises politiques.
A quelques exceptions près, la classe dite politique n’avait pas de véritable culture démocratique. Il est vrai que beaucoup de partis furent des créations des laboratoires de la police politique mais cela n’était pas la raison essentielle de cette faillite. Même les courants politiques ayant un ancrage populaire, qu’il s’agisse de nationalistes,  d’islamistes ou de sociaux-démocrates, campaient de manière figée, sans souplesse aucune,  sur leurs positions idéologiques. Aucun courant ne fera l’effort de créer des passerelles vers l’autre. Les islamistes monopolisaient l’Islam, les nationalistes le patriotisme et les sociaux-démocrates la démocratie. Chacun se transformait en prophète de son idéologie.
C’est cette absence de démocratie authentique et donc de dialogue entre les différents courants qui fut la faiblesse essentielle de la classe politique représentative et qui a permis au pouvoir de se transformer en « arbitre » de la scène politique.
La véritable démocratie était en réalité refusée, consciemment ou inconsciemment par une grande partie des acteurs dits politiques.
Une frange importante du courant islamiste la considérait comme une pratique d’importation occidentale et en contradiction avec les valeurs religieuses.
L’ « élite » dirigeante la refusait et la refuse toujours (lui substituant une démocratie potiche) de peur de perdre le pouvoir, source de privilèges et de prébendes.
Les autoproclamés « démocrates » ne croyaient à la démocratie qu’à la seule condition qu’ils soient sûrs de gagner  les élections, ce qui était loin de se réaliser car ils n’avaient (et n’ont toujours)  aucun ancrage populaire. Ils méprisent le « ghachi » et ce dernier le leur rend très bien. Ils n’ont jamais dépassé le seuil des 5% des suffrages même lors des élections truquées en leur faveur. Ultra-minoritaires atteints d’une schizophrénie politique, les malheureux s’imaginent être la majorité et iront jusqu’à faire  de la démocratie une idéologie !
Les faits et la pratique politique quotidienne de l’époque (qui n’ont pas changé d’un iota à ce jour) étaient en totale contradiction avec les  véritables valeurs démocratiques. Une démocratie factice faite de discours pompeux et  d’auto-proclamations suspectes. Il est certain qu’on ne pouvait instaurer une démocratie sans de véritables démocrates. Ce sont ces constatations sur le terrain qui m’ont fait dire lors d’une conférence, qu’en Algérie, il y avait beaucoup de démocrates non pratiquants et peu de démocrates pratiquants.
Il est très difficile de comprendre le  double discours  et le « OUI MAIS…. » d’une certaine élite tant intellectuelle que politique concernant la démocratie (ne prenant d’elle que ce qui l’arrange) et cette peur qu’elle a de son peuple. Nous devons avoir l’honnêteté et le courage de dire que s’il y a eu des manipulateurs de l’Islam et de nos cultures  il y a eu aussi des manipulateurs de la démocratie.
Il est temps de revenir à la pratique démocratique saine, l’accepter dans sa globalité (et non pas dans ce qui nous arrange seulement) et de réhabiliter la POLITIQUE, avec sa morale et son éthique,  en vue de cette MOUSSARAHA sereine qui doit nous mener dans un premier temps vers ce compromis politique historique autour de valeurs communes de la Nation admises et respectées par tous puis à cette dynamique populaire de changement.  
Il est important de solliciter et de faire participer le peuple à ce processus démocratique de changement et non lui imposer un système politique importé clé en main. C’est ce problème crucial qui n’a pas été compris par une partie de notre élite qui voudrait agir en tutrice et non en guide éclairé de la Nation. Il est temps pour elle, et pour reprendre un de nos intellectuels exilés d’arrêter de « citer et de réciter ce qu’on dit d’autres » outre-Méditerranée et de réfléchir sérieusement à une alternative démocratique adaptée aux réalités nationales.
Il est important aussi, comme disait un universitaire dans les années 90 que la démocratie, tout comme l’Islam et la culture  ne soient pas utilisées comme des « idéologies de combat » pour nous diviser, mais comme des facteurs indissociables d’unité et d’émancipation.
La culture démocratique s’apprend au fil du temps et de l’expérience. Aucune nation de par le monde n’est née démocrate. Tout système politique démocratique présente des constantes universelles mais  tient compte aussi des valeurs civilisationnelles de chaque Nation. Nous n’avons qu’à voir ce qui se passe autour de nous et les différences qu’il y a entre la démocratie britannique et celle des Etats Unis, des pays scandinaves, des Allemands et  d’autres nations civilisées.
Il y a un autre point que je voudrais soulever et qui est le rapport Islam-démocratie. Je crois à mon humble avis que l’Islam n’a jamais été un obstacle à la démocratie et que cette dernière n’est pas « haram » en Islam. C’est l’ignorance inavouée de certains théologiens et autres activistes islamistes d’un côté et le zèle de certains intellectuels se réclamant de la laïcité de l’autre qui sont responsables de ce malentendu historique.
Il n’est pas interdit et impossible au véritable courant islamique de développer une démocratie musulmane à l’instar  de la démocratie chrétienne. Ce qui est « Hallal » pour eux doit-il être « Haram » pour nous ?
Je crois qu’avec un minimum de courage politique et d’honnêteté intellectuelle, nous pouvons nous entendre clairement et définitivement sur ce système politique qu’est la démocratie qui va permettre d’organiser notre Etat et notre société et respecter ses principes dans leur intégralité  et qui sont :
·          Les valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne  (Islamité, Amazighité et Arabité).
·         La sacralité des droits de la personne humaine.
·         La souveraineté populaire : le peuple étant la seule source du pouvoir et de légitimité.
·         La séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
·         Les libertés individuelles et collectives. 
·         L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
·         Le respect et la promotion des cultures nationales.
Peut-on se proclamer démocrate et refuser ces valeurs démocratiques respectueuses de l’essence, de l’Histoire et des cultures de notre peuple ?
 
 
Quel Changement ?
A quel changement aspirons-nous ? Il est clair que la politique de changement dans le système et ses alternances claniques ont montré leurs limites et leurs résultats catastrophiques.
Pouvoir et société sont sur deux voies totalement différentes. Un pouvoir qui s’emmure dans une impasse qui est celle du statu quo et de la paralysie nationale et une société qui se cherche et qui avance lentement, trop lentement pour certains, dans la voie du changement. Mais pas n’importe quel changement car il n’est pas question de tomber de Charybde en Scylla. Ni un changement dans le système et son alternance clanique qui maintiendra le statu quo ni un changement qui plongera le pays dans une autre dictature pour d’autres décennies.
Le changement comme ne nous cessons de le répéter et sur lequel l’écrasante majorité des acteurs politiques autonomes et de la société est d’accord doit être un changement radical et pacifique. Il signifie que les citoyens doivent occuper le centre de décision et s’approprier les instruments (politiques et économiques) de ce changement à travers leurs  représentants démocratiquement élus. Ce n’est qu’à ce prix là qu’on pourra parler d’un Etat Algérien SOUVERAIN.
Le changement radical signifie sortir de l’Algérie virtuelle, cette Algérie de Potemkine présentée par le régime, pour entrer dans l’Algérie réelle afin d’œuvrer à la résolution de  sa crise nationale multidimensionnelle.
Le changement radical signifie aussi changement des méthodes de gestion politique. Sortir des centres opaques de décision et aller vers une construction institutionnelle transparente avec des mécanismes démocratiques universels  de gestion et de contrôle. C’est aussi libérer la souveraineté nationale prise en otage par le pouvoir occulte  ou « pouvoir clandestin »  (pour reprendre Lahouari Addi) et ses pantins du pouvoir apparent.
Le changement radical signifie enfin  la création de conditions permettant à notre société de gérer les conflits d’intérêt par les seuls moyens politiques et donc pacifiques  et le bannissement de la violence sous toutes ses formes de notre lexique et de notre pratique politiques.
L’œuvre n’est pas facile, loin de là, mais elle n’est pas impossible. Le verrouillage politique actuel et la répression ne doivent pas être des obstacles devant cette inébranlable volonté de changement des Hommes Libres. Et de nombreux exemples existent de par le monde où la force de la volonté est venue à bout de la volonté de la force.
Cette initiative de rassemblement devient une nécessité impérieuse pour redonner espoir à notre peuple qui souffre et résiste stoïquement et créer avec lui et pour lui  une véritable dynamique  de changement. Car seule une dynamique populaire guidée par une élite intègre et courageuse pourra mettre fin à ce DESORDRE ETABLI, assurer un changement radical et pacifique  et instaurer un véritable Etat de Droit.
Sommes-nous imperméables aux leçons de notre Histoire et incapables de nous entendre sur ce minimum de conditions de vie commune ?
Sommes-nous incapables de mener ce changement pacifique ouvrant ainsi la voie, à Dieu Ne Plaise, au changement par le chaos ?
 Les questions restent posées !


Salah-Eddine SIDHOUM


Revenir en haut
Publicité






MessagePosté le: Mar 25 Déc - 20:35 (2007)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
simozrag


Hors ligne

Inscrit le: 13 Déc 2007
Messages: 22
Localisation: Burkina Faso

MessagePosté le: Ven 28 Déc - 01:00 (2007)    Sujet du message: quelle démocratie, quel changement Répondre en citant

Il y a plus de concordances que de contradictions entre l’Islam et la démocratie. Tout dépend de la conception que les uns et les autres ont de la démocratie.
Si la démocratie veut dire justice sociale, exercice du pouvoir par les représentants du peuple élus au suffrage universel, séparation des pouvoirs, soumission des dirigeants au contrôle du peuple, respect des droits et des libertés dans le cadre des principes islamiques, garantie des droits de l’opposition, l’Islam ne peut que saluer une telle démocratie dont il s’accommode parfaitement. Plus la démocratie se rapproche de la justice, plus l’islam l’accepte et s’y adapte. Les difficultés inhérentes aux incompatibilités entre l’Islam et la démocratie peuvent être résolues par le dialogue dans le cadre de l’Ijtihad. Autrement dit, l’Islam n’a jamais été un obstacle à la démocratie. Au contraire, il a donné l’exemple de la vraie démocratie et a permis à celle-ci de fonctionner très normalement à une époque où le monde était plongé dans les ténèbres de la tyrannie et du despotisme théocratique. A partir du moment où l’Islam rejette la dictature, l’injustice sous toutes ses formes, où il fait de la choura l’un de ses fondements, où il prône le respect de la dignité humaine, de la diversité d’opinions et de croyances, il ne peut être qu’un facteur positif et non un handicap.
Laissons de côté cette question pour le moment et parlons de l’opposition.
L'opposition existe depuis 1962 mais le régime, de par ses manoeuvres machiavéliques, a de tout temps réussi à la neutraliser, à la corrompre, à la diviser ou à la liquider. De son côté, l'opposition n'a pas pris la mesure de son adversaire pour déjouer ses complots et aller jusqu'au bout de son projet. S'ajoute à cette faille malheureusement, une tare extrêmement grave, à savoir l'amour du leadership (hob ez-zaama). Il manque cruellement chez toute opposition algérienne une culture de désintéressement par rapport à certaines ambitions telles que le pouvoir, l'argent, l’ostentation, etc. Il s'agit de défauts mortels pour une opposition. L'expérience montre que la course au pouvoir ou l'opposition pour seulement la prise de pouvoir est une calamité non seulement pour l'opposition elle-même mais aussi pour la société. Ces maladies sont souvent la cause de dictature, de paralysie, de régressions sociales et économiques, enfin de tant de malheurs à l'encontre des sociétés et des dynamiques de changement. Le pouvoir algérien excelle dans l'art de diviser et de faire éclater l’opposition, quand elle est sérieuse bien sûr. C'est ce qu'il ne cesse de faire subir à la dynamique de changement. Il n’y a pas une opposition au pouvoir, il y a des oppositions qui se disputent le pouvoir et les privilèges. La preuve : le peuple est à bout de nerfs, il existe partout des manifestations et des grèves mais aucun parti, aucun mouvement d’opposition n'a tenté d’intervenir afin d’organiser, de coordonner, bref de faire siennes ces protestations et cette colère généralisée.
Sans doute, un changement radical s’impose pour sortir du bourbier ténébreux qui perdure depuis des décennies. Force est de reconnaître cependant que les pratiques du pouvoir ne sont pas de nature à faciliter un changement pacifique. Le pouvoir ne connaît et ne croit qu’au langage de la force ; il est en train de laisser pourrir la situation jusqu’à l’embrasement. Au lieu d’agir maintenant, de s’ouvrir à l’opposition réelle, de créer un cadre national de dialogue et de concertation pour éviter le pire. Non, il s’entête, imbu de soi-même, à mépriser le peuple. Alors que le pays est au bord de l’explosion ; cette incurie s’explique par le fait que l’opposition n’a pas encore donné de leçons au pouvoir. Ce dernier sait qu’il a affaire à des gens corruptibles, domptables et divisibles. Excepté les hommes de principes que le peuple connaît parfaitement pour leur courage et leur loyauté et qui furent soit liquidés, soit exilés, soit  tenus en quarantaine, la plupart des acteurs de l’opposition ont été subornés par le pouvoir. S’ils ne sont pas directement au pouvoir, ils sont sur la liste d’attente. Or, une opposition qui attend son tour pour prendre le pouvoir n’est pas une opposition. Elle est pire que le pouvoir du fait qu’elle pense que chaque cri est dirigé contre ses intérêts, que chaque mouvement va l’empêcher de briguer le pouvoir qu’elle attend. En fait, cette opposition est plus royaliste que le roi, elle est là pour se dresser contre toute opposition véritable. C’est dire que le changement pacifique est d’autant plus difficile que cette opposition continue d’exister.   
Une chose est sûre : les ingrédients de l'explosion sont visibles à l'oeil nu. Il est temps que le pouvoir saisisse l'occasion pour s'ouvrir à l'opposition réelle, pour dialoguer afin d'éviter le danger d'un soulèvement qui peut conduire au chaos.  
_________________
Ahmed Simozrag


Revenir en haut
D.BENCHENOUF


Hors ligne

Inscrit le: 19 Déc 2007
Messages: 10

MessagePosté le: Sam 29 Déc - 05:01 (2007)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

La récente contribution du Docteur Sidhoum " Quelle démocratie et quel changement pour l'Algérie" a le mérite, en plus d'un état des lieux sans détours, de focaliser l'intérêt sur le clivage conceptuel entre les tenants, non pas de deux projets de société, avec tout ce que cela suppose de visions d'avenir, mais de deux idéologies autistes, poussées l'une et l'autre à leur paroxysme, voire à leur caricature. Celle des "démocrates" et celle des "islamistes".
Les premiers habités jusqu'à l'hystérie par une vision occidentaliste de la société, au prétexte, compréhensible au demeurant, de faire barrage à l'intégrisme et à l'obscurantisme, font feu de tout bois, jusqu'à oublier que les fondements de la République qu'ils prétendent défendre sont la démocratie et le respect des droits de l'Homme. En contradiction flagrante avec leurs professions de foi républicaines, souvent tonitruantes, ils se sont engagés à plumes perdues contre le résultat des élections législatives de 1991 qui avaient donné la victoire aux islamistes. Ils avaient crié à la fraude avec une mauvise foi évidente. Parce que nous n'avons pas souvenance d'une telle levée de boucliers contre toutes les autres élections qui toutes ont été systématiquement le résultat de fraudes. Les élections législatives de 1997, dont tout un chacun reconnait le caractère de fraude massive, jamais égalée dans le pays et qui a mis au parlement une majorité de voleurs n'a pas provoqué une réaction notable de la part de ces pseudo démocrates.
Ils ont poussé leur engagement contre le choix du peuple jusqu'à soutenir la junte qui avait interrompu le processus électoral, au nom d'une prétendue sauvegarde de la république, alors qu'elle était constituée de généraux mafieux, de despotes brutaux, des satrapes au dessus des lois, dont le coup d'état n'était motivé que par la peur de perdre leurs privilèges et d'avoir à répondre de leurs forfaitures. Ces "démocrates" qui ont fait écran aux massacres de masse, à la repression, et à une brutalité sans précedent, ont mis leurs beaux principes au placard, soutenant mordicus et toute honte bue, qu'on ne fait pas la guerre avec des gants blancs. Aujourd'hui encore, malgré les révélations stupéfiantes sur le rôle monstrueux joué par la junte dans la manipulation de la terreur, ils continuent de dénier aux islamistes le droit de se présenter aux élections, sauf s'ils montrent patte blanche, comme certains islamistes BCBG qui se sont adaptés aux critères du système, qui sont entrés dans la nomenklatura et qui résident au Club des Pins.

Les seconds, qui se croient et qui se proclament investis d'une mission divine, prétendent instaurer la Cité de Dieu sur terre. Une république islamique où l'essentiel de la politique consisterait à appliquer la chariaa, à censurer les moeurs et à faire de la religion le principal corpus législatif du pays. En attendant de l'étendre à un chimérique Califat islamique. Ce fut, pendant des années, une cacophonie indescriptible. Des prédicateurs sortis du rang, sans aucune connaissance théologique ni encore moins politique, nous annoncèrent du haut de leurs minbars improvisés, le retour à l'âge des compagnons du prophète. Certains nous avertissaient que nous devions nous préparer à changer nos habitudes alimentaires et vestimentaires. D'autres qui s'étaient érigés en gardiens du temple, harcelaient les filles qui ne portaient pas le hidjab. D'autres encore faisaient irruption dans les bars et les restaurants pour y déloger ceux qui s'y adonnaient à de la consommation de boissons alcoolisées. Un regain de religiosité de façade s'empara de la multitude. Du jour au lendemain, nos rues se mirent à ressembler à celles du moyen orient, l'opulence en moins. Une frénésie s'empara des gens qui croyaient que ces ennemis déclarés de l'état étaient donc et par conséquent, la promesse d'une vie meilleure. Les hommes se laissèrent pousser la barbe. Les femmes se drapèrent du voile moyen-oriental. Les mosquées proliférèrent. On priait partout, dans la rue, dans les administrations ,dans les stades. Mais si les apparences devinrent celles d'une société islamique, les fléaux et les comportements indignes ne diminuèrent pas. Ils se firent juste plus discrets. La prostitution, la mendicité, la corruption, les passe-droits, l'incivisme et toutes ces tares qui nous distinguent depuis quelques années, fleurissaient. Les seules choses qui avait changé chez le fonctionnaire corrompu était la barbe qu'il portait, la prière à la mosquée qu'il faisait et le nom du pot de vin qu'il recevait, avec lequel, par ailleurs il allait en pèlerinage à la Mecque. Le pot de vin était devenu "hadiya", "i'âna" ou "ikram".
Côté salon, les "démocrates" dont l'idéologie consistait à nous occidentaliser, au prétexte de nous moderniser, et qui n'avaient rien compris à la détresse profonde de leur peuple, finirent-ils par se couper de lui. Ils ne savaient plus lui parler. Croyant être à l'avant garde d'une société en péril, obstinés à imposer à tout un peuple leur propre vision sociétale, un idéal plus hybride que pluriel, calqué sur des sociétés qui avaient vécu leur propre processus historique, ils finirent par aller à contre courant de ce pour quoi ils disaient se battre: la démocratie. Ils devinrent les complices de ceux qui avaient programmé un carnage contre leur peuple. Ceux dont la seule vraie motivation était l'accaparement du pouvoir et la sauvegarde de leurs privilèges iniques.

Côté rue, et contrairement aux démocrates, les islamistes étaient profondément enracinés dans les couches populaires. Leur idéologie était de nous orientaliser, au prétexte de nous ressourcer. Ils mirent à profit l'audience dont ils jouissaient au sein de la multitude pour entreprendre sur elle une action de dépersonnalisation qui n'est pas sans rappeler celle des gourous de sectes. Les attributs vestimentaires devinrent une sorte d'uniforme de ralliement. Les moeurs et jusqu'au langage des gens mutèrent. Moh devint Abou Sofiane. Pour se fixer une heure de rendez vous, on disait "avant ou près telle heure de prière". Celle-ci devenait une pratique ponctuelle, et de préférence publique, qu'on expédiait machinalement. Les marchands de bondieuseries proliféraient aux abords des mosquées: Cassettes de prêches enflammés, chapelets, littérature douteuse sur la vie des prophètes. Le musc et l'ambre synthétiques, fabriqués à base de matières et d'arômes chimiques empestaient l'air. Le commerce s'était drapé dans la tromperie et le fardage. On faisait "tomber" la balance, mais avec des produits avariés, dissimulés derrière ceux qui étaient présentés.
Mais il arriva à tous ces prédicateurs du vendredi et ces nouveaux salafistes ce qui arriva à leurs pendants démocrates. Ils tombèrent comme des fruits mûrs dans les rets de ceux qui cherchaient à les pousser à la violence armée. Puis, ils se firent, souvent à leur insu, des instruments de mort et de dévastation contre le peuple qui les avait élus. On m'a rapporté qu'ils posaient leurs lèvres sur les fetwas de mort qu'ils serraient contre leur coeur. Les fetwas que les agents du DRS leur avaient concocté pour égorger leurs frères.
Après les lois scélérates dites de réconciliation nationale, dont le but recherché est de soustraire les membres de la junte à la justice des hommes, nombre des "émirs" repentis se retrouvèrent à la tête de fortunes considérables, après avoir passé des années à égorger des innocents, à dépouiller des citoyens et à violer la ghanima, des jeunes filles innocentes. Lors du décès du général major Smail Lamari, un des pires assassins de la junte, l'un de ces émirs repentis lui fit un éloge funèbre particulièrement flatteur, n'oubliant pas de préciser que le généralissime avait fait sept fois le pèlerinage à la Mecque.

Voilà donc comment ont fini ces deux "courants de pensée". Des alliés objectifs de ceux qui ont pris notre destin en otage. Les premiers ont couvert les crimes des généraux contre le peuple. Les seconds ont été les instruments de mort des généraux contre le peuple.
Ils continuent de se livrer un duel, par piques mouchetées ou par victimes innocentes interposées. Les deux, dans une obstination sans faille, continuent de vouloir nous imposer leur cité idéale respective. Une république laïque d'importation "made in Occident" ou une république islamiste d'importation "made in Arabie".
Ils oublient, les uns et les autres, que nous sommes remplis de notre propre identité, que nous sommes les derniers maillons d'une chaîne immémorielle, que nous sommes habités de valeurs ancestrales, que nous avons notre propre vision de la société, que nous sommes berbères, que nous sommes arabes, que nous sommes araboberberes, que nous sommes musulmans. Et que si nous sommes désorientés aujourd'hui, si nous sommes fragilisés, c'est parce que nous avons été trahis, rongés de l'intérieur, par ceux qui ont volé la liberté chèrement acquise par notre peuple, par ceux qui nous ont abrutis par des décennies d'exécrable gouvernance, d'injustice, de corruption, par une oppression sans précédent dans notre mémoire collective, encore pire que celle du colonialisme.
Mais sous les cendres du feu qui a consumé notre être, l'âme algérienne est toujours vivace. Comme un diamant brut sous une gangue de boue, nous sommes restés purs, nous parviendrons à émerger du cloaque où ils nous ont plongés. L'Algérien, est à la fois, un être paisible et intrépide, sobre et enjoué, aimant et vindicatif, intelligent et crédule. Il est généreux, solidaire, fier et beau de l'intérieur. La vielle souche berbère dont il est issu l'a doté d'un esprit rebelle, réfractaire à l'oppression. Le sang arabe qui coule dans ses veines en a fait un être fier, qui a le sens du beau. Nos ancêtres ont été chrétiens pendant cinq cent ans. Nos contrées comptaient 500 evechés du temps de l'Église d'Afrique. Ils ont donné à la chrétienté des hommes illustres. Puis ils sont devenus musulmans; ils ont conquis l'Andalousie et ont en fait un centre de rayonnement civilisationnel pour tout l'occident. Ils ont subi, tout le long de leur Histoire, des vicissitudes sans fin mais qui ne les ont pas brisés. Jusqu'à ce qu'ils se rassemblent sous une même bannière, celle de la liberté et de l'islam, en une jeune nation, unie contre le colonialisme. Ils se dressèrent comme un seul homme, de la Casbah jusqu'aux confins du Sahara, contre une puissance mondiale et finirent par la bouter hors de chez eux, cette Algérie qui était devenue leur terre commune. Nous avons gardé dans nos gênes tous ces combats et toutes ces résistance de nos pères. Nous n'avons pas eu les guides que nous méritions. Car ils ont été tués ou évincés par les lâches qui étaient embusqués derrière leur ombre. Quelle destinée et quelles trahisons!
Le docteur Sidhoum, dans sa lumineuse contribution au forum de tous les Algériens, parle d'un projet qui mérite qu'on le discute. En hommes libres. Une démocratie musulmane! Et faisant référence aux démocraties chrétiennes, il écrit; "Ce qui est " Hallal » pour eux doit-il être « Haram » pour nous ? "
Cela coule de source. Toute société humaine étant bâtie sur des valeurs consensuelles, au nom de quoi ne nous serait-il pas permis d'imaginer un projet de société dont les fondements-valeurs, et non les obligations canoniques, c'est mon avis personnel, reposeraient sur l'Islam? Non pas celui, littéral, des châtiments physiques, de la polygamie et des règles d'un autre âge, mais celui de la pudeur, de l'intelligence, du travail bien fait, de la solidarité avec les plus faibles, de la Justice, de la droiture, de la famille. L'Islam permet l'Ijtihad. Il permet d'adapter la chariaa aux circonstances. Il est possible de rester fidèle à l'esprit de l'islam, de l'Islam de lumière, sans pour autant verser dans l'intégrisme et l'intolérance. Il est nécessaire pour cela que la société soit décrassée de l'ignorance et de l'incivisme dans lesquels le pouvoir l'a plongée. Il devient urgent de nous rassembler, tous autant que nous sommes, autour de l'essentiel, pour permettre à tout un peuple de sauver l'avenir des générations futures. Nous devrons accepter, même si cela va à l'encontre de notre vision de la société, le choix du peuple, et du peuple seul. Aucun courant politique, ni aucun citoyen ne doit être disqualifié. Qu'il soit islamiste, démocrate ou communiste. Pourvu que nul ne s'arroge le droit d'être le seul à détenir la vérité. Le peuple est la seule voie et sa voix est la seule à s'imposer. C'est cela la démocratie. L'heure est venue pour les Algériens sincères de baliser la route qui doit nous mener à la liberté et à la dignité retrouvées. Pour ce qui me concerne, je fais miens les sept principes fondateurs énoncés dans la contribution du Docteur Sidhoum:
-Les valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne (Islamité, Amazighité et Arabité)
-La sacralité des droits de la personne humaine.
-La souveraineté populaire : le peuple étant la seule source du pouvoir et de légitimité.
-La séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
-Les libertés individuelles et collectives.
-L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
-Le respect et la promotion des cultures nationales.
D.Benchenouf


Revenir en haut
yassine


Hors ligne

Inscrit le: 23 Déc 2007
Messages: 4

MessagePosté le: Mar 1 Jan - 22:11 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Tout qu'il me sois permis de dire saha aidkoum et bonne et heureuse année 2008 pour tous les algériennes et tous les algériens.
Enfin nous sommes entré dans les questions de fond et je me réjouis à l'idée que notre débat s'étoffe de manière substantielle, je tiens tout d'abord à saluer mes deux amis Sidhoum et Benchenouf pour leur remarquables dernières contribution.
Il est indispensable de remettre l'histoire de notre merveilleux pays en marche en rappelant à tous ceux qui l'ignore que nous sommes un vieux peuple bien enraciné et qui a su faire un subtil et solide un amalgame de tous les courants autant culturels, civilisationnels, religieux et autres qui l'ont traversé car il n'a jamais oublié qu'il savait qui il était, d'où il venait, qu'il a conservé sa langue, sa personnalité et surtout sa fièrté d'etre algérien tout d'abord dans ce qu'il y a de plus noble à savoir sans jamais se départir  d'abord et avant tout de sa berbérité, de son islamité et de son arabité, je viens d'un vieux pays, d'un vieux peuple, d'une vieille civilisation qui m'a appris d'etre un Algérien, Musulman, Patriote, et rien ne m'ébranlera dans cette certitude car c'est la seule que j'ai.
Bien sur que nous sommes l'alchimie d'un ensemble de valeurs qui sont venus s'ajouter sur notre socle berbère, nous sommes avons subi les affres de l'histoire de l'humanité à travers les différentes vagues d'envahissement de notre pays qui à le malheur et le bonheur d'etre un grand carrefour de deux grands continents à savoir le vieux à savoir l'Afrique auquel nous appartenons et que nous revendiquons sans complexe, car à l'Afrique nous appartenons et en Afrique nous restons, et bien entendu l'Europe. Nous avons su sans heurts prendre le meilleur de tous ces passages et rejeter en dernier la plus grande barbarie coloniale que nous a fait subir le colonialisme français et nous leur disons meme si le pardon venait à etre demandé ce qui est par ailleurs inéluctable, nous avons cette modeste grandeur d'ame pour l'accepter en revanche nous n'oublierons rien et nous le rappellerons chaque fois qu'il sera nécéssaire.
Cela étant dit mis à part toutes les turpitudes de notre longue histoire, nous nous devons de jeter un regard lucide sur notre présent qui a vu après notre indépendance très chèrement acquise et nous la devons à personne elle est à nous et elle restera, et si c'était à refaire on le refera!
Après 1962 les apprentis sorciers du pouvoir, car il n'a été question que de pouvoir et non pas d'état dès le départ, car pour faire un état il faut un vivier d'hommes d'état ce qui n'a jamais été le cas, on ne peut demander à des putshistes permanents de devenir des hommes d'état, ça ne peut donner que des hommes de pouvoir, qui n'auront jamais la culture d'état, mais tout cela est en fait le fruit de tout un processus historique sur lequel il est inutile de s'appesantir car les causes on les connais tous il faut absolument en finir avec les effets pervers qui ont engendré l'un des plus grands projet de déstructuration mental  de tout un peuple pour le lobotomiser et le reconstruire à leur guise pour assouvir leur funeste dessein, eh bien nous leur disons vous avez échoué et l'heure de vérité va sonner.
Donc pour conclure je rappelle ce que j'avais dis dans ma première intervention nous restons dans notre tryptique à savoir Islamité, berbérité, arabité.
Orienter notre pays dans le sens du savoir et de la technique moderne en réadaptons son école pour faire face aux nouveaux défis de la mondialisation en reconsidérant les fondements de l'état en accordant une plus grande part à la régionalisation et à la déconcentration des pouvoirs centraux d'autant plus que l'Algérie est avant tout un pays de régions.
Respect sans aucune exclusive des droits de l'homme autant que pour les individus que les collectivités au sens large du terme.
Respect des choix souverains du peuple pour asseoir une véritable démocratie.
Je rejoins mon ami Benchenouf sur l'alternance du pouvoir à travers les choix du peuple seul souverain.
Nous pouvons le faire et nous avons le devoir! Car comme dirait le vieil adage tout ce qui n'est pas bati sur du solide est corruptible!
Yassine

 


Revenir en haut
modérateur
Administrateur

Hors ligne

Inscrit le: 11 Déc 2007
Messages: 74

MessagePosté le: Jeu 3 Jan - 23:02 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

La déclaration de notre frère Abdelhamid Mehri allant dans le même sens que notre initiative de changement radical et pacifique, nous avons jugé utile de la publier dans notre forum avec l’accord de son auteur tout en le remerciant pour ses encouragements.
Salah-Eddine Sidhoum



*Le troisième mandat ou le mandat….habituel ?*

Depuis l’indépendance, à toutes les étapes décisives et graves qu’a connues le pays, l’usage s’est installé pour penser l’Algérie en tant que Présidence et de reporter ou d’éviter carrément de la penser en terme d’Etat. La réflexion sur la Présidence, elle-même, est davantage centrée sur la personne du Président plutôt que sur l’Institution Présidentielle.
A toutes les étapes nous choisissions un président, où pour être plus précis, on nous présente un président, en la personne de qui nous plaçons tous nos espoirs, à qui l’on confie tous nos problèmes, en qui l’on découvre des qualités qui justifient la confiance portée en lui, en ses capacités et sa sagesse.

Des voix s’élèvent alors, par conviction ou conformisme, pour appeler à
son élection ou à sa réélection. Mais le mandat du président ainsi investi de notre confiance s’achève en règle générale, dans un flot d’accusations et de critiques. Des voix s’élèvent alors, par conviction ou par conformisme, pour lui faire assumer, seul, la responsabilité de l’impuissance, des erreurs, du
marasme, des déviations et des dépassements qui ont eu lieu dans le pays au cours de sa magistrature.

Telles sont les caractéristiques, à de rares exceptions près, qui ont marqué le parcours et le destin de la plupart de ceux qui ont assumé la responsabilité de la première charge du pays. Certains de ces hommes sont partis dans un silence relatif, d’autres ont laissé leur vie en
guise de fin de mandat.
Durant toutes ces étapes décisives et graves, les voix des opportunistes sont celles qui s’élèvent le plus haut, qu’il s’agisse des campagnes de glorification ou de celles de dénigrement.

Dans toutes ces étapes, l’on constate systématiquement l’absence de tout débat sérieux sur l’évaluation du système de pouvoir établi depuis l’indépendance, de ses institutions, des programmes et des politiques suivies durant l’étape précédente dans la gestion du pays. Ou, plus justement, ce débat est délibérément éludé.
Si nous avions mené ces débats, nous aurions pu identifier les causes réelles de l’impuissance, des erreurs, du marasme, des déviations et des dépassements subis par notre pays.

Si ces débats avaient pu être menés, l’on se serait rendu compte que la part négative qui revient aux hommes qui se sont succédés à la Présidence est peut-être moins importante - que leur apport positif aurait pu être plus grand - si le système de pouvoir à la tête duquel ils ont été placés reposait sur des structures saines et si ses institutions exprimaient réellement la volonté du peuple. Autrement dit, si ces structures et institutions étaient démocratiques, et effectivement représentatives et efficientes.
De nombreuses voix commencent à s’élever aujourd’hui, par conviction ou par conformisme, avec les mêmes méthodes et les mêmes approches politiques antérieures, pour appeler le Président de la République, le frère Abdelaziz Bouteflika, à se porter candidat pour un troisième mandat. Comme si l’Algérie n’avait besoin aujourd’hui de rien d’autre que de perpétuer la situation actuelle que tout un chacun connaît et sur laquelle je n’éprouve pas la nécessité de m’étendre. La majorité des
algériens s’en plaignent ou subissent amèrement.
Ma conviction est que la prolongation du mandat du Président sans changement radical du système de pouvoir conduit le pays, au minimum, à une impuissance plus marquée à résoudre ses problèmes et à faire face aux grands défis qui l’attendent à l’intérieur et à l’extérieur.
De même que l’intronisation d’un nouveau président, quelles que soient ses qualités, sans changement radicale du système, conduira aux mêmes résultats.
Cette problématique est fondamentalement celle qui a dicté l’appel que j’ai signé avec les frères Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche, au mois de septembre dernier et que certains ont qualifié d’initiative.
En réalité, il s’agissait, en plus, d’une invitation à l’initiative adressée aux responsables et aux citoyens, individus et organisations et à tous ceux qui croient en l’impérieuse nécessité d’un changement démocratique et en la nécessité d’appeler à ce changement et d’agir pour le réaliser.

Le problème central qui se pose aujourd’hui n’est pas, simplement, le choix d’un homme, capable de résoudre les problèmes du pays. Mais l’édification d’un système de gouvernement qui donne à tous les algériens la possibilité d’apporter leurs contributions à la solution de ces problèmes.

Alger le 2 janvier 2008
Abdelhamid MEHRI


Revenir en haut
yassine


Hors ligne

Inscrit le: 23 Déc 2007
Messages: 4

MessagePosté le: Ven 4 Jan - 21:32 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

En effet les mêmes hommes, le même système reproduisent les mêmes effets, cet adage que doit certainement bien connaître Mr Mehri que je salue respectueusement au passage, cependant il ne nous dit pas quel est le meilleur chemin pour y parvenir, bien que personnellement la seule alternative cohérente demeure l'assemblée constituante qui en fait réunira toutes les sensibilités afin de dégager un consensus politique qui sera soumis à l'appréciation par référendum, pour mettre fin une fois pour toute à tous les calculs politiciens qui ont ruiné notre pays.

Sinon que l'on nous donne une autre façon de procéder et on en jugera! 


Revenir en haut
simozrag


Hors ligne

Inscrit le: 13 Déc 2007
Messages: 22
Localisation: Burkina Faso

MessagePosté le: Sam 5 Jan - 17:45 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Qui est-ce qui va prendre l'initiative de réunir l'assemblée constituante ? Jamais le pouvoir ne le ferait ! Il ne reste que la voie du soulèvement qui entraînera la chute du pouvoir ou le chaos.  
_________________
Ahmed Simozrag


Revenir en haut
D.BENCHENOUF


Hors ligne

Inscrit le: 19 Déc 2007
Messages: 10

MessagePosté le: Sam 5 Jan - 19:18 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

L'objet de ce forum est de réunir un grand nombre d'Algériens de toutes sensibilités politiques autour d'un consensus dont celui de lancer une dynamique populaire pour aboutir à une Assemblée constituante. Ca ne sera pas tout, tout de suite, c'est certain. Il est vrai que le temps presse et que nous pourrions entrer dans une période de chaos, mais il faut continuer à lutter et à esperer.
D.Benchenouf


Revenir en haut
yassine


Hors ligne

Inscrit le: 23 Déc 2007
Messages: 4

MessagePosté le: Sam 5 Jan - 19:25 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Je ne suis pas de ceux qui crient à toutes les formes de coup d'état que ce soit, la voie du soulèvement populaire si elle doit arriver, elle arrivera d'elle même si elle doit venir mais elle n'est souhaitable dans l'état actuel des choses, la déliquescence de notre société est telle qu'elle ne sécrétera pas l'élite capable de la canaliser, je crois qu'une voie médiane est possible qui évidemment s'appuiera sur l'élite et celle-ci existe à l'intérieur même du système il faut aider à créer les synergies pour qu'elle se manifeste  et qu'elle soit efficiente pour entraîner les changements nécessaires à notre sans passer par le chaos qui est vraiment à redouter. 

Revenir en haut
simozrag


Hors ligne

Inscrit le: 13 Déc 2007
Messages: 22
Localisation: Burkina Faso

MessagePosté le: Dim 6 Jan - 16:00 (2008)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ? Répondre en citant

Apparemment, il existe un consensus ou presque sur un certain nombre de principes. Dieu soit loué, c’est un acquis considérable ! Le changement pacifique semble aussi faire partie du consensus. La violence est certes condamnée et condamnable, le désastre ayant atteint son comble ; mais il ne suffit pas de condamner une chose pour l'empêcher d'arriver, il faut lui barrer la route. Pour ce faire, il convient d’engager le plus vite possible un processus de construction et de déconstruction simultanées. Cette tâche n’est guère possible sans le collaboration du pouvoir, en l’occurrence le président de la république. Celui-ci doit aider à la mise en place d’un conseil national de transition avant l’expiration de son mandat, ce qui implique qu’il doit renoncer à un troisième mandat. La seule déclaration de volonté dans ce sens permettra de repousser l’explosion et le chaos. Le conseil national de transition dont les membres seront choisis parmi les sages des différentes sensibilités politiques et scientifiques nationales, exercera les compétences des hautes instances de l’exécutif en attendant de procéder à son tour à la mise en place d’une assemblée constituante – ou de s’y substituer-  et d’institutions républicaines de transition, ayant pour mission d’expédier les affaires courantes et d’organiser les élections. Cette solution me paraît l’un des rares moyens d’épargner au pays un autre bain de sang. Il appartient donc au président de méditer cette question et de faire, pourquoi pas, une istikhara à ce sujet.
_________________
Ahmed Simozrag


Revenir en haut
Contenu Sponsorisé






MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:49 (2017)    Sujet du message: Quelle démocratie et quel changement ?

Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Forum de la Dignité et du Changement Index du Forum -> Appel aux Algériennes et Algériens -> La démocratie Toutes les heures sont au format GMT + 1 Heure
Aller à la page: 1, 2, 3, 4  >
Page 1 sur 4

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | créer un forum | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB © 2001, 2017 phpBB Group
Traduction par : phpBB-fr.com